Joan.jCap. xiv
18 t DERNIÈRES RÉVÉLATIONS.
la voie, la vérité et la vie, » il faut l'entendre ainsi : « Je suis la voie que vous devez suivre, la vérité que vous devez croire, la vie que vous devez espérer. — Je suis la voie que rien ne peut détruire, la vérité infaillible, la vie qui ne finit pas. — Je suis la voie parfaitement droite, la vérité souveraine, la vie véritable, bienheureuse, incréée. Si vous demeurez clans ma voie vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous délivrera, et vous obtiendrez la vie éternelle1. »
On a prétendu, Messieurs, que Jésus n'a jamais affirmé sa divinité, et que celui qu'il appelait son Père céleste n'était, en somme, qu'un protecteur et un patron auquel tous les hommes peuvent recourir aux mêmes titres que lui. Jugez ces prétentions à la lumière des révélations que vous venez d'entendre, vous ne trouverez que deux mots pour les qualifier : Ignorance ou mauvaise foi.
1. Ego sumvia quam sequi debes; veritas cui credere debes; vita quam sperare debes. Ego sum via inviolabilis, veritas infaillibilis, vita interminabilis. Ego sum via rectissima, veritas suprema, vita vera, vita beata, vita increata, Si manseris iri via mea, cognosces veritatem, et veritas liberabit te, et appréhendes vitam œternam. [huit., lib. m, cap. lvi.)
Le chef de famille vient de faire connaître à ses enfants la divine origine de sa mission et la grandeur infinie de sa personne. Pour compléter ses révélations, il rappelle à la famille chrétienne la mystérieuse et surhumaine dignité dont elle est investie, ainsi que les signes auxquels on doit la reconnaître dans le monde.
Fils spirituels du Christ nous avons été choisis par lui, avant toute connaissance et toute élection de notre part: c'est notre premier honneur1. Choisis par le Christ, nous lui sommes unis par la plus haute et la plus sainte des doctrines qui puisse former l'esprit et les mœurs d'une société : c'est un plus grand honneur ; et le Sauveur a eu raison de dire : « Vous êtes purs à cause des
1. Non vos me elegistis, sed ego elegi vos. (Joan., cap. xv, 1G.)
paroles que je vous ai adressées : Jeun vos mundi estis profiter sermonem quem locutus sum vobis1. » Mais il est un moyen par lequel il nous atteint plus profondément que par sa parole: c'est notre honneur suprême en ce monde; il fallait en parler dans les dernières révélations.
Jésus-Christ n'y manque pas. Il venait de dire à ses apôtres : — « Je suis la vie : Ego sum vita, » et voilà que sur le chemin de Gethsémani, au milieu des vignes dont les bourgeons commencent à s'entr'ouvrir, il explique et développe sa mystérieuse affirmation par une allégorie aussi sublime qu'elle est simple. « Je suis la vraie vigne, dit-il, et mon Père est le vigneron : Ego sum vitis vera, et Pater meus agricole est. — Je suis la vigne, vous êtes les rameaux : Ego sum vitis, vos palmites 2. » Tout le mystère de la grâce est en ces quelques mots, Messieurs. Je vous en ai déjà parlé bien des fois, revenons-y avec le Sauveur ; on ne saurait trop se convaincre de la grandeur surnaturelle du chrétien.
Jésus est la vigne que le Père céleste a plantée