‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 17 sur 107 · Psalm · texte numérisé non relu

Psalm

2. Cf. Exposition du dogme catholique. Cent deuxième conférence : Le nombre des élus, première partie.

excuse de son péché, si la fausse conscience avait le caractère de sincérité dont je parle. Mais... il s'agit de savoir si ce caractère de bonne foi convient ordinairement aux consciences aveugles et erronées des pécheurs en sorte qu'elles puissent communément leur être un titre pour se disculper et se justifier devant Dieu. Ah! plût à Dieu qu'il en fût ainsi ! Un million de péchés cesseraient aujourd'hui d'être péchés; et le monde, sans grâce et sans pénitence, se trouverait déchargé d'une infinité de crimes dont le poids a fait gémir de tout temps et fait gémir encore les âmes vertueuses l. » Malheureusement, Messieurs, l'ignorance et la fausse conscience ont presque toujours pour cause des négligences coupables et des passions intéressées qui ne permettent pas au pécheur d'invoquer l'excuse de la bonne foi. Laissons de côté, si vous le voulez bien, ces légions d'infortunés et de misérables dont la raison et la conscience ne s'éveillent à la vie morale que dans une atmosphère empestée par l'erreur et le vice. C'est pour ceux-là que j'ai fait appel à la paternelle indulgence de

1. Premier avent, IV. Sermon, sur la fausse conscience, troisième partie.

Dieu. Mais combien d'autres ont éteint d'une main criminelle le flambeau sacré qui devait éclairer leur vie et les détourner du chemin de perdition où ils marchent présentement ! Combien d'autres à qui Dieu pourrait dire, comme aux juifs aveugles qui refusaient de reconnaître la mission du Sauveur: « Si je n'étais pas venu et si je n'avais pas parlé, ils n'auraient à se reprocher aucun péché; mais maintenant leur faute est sans excuse : Nunc autem excusâtionem non habent de peccato suo i ! »

Dieu est venu et leur a parlé dans les premières vues et les premières notions du bien et du mal dont la droiture devait leur servir de règle; mais ces premières vues et ces premières notions ont été promptement obscurcies par des habitudes funestes, dues à la réitération des mêmes péchés. Dieu est venu et leur a parlé dans le pieux mystère d'une éducation chrétienne; mais ils en ont vite oublié tous les enseignements, pour se débarrasser d'une contrainte qui gênait l'épanouissement de leurs mauvais instincts. Dieu vient et leur parle

1. Si non venissem et non locutus fuissem peccatum non haberent, nunc autem... etc. (Joan., cap. xv, 22.)

LE f. H KM IN DE LA PERDITION. M

encore par les exemples de mille vertus qui condamnent leur inconduite, et les invitent à sortir de la voie maudite où ils se sont engagés ; mais ils s'endurcissent contre ces saintes provocations, et ne veulent être sensibles qu'aux conseils et aux encouragements de ceux qui flattent leurs passions. Dieu vient et leur parle encore par la voix de T Église qui, en maintes occasions et sous mille formes, les presse de se souvenir ou de s'instruire des importantes vérités du salut; mais «ils négligent, ils retardent, ils méprisent, ils ont peur de comprendre, parce que cela les obligerait à bien faire : Noluit întelligere ut bene ageret *, »

Dans ces conditions, Messieurs, l'excuse de la bonne foi est impossible. On a beau dire : je ne savais pas, je ne croyais pas si mal faire. L'erreur, si elle atténue la malice actuelle des actes, ne les empêche pas d'être damnables, car il y a, à son origine, un vice radical : le mauvais vouloir, père de l'ignorance et de la fausse conscience.

Encore, si Ton pouvait discuter présentement les excuses des pécheurs, on parviendrait peutêtre à les éclairer et à les retirer de la mauvaise

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