‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 3 sur 61 · Joan., cap. ni · texte numérisé non relu

Joan., cap. ni

LE BON GRAIN ET L IVRAIE

difformités de sa nature, qui donc voudrait de ses œuvres? Non seulement il se cache, mais il dissimule sous des apparences trompeuses ce qu'il fait, sachant bien que s'il nous proposait le mal dans sa naïve laideur nous le repousserions avec horreur.

Rien ne ressemble mieux au bon grain que l'ivraie, quand elle commence à poindre ; on ne la reconnaît qu'après qu'elle a montré son fruit. Ainsi les œuvres de Satan. Elles s'adressent toujours, par quelque côté, aux appétits de la nature dont la loi est de rechercher, en toute chose, le bien qui leur convient, et ce n'est, trop souvent, que lorsqu'on s'est laissé décevoir par cette apparence qu'on s'aperçoit que le mal est fait.

Il y a donc deux semeurs, Messieurs : le semeur généreux du bien, le semeur clandestin du mal qu'on reconnait à leurs œuvres, non seulement dans toute vie d'homme, mais dans la vie générale de l'Eglise et du monde entier ; car « le champ c'est le monde, dit le Sauveur : Ager est mundas*. »

Vais-je faire l'histoire du bien et du mal dans le monde depuis l'origine des temps? — Non. — Ce

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