S. Chrysost., homil. XLV, in Joan
2. Licet hoc sacramentum, quantum est de se habeat virtutem prseservativam a peccato, non tamen aufert horaini possibilitatem peccandi. (S. Thom., Summ. Theol, III, p. qusest. 79, a. 6, ad. 1.)
dres reproches de son amour et les salutaires conseils de sa sagesse, elle nous refait une vie nouvelle, et se reprend à nous aimer d'un cœur plus ému, plus joyeux et plus fidèle que celui d'une mère qui presserait dans ses bras un enfant ressuscité.
Hélas ! tous ne répondent pas aux offres de sa miséricorde. Vous ne le savez que trop, vous qui, depuis longtemps, attendez la conversion d'un pécheur attardé; vous qui, d'année en année, reculez l'heure de votre retour à Dieu; vous qui demeurez ensevelis, sans regrets et sans crainte, dans la mort du péché. Mais ne croyez pas, Messieurs, que l'Eglise ait perdu de vue ceux qui l'ont ainsi abandonnée. Gémir comme Rachelet verser des pleurs désespérés sur ses enfants qui ne sont plus, ce serait trahir la confiance qu'elle doit avoir en la force de son amour. Elle est profondément affligée de notre obstination dans le péché ; elle pleure sur ceux qui ignorent le secret de ses larmes1, mais elle ne cesse pas d'espérer et d'attendre. Elle communique aux pieuses âmes qui nous
l. Plangit eos qui nesoiunt cur plangantur. (S. Gregs
homil. XXXIX.)
entourent l'ardeur de ses désirs ; elle s'en sert comme d'aimables messagères pour assiéger et vaincre notre endurcissement; elle leur met dans le cœur et sur les lèvres les éloquentes supplications de sa tendresse maternelle, et, si elles ne sont pas entendues, elles les fait prier et prie avec elles, ourdissant, près de celui qui touche les cœurs, une mystérieuse conjuration qui souvent ne triomphe qu'à la dernière heure. Mais alors, dès que par un signe nous lui disons : Viens ! Elle accourt pour disputer à l'enfer une proie qu'il croyait assurée; elle se penche sur nos lèvres mourantes, recueille d'une oreille attentive l'aveu de nos cœurs désabusés et contrits, répand à pleines mains, sur ce qui nous resté de vie, le pardon et l'indulgence, et ne nous quitte que lorsqu'elle a pu dire : « Profîsciscere anima christiana : Pars âme chrétienne ! »
La mort est venue, la mort qui brise et désespère le cœur des mères. Agenouillées sur la froide tombe des enfants qu'elles ont tant aimés, elles n'ont plus, hélas ! à leur service que des regrets et des pleurs stériles, dont finit par se lasser leur amour impuissant. Mais l'amour de notre mère l'Eglise est plus fort que la mort. Elle continue de
protéger les misérables restes de notre chair disparue, et va chercher nos âmes jusqu'aux lieux sombres où elles achèvent de se purifier des souillures qui les ont arrêtées près des portes du ciel. Son encens et ses prières embaument, en quelque sorte, les éléments que la corruption divise, et, si elle ne peut empêcher qu'ils ne s'égarent dans la poussière de ce monde, elle empêchera au moins qu'ils ne se perdent, car elle consacre par ses dernières bénédictions leur droit à la résurrection. En attendant ce suprême miracle de la puissance divine, elle hâte la délivrance de nos âmes captives. Toutes, même les plus oubliées des hommes, sont présentes à sa mémoire. Elle les réunit dans une commune prière; elle les baigne, mille et mille fois par jour, dans le sang du Christ ; elle les fait participer à ses mérites ; elle ouvre pour elles le trésor de ses indulgences ; elle les retire du purgatoire où elles gémissent, et les fait monter radieuses au séjour de leur bienheureuse éternité. Les anges et les élus viennent à leur rencontre : Salut, disent-ils, chères compagnes de notre gloire et de notre bonheur! Qui vous envoie vers nous ? — Et les âmes répondent : — Notre sainte mère l'Eglise : Sancta Mater Ecclesia.
Je vous laisse, Messieurs, sur ce dernier acte de la maternité de l'Eglise, vous priant de tirer vous-mêmes aujourd'hui les conclusions pratiques des considérations que vous venez d'entendre. Méditez-les avec votre cœur, et demandez-vous à vous-mêmes ce que vous devez à celle dont l'amour se manifeste par tant de bienfaits. Je suis sûr que demain vous vous rencontrerez avec moi, lorsque je vous parlerai de vos devoirs envers l'Eglise.