Luc, cap. xx
que sa bonté a été plus généreuse et plus longanime. Demandez pour vous, pour vos familles, pour vos amis, le courage de tenir tête à l'ennemi et de contrecarrer, par tous les moyens légitimes, ses entreprises dévastatrices.
Faites prier votre vie; mortifiez vos passions, supprimez vos plaisirs; ne donnez pas à l'Eglise étonnée le ridicule spectacle d'un peuple qui s'amuse, en se lamentant sur les malheurs du temps et les périls de l'avenir. Si vous croyez sincèrement qu'il n'y a de salut pour votre pays que dans le Christ, montrez-le, en travaillant mieux que vous ne le faites à votre propre salut.
Si vous savez parler, parlez ; si vous savez écrire, écrivez; mais surtout agissez. Faites taire les querelles et les ambitions de parti, pour vous fondre dans une commune action, afin de faire arriver des hommes qui représentent franchement les intérêts catholiques dont il faut assurer le triomphe. Contre cette presse qui se met à la portée de la petite bourse du peuple, pour le démoraliser, créez une presse qui se donne, pour l'éclairer et lui faire comprendre ses véritables intérêts. En présence des écoles sans Dieu, fondez des écoles chrétiennes; dussiez-vous vous imposer pour cela des sacrifices
durs à votre bien-être. Protégez efficacement vos enfants contre cette propagande anti-chrétienne qui sait s'introduire, en rampant, jusqu'à vos foyers domestiques. Agitez-vous, unissez-vous, multipliez-vous, dépensez-vous. Si les événements trahissent vos généreux efforts, vous pourrez dire alors : — « L'heure est à Dieu ; qu'il se lève, et qu'il ait raison lui-même de ses ennemis : Exurgat Deus, et dissipentur inimici ejus. »