Jerem., cap. xi
d'une communion. Le quart d'heure de recueillement, pendant lequel il jouit de la présence de son Dieu et converse intimement avec lui, ne suffit pas à son action de grâces. Il la prolonge, en s' appliquant à conserver les admirables accroissements de vie divine dont son âme s'est enrichie au banquet eucharistique. Ce trésor, « il le porte dans un vase bien fragile : Habemus tkesaurum istum in vasis fictilibus i ; » mais, aussi, avec quel soin il préserve ce vase des chocs qui pourraient le briser : pressentant les approches de la tentation, veillant sur les mouvements déréglés de la nature, contenant l'ardeur des passions qui le portent au péché, évitant les occasions qu'il sait être funestes à sa faiblesse. Demain, comme aujourd'hui, et, jusqu'à ce qu'il puisse communier encore, il veut pouvoir dire : « Jam non ego vivo, vivit vero in me Christus 2 : Ce n'est plus moi qui vis, c'est Jésus-Christ qui vit en moi. »
On s'en aperçoit, du reste, à la manière dont cette vie se manifeste dans sa conduite et aux changements qu'y opère le pain divin. Orgueil-