Psalm. XXXV
voie; mais, voici le comble de leur aveuglement, ils s'imaginent que la miséricorde de Dieu les attendra jusqu'à la fin; parce qu'elle a attendu jusqu'ici, ils comptent être saisis, au dernier moment, par la main paternelle de Celui dont ils ont constamment méprisé les appels ; ils espèrent que, à l'heure où l'abîme éternel s'ouvrira pour les engloutir, ils auront le temps de s'écrier : « Ayez pitié de moi, Seigneur : Miserere mei, Deus, » après qu'ils ont obstinément fermé l'oreille à la voix de Dieu qui, tant de fois, leur a dit : « Aie pitié de ton âme : Miserere amimse tuse*. » — Ah ! les insensés ! Ils oublient que les miséricordes de la dernière heure ne sont dues à personne ; que si Dieu les accorde à des malheureux qui n'en ont jamais entendu parler, ou que des circonstances funestes ont mis dans l'impossibilité d'y songer, il ne peut que les refuser aux lâches temporisateurs qui ont spéculé sur sa patience pour prolonger leur vie coupable et multiplier leurs péchés, se sont volontairement et délibérément servi de sa bonté pour l'outrager, et Font, par des retards