‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 14 sur 107 · Rom., cap. vin · texte numérisé non relu

Rom., cap. vin

LE CHEMIN DE LA PERDITION. i->

à cette espérance. Mais il est bien entendu que Dieu ne vous sauvera pas sans vous, et que vous mettrez, en ce qui concerne les moyens de salut, votre volonté d'accord avec la sienne. Or. sa volonté est que vous vous hâtiez de renoncer au péché et de profiter de sa miséricorde. Charger sa bonté du soin de votre salut, et continuer à marcher sur la voie qui conduit infailliblement à la damnation, c'est prétendre l'obliger de sacrifier sa justice à vos caprices et à votre mauvais vouloir; c'est oublier, dit Tertullien, t« qu'il ne peut être bon sans être ennemi du mal ; qu'il ne peut être ennemi du mal sans le combattre; qu'il ne peut le combattre qu'en le punissant1. » Et, nous l'avons vu, la peine éternelle est la seule punition qui puisse protéger efficacement sa majesté sainte contre les audaces de l'iniquité, et attester qu'il est et sera toujours le maître de sa créature révoltée 2.

Vous avez raison de dire que Dieu ne vous a pas

4. Quis enim boni auctor, nisi qui inimicus mali;et inimicus mali, nisi qui expugnator; quis autemexpugna tor, nisi qui et punitor? (Contra Marcionem.)

'2. Cf. Exposition du dogme catholique, quatre-vin^tdix-huitième conférence: L'enfer, éternité des peine*.

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faits pour vous damner, mais, j'ajoute avec Bourdaloue, « qu'il ne vous a pas faits non plus pour l'offenser. Vous renversez toutes ses vues; de quoi vous plaignez-vous s'il change à votre égard tout Tordre de sa Providence? Quoiqu'il ne vous ait pas faits pour l'offenser, vous l'offensez ; ne vous étonnez plus que, quoi qu'il ne vous ait pas faits pour vous damner, il vous damne1. »

Vous me dites encore que Dieu, qui est bon, ne peut pas vous damner pour un seul péché mortel. — Je vous réponds, avec Lacordaire, « que la Providence n'épie pas la minute de nos manquements pour en faire la minute de notre mort et de notre réprobation. Sans doute, il est de foi qu'une seule faute grave, c'est-à-dire commise sciemment et en pleine liberté contre la volonté formelle de Dieu, sépare l'homme de la communion divine, et l'expose, s'il meurt en cet état, au sort des réprouvés. Mais il n'est pas de foi, bien s'en faut, que Dieu poursuive les observateurs de ses commandements d'une vigilance inquiète et sombre, n'attendant que l'heure d'une chute passagère pour les précipiter dans l'abîme d'une mort sans pardon.

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