‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 23 sur 61 · Luc, cap. xvi · texte numérisé non relu

Luc, cap. xvi

nombre des appelés ; les serviteurs vigilants seront conduits par l'époux au festin des noces célestes, où, reposés pour jamais de leurs veilles et de leurs labeurs, ils recevront du Christ la gloire et la béatitude dont il est le souverain dispensateur.

En promettant la récompense, le Sauveur fait pressentir le châtiment que devront subir ceux qui, par mauvais vouloir ou lâcheté, se seront tenus à l'écart du bienfait de la rédemption et auront manqué la grande affaire de leur salut. Ce châtiment, qui n'est qu'indiqué dans les paraboles que nous avons expliquées ces jours derniers, est décrit d'une manière terrible dans celle que vous venez d'entendre. Nous allons la méditer ce soir pour ceux qui, insensibles aux promesses de la miséricorde, ont besoin d'entendre gronder les menaces de la justice divine. Considérons donc l'abus que nous faisons des dons de Dieu, — un premier châtiment de cet abus dans la mort, — un plus terrible dans la seconde mort, l'enfer.

Le mauvais riche de l'Évangile est, au sentiment d'un grand nombre d'interprètes, un personnage historique, connu de ceux à qui le Sauveur rappelait ses jouissances égoïstes et racontait son éternelle infortune. Mais, en même temps, c'est un type représentant tous ceux qui, comblés des dons de Dieu, ne répondent à sa munificence que par de criminels abus.

Le mauvais riche est ici, Messieurs. C'est quelqu'un, c'est plusieurs, c'est, peut-être, beaucoup d'entre vous !

Le mauvais riche, c'est le jouisseur, qui ne voit dans les biens de la fortune qu'un moyen de flatter sa mollesse, de multiplier et de varier ses plaisirs ; le mauvais riche, c'est le débauché, que sa florissante santé encourage aux voluptés meurtrières du sens dépravé ; le mauvais riche, c'est le jeune ou le vieux beau, qui n'use de ses agréments et de ses charmes que pour séduire les cœurs légers ou trop naïfs, et se faire gloire des victimes de ses

'•'i LE MAUVAIS RICHE,

amours volages ; le mauvais riche, c'est le superbe, qui prétend ne tenir aucun compte des vérités les plus respectables, dès qu'il ne les trouve pas à la mesure de sa haute intelligence et de sa vaste science ; le mauvais riche, c'est l'ambitieux avide d'honneurs et de pouvoir, et ne s'en servant qu'au profit de sa hautaine et égoïste personnalité ; le mauvais riche, c'est l'homme naturel, jouissant à plein cœur de toutes les affections humaines qui l'entourent, -ans jamais songer à les purifier et à les ennoblir par un plus saint amour ; le mauvais riche, c'est le renégat, qui dissipe dans une vie payenne tous les bienfaits d'une éducation chrétienne; encore une fois, le mauvais riche, c'est tout ingrat à qui Dieu peut reprocher l'abus de ses dons.

Soyez sincères avec vous-mêmes, Messieurs, et vous conviendrez qu'au lieu de vous servir chrétiennement des bienfaits de la Providence, vous les avez, trop souvent, détournés de leur destination, transformant en instruments de péchés et en engins de perdition ce qui devait sauver votre ame, et accroître, dans les deux, l'éternel trésor de votre béatitude et de votre gloire.

Et, pendant que vous abusez ainsi des richesses

de toute sorte, que Dieu a mises à votre disposition, il y a près de vous une foule de déshérités qu'affligent toutes les misères de l'esprit et du corps. Pauvres Lazares, qui souvent murmurent et se révoltent contre ce qu'ils appellent l'injustice du sort, et envient les biens dont vous êtes comblés ; mais qui, souvent aussi, triomphent par leur simplicité, leur droiture, leur résignation, leur patience, leur filial abandon à la volonté de Dieu, de toutes les tentations de l'ignorance, de la pauvreté, de la souffrance et de l'abjection. Vous les oubliez, peut-être, dans la jouissance, et dédaignez de leur envoyer quelques miettes des biens dont vous êtes rassasiés; vous n'avez, peut-être, pour eux que de cruels mépris ; mais Dieu, miséricordieusement penché vers leur misère, les éclaire, les console, les encourage, les assiste, leur tient compte de la bonne foi, des droites intentions , des pieux désirs qui suppléent à l'impuissance où ils sont de faire le bien, pèse les maux qu'ils endurent, et leur fait espérer qu'un jour ils seront emportés par Tes anges, loin de ce lieu où la vie fut pour eux une lutte meurtrière, et conduits dans la patrie de la lumière, du repos et de la paix. Ces Lazares, aujourd'hui répudiés dans le partage des

biens terrestres, on les verra les premiers au festin des biens célestes.

Je n'insiste pas davantage sur la conduite de la Providence à leur égard ; si j'avais à leur parler je leur en expliquerais les mystères. Ce qui vous intéresse actuellement, Messieurs, c'est de connaître le sort qui vous est réservé si vous continuez à abuser des dons de Dieu.

Écoutez et méditez avec moi cette parole terrible de l'Evangile : « Mortuus est dives et sepultus est in in fer no : Le riche mourut et fut enseveli dans l'enfer. »

Créés pour une éternelle félicité, nous ne détournons de leur destination les biens que nous avons reçus de Dieu que pour en jouir comme s'ils étaient immuables. L'enivrement passager qu'ils nous procurent nous fait oublier leur fragilité ; mais, avec quelle puissante et implacable ironie elle nous est rappelée par ce mot vengeur : Mortuus est! Richesses, plaisirs, force, beauté, esprit, science, honneurs, pouvoir, affections, abusez de

tout cela! Bientôt les strophes menteuses dans lesquelles vous chantez le périssable bonheur où se complaît votre sottise se termineront toutes par ce lugubre refrain : Mortuus est !

Le riche a compté ses trésors. Il y puise à pleines mains pour satisfaire les appétits qui le tourmentent. Ses maisons, ses ameublements, ses équipages, ses vêtements, sa table, ses fêtes, tout est splendide ; et, au-dessus de ses vices largement repus, plane son insolente vanité. Demain, tout tient entre les six planches d'un cercueil. Sous l'unique drap dont ses héritiers lui ont fait l'aumône, le riche abandonné devient la proie des hôtes affamés du tombeau qui se repaissent de sa corruption, et célèbrent leurs sinistres fêtes dans ses entrailles tant de fois profanées par de coupables jouissances*. Le riche est mort : Mortuus est!

1. Hic mihi considéra mensas argento circumtectas lectos, tapetia, ornamenta quse tota in domo sunt, omnia unguenta, aromata, vini meri copiam, eduliorum varietates, ciborum. delicias, coquos, adulatores, stipatores, famulos et reliquam universam pompam, strepitumque extinctum marcidumque factum : ubique cinis, ubique favilla et pulvis, lamenta et luctus, nemine succurrente, neque semel egressam animam revocante (Chrysost., conc. II, De Laza.ro.)

Le fort a cru qu'il ne verrait pas la fin de l'opulente santé qu'il épuisait en de voluptueuses sensations; mais, peut-être avant qu'il soit averti par des infirmités précoces, son corps robuste s'affaisse, et, dans son cadavre insensible, il n'y a plus de place pour les infâmes plaisirs qui le faisaient tressaillir. Le fort est mort : Mortuus est!

Le beau triomphe de ses grâces assassines, et, dissimulant artistiquement les ravages de 1 âge, trouve le moyen de prolonger ses charmes. Allez le voir bientôt. Des attraits vainqueurs dont sa sottise était si fière il ne reste plus que des chairs putréfiées et, quelque temps après, un squelette dont les os arides et l'épouvantable rictus glace d'effroi les plus fervents adorateurs de la beauté humaine. Le beau est mort : Mortuus est!

Le savant, qui prétendait que l'esprit humain n'a besoin ni du secours ni de la tutelle d'une intelligence supérieure, et que la science d'en bas suffit à la conquête de toutes les vérités : le savant, si dédaigneux pour ce vulgaire troupeau d'ignorants qui se contentent des vérités de bon sens et des religieuses traditions où ils apprennent leur origine, leurs devoirs et leurs destinées; le savant, dont la vie s'est épuisée dans un opiniâtre labeur,

LE MAUVAIS HICHE. 99

pour soulever un coin du voile sous lequel se dérobent les mystères de la nature et de l'humanité ; le savant, qui a sacrifié les vérités les plus importantes à la mesquine ambition de connaître mieux que personne quelque fait subalterne ; le savant, si orgueilleux des connaissances qu'il croit ne devoir qu'à son génie et à ses efforts ; le savant voit arriver l'heure où toute science s'évanouit. Il sent se ralentir l'activité de cette précieuse et incomparable moelle, dans laquelle il place, nonseulement le siège, mais le principe même de nos plus nobles facultés et de nos plus nobles opérations : Encore un peu de temps, tout mouvement s'arrête. Le divin cerveau se liquéfie et s'échappe en gouttes nauséabondes par les fissures de la boîte osseuse qui le contient, et dans cette boîte osseuse du savant vous ne trouverez pas plus que dans la boîte osseuse du plus obscur manouvrier, du plus abject crétin. Le savant est mort : Mortuus est !

Mort, aussi, l'ambitieux, à qui il ne reste plus du pouvoir et des honneurs dont s'enflait sa superbe personnalité qu'une poussière humiliée, sous un marbre ironique qui raconte emphatiquement ses hauts faits, pendant que, tout autour, les mécon-

tents, jadis écrasés, se relèvent et font entendre le sifflet de leurs âpres et impitoyables critiques; jusqu'à concurrence de l'oubli qui viendra bientôt étouffer louanges et mépris, et mieux affirmer le mortuus est!

Mort, aussi, l'homme aimé qui a fait son paradis des affections légitimes que l'amour de Dieu n'a point sanctifiées. Arraché violemment aux douces étreintes dans lesquelles il s'est trop mollement reposé, il a payé ses amours sans religion par les douleurs d'une séparation sans espoir, et sa cendre aride ne peut plus être réchauffée par les larmes des infortunés auxquels son souvenir arrache ce cri lugubre : il est mort : Mortuus est !

Morts ! morts ! morts ! tous les riches ingrats que Dieu a comblés de ses dons, et morts avec eux tous les biens dont ils ont abusé : Mortuus est dives !

Un seul bien pouvait, en se transformant, devenir éternel : le bien de la grâce. C'est précisément celui-là que le mauvais riche a dissipé dans une vie payenne, et qu'il a dédaigné depuis, chaque fois que Dieu le lui a offert. Après la mort, plus de grâce, le vide est complet.

Quoi de plus navrant, Messieurs, que cette totale/ disparition de tous les biens dans la mort de celui qui les croyait éternels ! Avoir tant désiré jouir, et avoir si peu joui ! Une bouffée de bonheur, pour répondre aux insatiables désirs qui tourmentent notre nature ! Cependant, si tout devait finir à la mort, on pourrait prendre son parti de cette étrange contradiction ; mais sa violence même nous donne à réfléchir. La nature ne ment pas : si elle désire l'éternité du bonheur, c'est qu'elle doit la rencontrer quelque part; si cette éternité existe, ne pas faire ce que Dieu demande pour s'en assurer la possession, l'oublier clans de périssables jouissances, c'est un crime qui ne peut demeurer impuni. Aussi, Messieurs, après ces mots sinistres: « Le riche mourut: Mortuus est dives », l'Evangile ajoute-t-il aussitôt ces mots plus sinistres encore : « Le riche fut enseveli dans l'enfer :

Et sepultus est inferno. »

Pendant que son corps pourrit, se décompose se disperse et s'évanouit dans la tombe, l'homme esprit indestructible , subsiste, ou pour recevoir le: caresses de l'amour divin dont il s'est, par ses ver tus, concilié les bonnes grâces, ou pour passer pa: les verges de l'impitoyable justice que ses péchéi ont armée contre lui. Lazare, dans le sein d'Abraham, ou mauvais riche, dans l'enfer : voilà la suprême alternative de sa destinée. Sa nature, toujours avide de bonheur, le suit où il va. Comblée dans les cieux, elle s'ouvre, dans l'enfer, comme un abîme que rien ne vient remplir, et du fond duquel part ce cri lamentable : Crucior ! Je suis torturé !

Oui, Messieurs, l'insensé qui, au lieu de ne jouir qu'avec mesure des biens de ce monde, s'en est rassasié, jusqu'à l'oubli des biens célestes, n'a fait que tromper, un instant, l'inextinguible soif qui doit le tourmenter éternellement. Il sait, maintenant, où sont les vrais biens. Son regard désolé monte de l'enfer vers les cieux, et voit de loin le repos, la joie, la gloire dont jouissent les élus. Tout cela pouvait être à lui s'il l'eût voulu, et maintenant qu'il le veut il ne peut plus l'avoir. Ne croyez pas qu'il se résigne à cette atroce privation. Son supplice

est de toujours désirer ce qu'on lui refuse, de toujours avoir soif d'un bonheur dont il est à jamais indigne. Il n'en voudrait qu'une goutte, une toute petite goutte, mais le bonheur du ciel c'est Dieu, et Dieu ne se partage pas. S'il ne se donne tout entier, il se refuse tout entier; et, en se refusant, il refuse tout espèce de biens.

Aveugles que nous sommes ! Nous ne nous apercevons pas que c'est Dieu qui nous sourit et nous appelle, et que c'est lui que nous cherchons dans tous les bonheurs de ce monde. Rien ne serait aimable, rien ne serait aimé, s'il ne projetait sur toute chose un rayon de son infinie bonté. Mais notre crime est d'attribuer cette irradiation de la bonté divine aux fragiles objets qui nous séduisent, comme si elle venait d'eux, et comme s'il n'y avait rien au-delà ; si bien que, ces idoles d'un jour venant à disparaître, il ne nous reste plus que l'immense besoin de posséder le bien parfait dont elles ne sont qu'un reflet. Parce que le pécheur a cru pouvoir se passer de Dieu, pendant qu'il abusait de ses dons, il ne faut pas s'imaginer qu'il s'est habitué à s'en passer éternellement. La privation soudaine et totale des biens qui l'ont trompé lui révèle qu'il n'y a qu'un seul bien. Ce seul bien il le désire,

il l'appelle, et toujours avide de le posséder, toujours déçu, par son opiniâtre et cruelle absence, il s'écrie : « Crucior in hàc flammé,: Je suis torturé dans cette flamme. »

Quand il n'y aurait pas dans l'enfer d'autre feu que celui-là : le feu de la plus ardente des passions à jamais inassouvie, le feu de l'inextinguible soif du bonheur devant sa source à jamais fermée, il me semble, Messieurs, que ce serait assez pour confondre les doutes impies par lesquels nous cherchons à rassurer notre mollesse, et pour nous faire redouter le suprême châtiment ^dont l'Evangile menace les profanateurs des dons de Dieu par ces paroles : Et sepultus est in inferno. Je n'ai pas besoin de vous peindre les tourments auxquels sera condamné notre corps, instrument, complice et provocateur de nos iniquités, ni de vous dire comment les créatures, outragées par nos injustes préférences, se concentreront, en quelque sorte, dans le plus subtil et le plus pénétrant des éléments de ce monde pour se venger, sur nos sens, de la souillure qu'elles ont reçue de nos sacrilèges embrassements, et du péril auquel nous les avons exposées en les préférant à leur Seigneur et Maître. Vous en savez assez, non pour comprendre l'iné-

narrable douleur du damné, mais pour vous convaincre que c'est de tous les maux, le plus horrible, parce que rien ne le peut soulager.

Quedis-je? tout conspire à l'aggraver : une effroyable jalousie, une écrasante conviction de la justice de Dieu, un incurable désespoir.

Si le pécheur réprouvé pouvait s'isoler dans sa peine, jusqu'à étouffer tout importun souvenir! Mais non. Banni du ciel, il sait qu'on y est infiniment heureux. Il ne lui est pas permis de contempler le divin objet qui béatifie les âmes justes ; mais ce qu'il a pu entrevoir de leurs joies et de leurs éternelles fêtes ne lui a que trop appris ce qu'il a perdu1. Leur bonheur lui paraît une insulte à son extrême misère, et la lui rend plus intolérable2. Il abhorre ces légions de vaillants qui, moins bien doués que lui, peut-être, se sont assurés une destinée si différente de la sienne, et, tout en les

1. Credendum est ante judicium conspici ab injustis justos quosdam in requie ut de illorum bono crucientur. (Greg., homïl. XL.)

2. Ostendit Deus diviti Lazarum « ut non tantum natura suppliciorum, sed etiam comparatione honoris illius intolerabiliorem haberet cruciatum. » (Chrysost., conc. I, De Lazaro.)

abhorrant, il envie leur sort. Eux, planant dan? la lumière, et lui, couché dans les ténèbres; eux comblés des caresses de l'amour de Dieu, et lui. impitoyablement repoussé par sa main vengeresse; eux, constamment abreuvés à la source même de tout bien, et lui, toujours vide du bonheur dont il est plus que jamais altéré; eux, doucement reposés des labeurs d'une vie d'épreuves, et lui, durement châtié de sa vie de jouissances ; eux, étroitement enchaînés l'un à l'autre par les liens d'une sainte dilection, et lui, tristement isolé dans l'éternel désordre; eux, faisant retentir le ciel des joyeux cantiques de la reconnaissance. et lui, condamné aux reproches de sa conscience et aux blasphèmes de sa haine impie ; eux, pour toujours établis dans la terre promise, et lui, éternel et infortuné proscrit. Son esprit jaloux cherche à se convaincre que ses célestes rivaux ont été l'objet d'une injuste préférence; mais, de quelque côté qu'il se retourne pour accuser, il aboutit toujours à ces irritantes conclusions : « Insensé que j'étais, la vie humiliée, souffrante et mortifiée de ces misérables, auxquels insultait naguère ma vie de faste et de plaisirs, me paraissait une folie, et voilà qu'ils sont traités aujour-

d'hui comme des enfants de Dieu, et moi je ne suis plus que l'esclave de sa colère1. — Justus es Domine et rectum judicium tuum*. Tu es juste, Seigneur, et ton jugement est plein d'équité.

Oui, Dieu est juste, le pécheur réprouvé en est convaincu jusqu'à l'écrasement de son âme révoltée. Tous les biens dont il a abusé pèsent sur lui : dons d'une heureuse nature, d'une position enviée des hommes, d'une religieuse éducation, sollicitations réitères et pressantes de la miséricorde de Dieu, avertissements de sa justice. Avec cela, il pouvait mille fois se sauver; malgré cela, il s'est perdu volontairement, librement, irrémissiblement. Ce serait une sauvage consolation pour lui de se poser en victime; il ne le peut pas. Sa conscience lui reproche son malheur, en lui rappelant son ingratitude. Comme il triompherait, s'il lui était possible de trouver dans sa vie de péché quelque bonne action laissée par Dieu sans récompense ! Mais, c'est en vain qu'il cherche : le peu de bien qu'il a pu faire, inutile pour l'éternité, a été payé outre

1. Nos insensati vitam illorum œstimabamus insaniam... ecce quoraodo computati surit inter filios Dei. (Sap., cap. v, 4-5.)

Page 1