JEUDI SAINT QUATRIÈME INSTRUCTION
In illo tempore dixit Jésus discipulis suis :Homo quidam erat dives qui induebatur purpura et bysso ; et epulabatur quotidie splendide... et reliqua...
Messieurs,
« En ce temps-là Jésus dit à ses disciples : Il était un homme riche, vêtu de pourpre et de fin lin, qui, chaque jour, faisait splendide chère. Il y avait aussi, un mendiant nommé Lazare. Il était couvert d'ulcères et couché à la porte du riche; il désirait se rassasier des miettes qui tombaient de sa table, et personne ne lui en donnait, mais les chiens venaient et léchaient ses plaies.
Or, il arriva que le mendiant mourut et fut porté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche mourut aussi et fut enseveli dans l'enfer. Levant les yeux, lorsqu'il était dans les tourments, il vit de loin Abraham et Lazare dans son sein. Elevant la voix il dit : — Père Abraham, ayez pitié de moi et envoyez Lazare , afin qu'il trempe le bout de son doigt dans l'eau pour rafraîchir ma langue ; car je suis torturé dans cette flamme. — Et Abraham lui dit : — Mon fils, souviens-toi que pendant ta vie tu as reçu les biens, de même que Lazare a reçu les maux ; or, maintenant il est consolé et toi tu es tourmenté. Et puis, entre nous et vous, il y a pour jamais un immense abîme, de sorte que ceux qui voudraient passer de nous à vous ou de vous à nous ne le peuvent pas.
« Et le riche dit : — Je vous en prie, Père, envoyez Lazare dans la maison de mon père, où j'ai cinq frères, afin qu'il témoigne de ce qui se passe ici, et qu'ils ne viennent pas eux-mêmes dans ce lieu de tourment. — Mais Abraham lui répondit : — Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent.— Et le riche reprit : — Non, père Abraham; mais si quelqu'un des morts va vers eux ils feront pénitence. — Abraham repartit : — S'ils n'écoutent
ni Moïse ni les prophètes, quand bien même un des morts ressusciterait, ils ne croiront pas1, a
Messieurs, dans les paraboles du bon grain et de l'ivraie, des travailleurs et des serviteurs vigilants, le divin Maitre encourage par l'attrait des récompenses ceux qui, fidèles à leur vocation, courageux à l'ouvrage de la vie chrétienne, préparés par la vigilance à la suprême visite du Seigneur, auront prêté à la grâce un généreux concours dans l'œuvre de leur salut, et bénéficié, selon les intentions du Sauveur, de la grâce de la rédemption. Le froment du Père de famille sera placé avec honneur dans ses greniers, c'est-à-dire dans le royaume de Dieu, où les justes brilleront comme le soleil; les travailleurs qui, depuis l'heure de l'appel, auront accompli courageusement leur tâche, recevront leur denier, c'est-à-dire l'éternelle félicité et, peut-être, cette gloire privilégiée que Dieu réserve à ceux qui, ayant fait d'héroïques efforts pour contenter leur Seigneur et Maître, mériteront d'être mis à part dans le grand