‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 26 sur 61 · Chrysost. Ambrosius et Theophylactus putant divi · texte numérisé non relu

Chrysost. Ambrosius et Theophylactus putant divi

réprouvé, tout entière à la haine du Dieu qui la châtie et à la haine de ce que Dieu aime ou pourrait aimer, est inaccessible à tout sentiment miséricordieux. Dans ce cas, la prière du mauvais riche et tout ce qui la suit est une supposition imagée, en réponse aux ridicules prétextes que tant de sottes gens mettent en avant pour écarter la redoutable vérité des peines éternelles. Personne n'est revenu de là-bas, disent-ils; qu'un damné vienne nous raconter ses infortunes et nous croirons l .

Eh bien non, Messieurs, ils ne croiront pas. Ils trouveront mille raisons pour se persuader qu'ils n'ont ni bien vu ni bien entendu le lugubre docteur que Dieu leur a envoyé pour les instruire, qu'ils ont été le jouet d'une illusion dont un esprit

tem vere et sincero animo voluisse consulere fratribus : Hue enim inclinât naturalis cognatio et fratrum amor : natura enim eadem manet in damnatis. (Corn, a lapid., Comment, in cap. xvi, Luc, 27.)

1. Veresimile est hsec parabolice dici... Porro hase parabola est ex communi hominum in hac vita usu quo fratres miseri fratribus suis cantura cupiunt, ne in eamdera vel similem miseriam incidant. Ad hoc autem hic inducitur, ut perarguat homines mundanos qui vulgo rident, aut parvi sestimant et imminuunt pœnas inferni, eo quod nemo, eas narraturus, ad nos redierit. (Corn, a lapid., loc. cit.)

sérieux ne doit pas tenir compte. Ils ne croiront pas, parce qu'ils ont présentement les plus pressants motifs de croire, et que, cependant, ils ne croient pas. Celui qui connaît mieux que personne les mystères de l'autre vie, puisqu'il en est l'auteur, a député vers eux ses prophètes, ses apôtres, son propre fils, et ils ont insolemment récusé l'autorité de leur parole. Que dis-je? Ils sont insensibles à l'éloquente prédication de la ci'oix. Ils ne veulent pas comprendre qu'un Dieu ne serait pas mort comme un maudit, dans les plus inexprimables tortures, pour expier le péché, si le péché n'était pas digne du plus terrible châtiment. Ils ne veulent pas lire la vérité de l'enfer écrite en cha^ cime des plaies dont fut sillonné le corps martyrisé du Sauveur. Et pourtant, quand tous les réprouvés devraient sortir du gouffre où la justice divine les a ensevelis, tous ensemble, ils auraient moins de force persuasive que le crucifix pour nous imposer la vérité de cette parole évangélique : Mortuus est dlves et sepultus est in inferno.

Que les pécheurs endurcis s'aveuglent à plaisir sur le douloureux avenir qu'ils se préparent, c'est leur affaire. Mais vous. Messieurs, laissez-vous convaincre, et laissez-vous racheter par le Christ

miséricordieux, qui est mort pour vous sauver de la damnation éternelle. Que votre conversion commencée par la crainte s'achève par l'amour, et que ceux qui vous aiment puissent dire un jour, en recevant votre dernier soupir : « Il est mort, et il a été emporté par les anges dans le sein de Dieu : Factum est ut moreretur et portaretur ab Angelis in sinum Dei. »

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