‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 30 sur 107 · Psalm. XXXVI · texte numérisé non relu

Psalm. XXXVI

L tiëi'EKANCE DU ciel, ib

les droits du prochain, mais qui ne saura pas tenir compte des droits de Dieu ; une justice qui, se laissant conduire par les inspirations d'une fausse conscience, se bornera peut-être à éviter les délits et les crimes que condamnent les lois humaines ; une justice, en tout cas, qui, n'ayant point ses racines profondes dans la grâce de Dieu, fructifiera pour la terre, sans profit pour le ciel.

La grâce ! — C'est-à-dire cette intime communication de la vie divine qui nous transforme, et fait de nous des êtres divins, de nos œuvres des œuvres divines, voilà, Messieurs, la justice que Dieu veut voir dans nos âmes. Obtenir cette grâce, cela s'appelle la justification, c'est-à-dire l'inoculation de la justice, et c'est à cette justice que le ciel est promis. Il n'y a de vrais justes que ceux qui la possèdent ; et c'est de ces justes qu'il est dit dans l'Ecriture et dans nos saints offices : « Le juste fleurit comme le palmier dont le régime épanoui se dresse près de celui qu'on va cueillir ; il croît comme le cèdre du Liban dont les bras s'étendent au large, pendant que la cime altière monte vers les cieux1, — - Le juste germe comme

1. Justus ut palma florcbU, si', ut cedrus Liban! mnU tiplicabilur. (Psalm. XCI.)

76 l'espérance du ciel.

ies lis, dont les bulbes fécondes se multiplient et dont la fleur toujours ouverte prodigue ses parfums au Seigneur *. — Le juste marche comme un astre resplendissant et croît jusqu'au jour parfait2. — Les justes vivront éternellement : Justi in perpetuum vivent3. — Les justes iront dans l'éternelle vie. Ibunt justi in vitam aeternam 4. » Croyez- vous, Messieurs, que ceux qui ne pensent pas au ciel, qui ne désirent pas le ciel, qui n'attendent pas le ciel s'inquiètent beaucoup de savoir s'ils possèdent ou s'ils ont perdu cette intime et féconde justice ? — Hélas ! ils vivent de longues années sans la grâce de Dieu, et ne produisent, s'ils font le bien, que des œuvres stériles, dont ils ne pourront demander à Dieu la récompense au delà de ce monde. Au contraire, celui que tourmente l'espérance des biens célestes promène son regard de son âme au ciel, du ciel à son âme ; du séjour où la justice est éternellement

1. Justus germinabit sicut lilium et florebitinseternum ante Dominum. (Off. confess.)

2. Justorum semita quasi lux splendens, et crescit usque ad perfectam diem. (Prov., cap. iv, 18.)

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