Fête de la Sainte Croix, 14 sept. Ànt. du premier noct
abîme de félicité ou abîme de douleur, doit s'ouvrir devant nous et se fermer sur nous.
La croix, en effet, règle de tous les devoirs, nous donnera au jugement de Dieu la mesure de nos mérites et de nos démérites ; — » la croix, source de toutes les grâces, comblera les espérances des justes, exaltera leur humble et amoureuse reconnaissance et confondra les longs mépris et les misérables excuses des pécheurs. Les uns et les autres salueront ensemble, par un joyeux cantique ou par un cri d'horreur, cette clé de leur bienheureuse ou malheureuse éternité. Méditons ces pensées.
112 LA CROIX, CLÉ DU CIEL ET DE i/ENFER.
Les sentences de la justice humaine ne sont pas laissées à l'arbitraire de ceux qui doivent les prononcer. Leur devoir est de comparer les actes qu'ils jugent aux lois dont ils sont les gardiens officiels. Le code est entre leurs mains; ils l'ouvrent; ils y lisent à haute voix les articles sur lesquels se base leur jugement.
Comme dans les jugements des hommes, un livre sera produit au jugement de Dieu, nous dit l'Eglise dans ses offices :
Liber scriptus proferetur
et ce livre contiendra tout ce qu'il faut pour nous convaincre de la justice de notre sentence :
In quo totum continetur Unde mundus judiceturi.
Ce livre est-ce notre âme? — Mais notre âme a plutôt enregistré le souvenir de ses actions que la règle de ses devoirs, et ce n'est que par leur con-