II Cor., cap. x
2. Non quod suffîcientes simus cogitare aliquid a nobis, quasi ex nobis, sed sufficientia nostra ex Deo est. (II Cor., cap. ni, 5.)
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la main libérale et toute puissante de Dieu; il lui renvoie toute gloire et tout honneur; il soumet ses désirs à ses saintes volontés, et fait oublier, par sa modestie, les supériorités dont pourraient s'offenser ceux que la Providence a moins bien partagés que lui.
S'agit-il de nos connaissances ? — Le chrétien sait faire le discernement de celles qui ne sont qu'utiles et de celles qui sont nécessaires, de celles qui passent et de celles qui demeurent, de celles qui ne contentent que notre curiosité et de celles qui nous préparent aux révélations éternelles, de celles qui peuvent tromper et de celles qui ne trompent pas, de celles dont il faut se défier et de celles qui méritent une absolue confiance. A Fencontre de ceux pour qui la science humaine est une souveraine maîtresse qui doit décider de toutes choses, le chrétien estime que la foi doit passer avant toutes les sciences ; parce que la mesure de la foi, c'est l'infaillible autorité de Dieu révélateur; la mesure des sciences humaines, c'est l'autorité contestable d'un esprit borné dont les égarements sont faciles, dès qu'il s'éloigne des premiers principes où tout le monde reconnaît l'évidente empreinte
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de l'éternelle vérité. Le chrétien, sûr de son jugement, n'est ni injuste, ni chagrin. Il ne rend point à la raison les superbes dédains qu'elle affiche à l'endroit de la foi, il ne méprise point les consciencieux efforts de ceux qui travaillent au progrès des connaissances humaines ; mais, plutôt, il les estime, il les encourage, il s'y associe, sans perdre de vue, toutefois, la règle divine qui assigne à tout savoir sa juste mesure.
S'agit-il de nos affections ? — Le chrétien n'en cherche point la mesure dans les charmes trompeurs qui ne parlent qu'aux sens, dans les qualités naturelles qui sollicitent nos sympathies, clans ce besoin sournoisement égoïste qu'on éprouve de se donner pour se retrouver soimême en ceux qu'on aime ; mais dans le saint amour de Dieu, dans les devoirs qu'il impose, dans les biens qu'il fait désirer, dans l'attrait qu'il exerce là où il se manifeste et nous appelle, Ainsi, il arrête aux portes du cœur ces ardeurs inconstantes et maladives dont sont tourmentés ceux qui se laissent aller aux caprices de la fantaisie et aux emportements de l'instinct ; aussi ii ouvre dans le cœur des sources fécondes de générosité et de dévouement.
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S'agit-il de notre honneur ? — Le chrétien ne pense pas que l'orgueilleux désir d'être estimé de tous soit la règle inflexible de notre bonne renommée, ni que cette bonne renommée vaille mieux que le témoignage d'une bonne conscience. S'il prend mesure dans sa propre vie, il y trouve bien quelque chose qui mérite humiliation; s'il prend mesure dans la vie du Christ, de qui il tient son nom et sa religion, il y apprend que l'opprobre immérité n'est pas indigne de l'homme, puisqu'un Dieu a bien voulu le subir. Il n'est donc, pas de ceux qui croient qu'on peut impunément fouler aux pieds les lois de Dieu et de l'Eglise pour laver une injure, point de ceux qui applaudissent aux combats singuliers qu'engage 1e point d'honneur, point de ceux dont la susceptibilité outrée éternise les rancunes ; mais, rapportant, soit à quelque indignité cachée, soit à l'obligation d'imiter son Sauveur, les outrages qu'il reçoit, il les supporte avec calme et se console en celui qui a dit : « Ne craignez point Popprobre des hommes : Nolite timere opprobrium hominum l . Pardonnez h ceux qui vous ont offensés. »