Psalm. xli
tractions, vos égarements d'imagination. Et, cependant, toute l'efficacité de notre union sacramentelle avec Dieu dépend de nos dispositions. Je vousTai déjà dit : Dieu se donne sans réserve; c'est nous qui mesurons l'effusion de la grâce. Plus nous devenons vastes et profonds sous l'action de la foi, de l'humilité, du repentir, de l'espérance et des amoureux désirs, plus nous sommes assurés de recevoir cette mesure bonne, entassée, foulée, débordante, que le Sauveur a promise aux âmes généreuses *.
Préparons-nous donc, comme se préparait aux communications divines le pieux roi David. Pros- 'crné devant le Seigneur, il répandait à ses pieds ses gémissements et ses larmes, et il attendait avec une douloureuse anxiété le pardon de ses fautes, avec une sainte impatience ces visites intimes de l'Esprit divin qui tirent de lui le plus délicieux chantre des perfections de Dieu et le plus grand des prophètes. « Mon cœur est prêt, disait-il, mon cœur est prêt : Paratum cor meum, JJeus , paratum cor meum, Viens, Seigneur,
1. Mensuram bonam, et confertaru, et coagitatam, et supereffluentem dabunt in dnum vestrum. (Luc., cap. vi, 38.)
couvre-moi du bouclier de ta miséricorde, répands en moi tes lumières, envoie-moi ton Esprit. Jour et nuit je t'implore. Viens, il est temps : mon cœur est prêt : Paratum cor meum l. » Et Dieu venait, répondant aux désirs de son serviteur par ces grâces privilégiées et ces communications discrètes qui lui faisaient dire : « Tes opérations sont admirables, ô mon Dieu ! et mon âme les connaît trop pour les oublier jamais : Mirabilia opéra tua, et animamea cognoscit nimis -. »
Messieurs, le Dieu que le Prophèle appelait parles préparations de son cœur, c'est Celui qui doit bientôt visiter vos âmes. Mais quelle différence entre ses communications d'autrefois et ses communications d'aujourd'hui! Il n'est plus séparé de ses dons, il ne s'épargne plus dans les largesses qu'il fait de lui-même ; mais il se livre tout entier à l'âme avide de le posséder, pour la faire vivre de sa vie. Puissiez-vous lui dire bientôt : « Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum. » Si bien préparés que vous soyez, vous ne serez jamais dignes de le recevoir;