‹ Retraites pascales (volume 3)Chapitre 60 sur 107 · DEUXIEME INSTRUCTION · texte numérisé non relu

DEUXIEME INSTRUCTION

Messieurs,

Jésus, en lavant les pieds de ses disciples, leur avait dit : « Vous êtes purs, mais non pas tous : Et vos mundi estis, sed non omnes. » Il voyait jusqu'au fond de lame le misérable qui l'avait vendu, et il savait que son amoureuse condescendance et son humble service ne l'avaient pas touché. Après donc qu'il eut expliqué aux apôtres étonnés le mystère de son abaissement, il fut troublé en son esprit, nous dit l'Evangile, et sur le ton

d'une douloureuse mais ferme protestation il dit

à ses disciples : « En vérité, en vérité, je vous l'affirme, l'un de vous doit me trahir. » Ce fut une grande émotion dans la petite troupe, quand elle entendit cette protestation du Sauveur. Chacun, craignant pour soi les soupçons du Maître bienaimé, voulait connaître le traître, mais Jésus se contenta de le désigner discrètement au disciple dont la tête reposait sur son cœur, et après qu'il l'eut congédié par cette brève parole : « Ce que tu veux faire, fais-le vite, » l'émotion s'apaisa1.

Judas parti, le Sauveur se sent à l'aise avec les siens, son cœur déborde2, il les appelle : « mes petits enfants : fUioli, » et, comme le père qui va mourir, il s'épanche avec une ineffable tendresse sur ces âmes naïves et aimantes. Il ne leur fait pas un discours où les idées suivent une marche logique dont l'enchaînement se montre à découvert; c'est un entretien d'adieux, aimable et sublime en même temps, où la pensée ondule et décrit, selon l'expression d'un commentateur, une sorte de spirale, dans laquelle on voit revenir vers

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