‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 41 sur 61 · Matth., cap. xxn · texte numérisé non relu

Matth., cap. xxn

Il y a, vous le savez, Messieurs, des ingrats dans toutes les familles ; cette plaie n'a point été épargnée à la famiile chrétienne. L'amour maternel et l1 amour filial y ont été, de tout temps, outragés, non seulement par les désertions capricieuses des prodigues qui oublient leurs devoirs pendant de longues années, mais par des apostasies qui se transforment en haines impies. Après avoir reçu de l'Église les premiers bienfaits d'une nouvelle naissance et d'une religieuse éducation, de misérables chrétiens brisent violemment les liens de parenté spirituelle qui les unissent à leur divine mère, et se font gloire de n'avoir plus rien de commun avec elle. S'ils pouvaient effacer les invisibles vestiges du sacrement qui les a régénérés et incorporés à la famille chrétienne, ils le feraient ; mais, si monstrueuse que soit leur ingratitude elle n'est point à la hauteur d'un pareil crime. Quoi qu'il arrive, il leur reste toujours du chrétien un mystérieux et ineffaçable caractère, qui les fera

reconnaître au jugement de Dieu. Ce caractère se cache dans le fond le plus intime de l'âme ; au dehors, plus rien que la profession publique d'une haine acharnée contre tout ce que l'Église institue, contre tout ce qu'elle commande, et surtout contre tout ce qu'elle enseigne, parce que son enseignement est la solennelle justification, en même temps que la première manifestation de ses droits. L'Église n'a pas de pires ennemis que ces apostats.

Je ne les maudis point, Messieurs, puisque je parle au nom de leur mère. Si, par hasard, il s'en trouve un seul égaré parmi vous, je demande à Dieu pour lui une grâce qui touche son cœur. C'est tout ce que je puis faire pour le moment, car j'ai hâte de vous instruire de vos devoirs.

Vous êtes tous, je l'espère, des amis de l'Église ; mais êtes -vous tous des amis éclairés et fidèles aux premières lois d'amour filial qui doivent régler vos jugements à l'égard de l'autorité de votre mère? C'est ce que nous allons savoir, si vous voulez bien me permettre de sonder pendant quelques instants vos dispositions d'esprit.

J'ai connu, et je connais encore un certain nombre d'hommes excellents, qui considèrent l'Église comme une société infiniment recommandable. Ils

adaiirent sa haute sagesse et ses vertus, l'élévation de sa doctrine et la perfection de sa morale, la grandeur et la majesté de son culte; ils rendent hommage à son action bienfaisante sur l'humanité, et s'intéressent, jusqu'à les défendre, aux institutions par lesquelles s'exerce cette action ; ils professent, en tout temps et en toute occasion, un affectueux respect, se soumettent même à certaines pratiques extérieures qui donnent à leur vie une physionomie chrétienne; mais c'est tout. Vous chercherez en vain dans leur âme une croyance bien définie; ils gardent sur ce point leur indépendance, et ne se font pas scrupule d'allier aux bons sentiments qu'ils professent les errements de leur jugement propre, et les préjugés d'une raison qui se croit complètement maîtresse de fabriquer un credo dont on ne doit compte à personne.

D'autres, moins jaloux de leur indépendance et moins confiants en eux-mêmes, acceptent, sans trop de réflexion, la plupart des vérités, peut-être même toutes les vérités que l'Eglise enseigne; mais leur foi informe ne va pas chercher son motif plus loin que dans la nature. Dans le fait, ils subissent l'influence d'un esprit supérieur, qui a étudié et possède mieux qu'eux des questions auxquelles

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ils ne peuvent pas rester étrangers. L'Eglise est pour eux une école de religion, qui répond à l'un de nos plus impérieux besoins, au plus grave de nos intérêts. Ils reçoivent toute faite la religion qu'elle leur donne, parce qu'il faut en avoir une, parce qu'ils ont celle-là sous la main, peut-être, même, parce qu'elle leur parait, entre toutes, la plus conforme au bon sens, la plus en harmonie avec une certaine poésie de leur imagination, une certaine élévation de leurs sentiments, bien qu'elle ne soit pas la plus commode.

Et maintenant, Messieurs, demandez aux uns et aux autres s'ils sont amis de l'Église, ils vous répondront : — Certainement. J'ai le regret d'être obligé de leur dire qu'ils ne sont que des amis bien imparfaits, et que cela tient à ce qu'ils ne considèrent pas l'Église sous son véritable aspect.

Il n'est pas défendu, certes, d'apprécier les hautes qualités et les incomparables bienfaits de l'Église, même lorsqu'on ne les envisage qu a un point de vue purement humain. Croire qu'elle est entre toutes les sociétés religieuses la plus sage, la plus vertueuse, la plus salutaire, ce n'est que trop juste; mais la reconnaissance et l'amour filial de-

mandent de nous plus que ces bienveillantes dispositions.

L'Église, nous l'avons vu, n'est point une institution humaine. Les preuves que j'ai données de sa divine origine sont encore présentes à votre mémoire1, il suffira, je pense, de vous en rappeler ici la conclusion : L'Église a été créée par Dieu pour représenter auprès de l'humanité son autorité souveraine2. Lorsqu'elle enseigne, ce n'est point l'intelligence, la raison, le génie de l'homme, renforcé par l'association, c'est la sagesse éternelle, le maître suprême, la source de toute vérité qui parle. L'autorité divine: voilà ce que ses enfants doivent, avant tout, admirer et aimer en elle; car c'est parla qu'elle est vraiment grande, par là qu'elle nous est souverainement bienfaisante. L'auréole de lumière, dont son front auguste est couronné, attire à elle tout esprit désireux de s'instruire des choses divines, et son infaillible science nous donne l'assurance qu'elle nous apprendra tout ce qu'il nous est nécessaire de connaître pour

t. Cf. Exposition du dogme catholique, cinquante et unième conférence et suivantes.

2. Cf. Ibid , cinquante-cinquième conférence : L autorité de l'Eglise.

atteindre le but de notre vie, la félicité éternelle, et que nous n'avons point à craindre d'être jamais trompés par son enseignement.

Dès lors, Messieurs, plus de droit à l'indépendance d'esprit, plus de confiance orgueilleuse dans notre jugement propre, plus de prétention de la raison à se faire un credo intime, qu'on accommodera , tant bien que mal, avec une affectueuse estime et certaines pratiques extérieures qui, dans la communauté chrétienne, donneront à notre vie un air de famille ; plus de ces croyances irréfléchies qui ne sont fondées que sur des considérations purement naturelles, et qui, tout en s'appuyant sur l'Eglise comme sur la meilleure école de religion, laissent à supposer qu'il peut y en avoir d'autres que Dieu agrée, ouvrent ainsi la voie à une tolérance doctrinale que Dieu réprouve, et consacrent le principe d'une promiscuité religieuse outrageante pour la vraie foi. L'autorité de l'Eglise s'impose divinement, et notre esprit chrétien doit être heureux qu'il en soit ainsi, puisqu'en écoutant son enseignement, c'est Dieu qu'il écoute ; en étudiant la vérité enseignée, c'est le secret de la sagesse divine qu'il approfondit; en se soumettant au joug de la foi, c'est à Dieu qu'il se soumet.

Voilà le devoir de l'amour filial, Messieurs : reconnaître que l'autorité enseignante de l'Eglise est une autorité divine, qu'il n'y a pas d'autre école de religion que la sienne, que nous devons en être les disciples affectueux, humbles et soumis, afin de communier par l'esprit de notre sainte mère au Verbe divin qui l'illumine et devenir ainsi un même esprit avec Dieu.

De l'obligation de nous soumettre humblement et affectueusement à l'autorité divine de l'Église enseignante, il résulte logiquement que nous devons recevoir avec respect et sincérité tout son enseignement. S'il était permis à notre raison de faire des réserves, nous deviendrions bientôt semblabes à ces enfants superbes, qui, du haut de leur intelligence émancipée, regardent leur mère avec une sorte de commisération, et se permettent de penser qu'elle déraisonne, lorsqu'elle n'est pas de leur avis, s'ils n'osent le lui dire ouvertement. Malheureusement, ils peuvent quelquefois

n'avoir pas tort, caries meilleures mères n'ont pas toujours une raison aussi forte que leur cœur est généreux et tendre. Mais ce disparate n'est point à craindre chez notre mère l'Église. Le même Dieu, qui échauffe et dilate son cœur, illumine et fait resplendir son esprit. Elle domine de toute la hauteur du ciel, où elle puise sa science, nos intelligences condamnées à ne recevoir la lumière, en ce bas monde, que des pâles reflets dont Dieu a enveloppé ses créatures. Dussions-nous concentrer en nos âmes toutes ces clartés d'emprunt, nous n'égalerons jamais la science de notre mère; et, si grand que soit notre génie, elle le tiendra toujours sous sa dépendance, quand il s'agira de connaître les profonds et sublimes secrets de la sagesse éternelle. Tout dans son enseignement est marqué au coin de cette sagesse, bien que tout ne soit pas enseigné avec la même solennité ; c'est dire assez que tout mérite nos respects.

Cependant, Messieurs, il y a des réserves faites par certains esprits trop préoccupés de leurs vues personnelles. Permettez-moi, d'abord, de vous signaler un phénomène étrange , que j 'ai rencontré plus d'une fois dans mon ministère. En interrogeant sur leur foi des chrétiens pratiquants, ani-

mes des meilleurs sentiments envers l'Église, dont ils vénéraient la sainte maternité, il m'est arrivé de les surprendre taillant en plein dogme, sans se douter qu'ils professaient les plus monstrueuses hérésies. Sous prétexte que la foi doit être raisonnable, ils écartaient du symbole, ou interprétaient à leur manière ce qui dépassait leur compréhension, ou, comme ils le disaient naïvement, ce qui leur paraissait trop fort. Pour les uns, par exemple, le mystère de la Trinité se transformait en une sorte de kaléidoscope, dans lequel l'infini nous montrait divers aspects de ses perfections ; de la pluralité et de la distinction des personnes divines il ne fallait pas tenir compte. Pour les autres, véritables Nestoriens, Jésus-Christ n'était qu'une personne humaine, plus favorisée qu'aucun des mortels des communications de la divinité; ils ne paraissaient pas se douter du grand fait de l'Incarnation. Ceux-ci appelaient, avec une pieuse admiration, l'Eucharistie un magnifique symbole, sans soupçonner la présence réehe; ceux-là prétendaient que le dogme de l'Immaculée Conception n'était enseigné que pour l'édification des jeunes filles ; je n'ai jamais pu comprendre pourquoi. J'ai même entendu des admirateurs exagérés de la bonté de

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Dieu faire bon marché de l'enfer et de ses peines éternelles, et m'insinuer que nous n'enseignions ces vérités que pour faire peur aux natures grossières dont le sens moral est émoussé, et sur lesquelles la beauté du devoir n'a pas de prise. Tout cela sans malice, avec les meilleures intentions du monde, par pure ignorance, légèreté et inconsidération. Je n'avais qu'une chose à faire : prier ces honnêtes gens de mieux s'instruire, et leur rappeler que l'enseignement de l'Église, étant un enseignement divin, il ne s'agit pas de raccommoder aux fantaisies de notre esprit, mais d'y conformer notre raison. Dieu merci, j'ai la plupart du temps rencontré chez eux une bonne volonté qui m'a complètement rassuré sur la sincérité de leur amour filial.

Il y a des esprits plus élevés, mieux instruits et plus réfléchis, qu'il est moins facile d'amener à composition. Ils croient ne pas sortir des termes d'une rigoureuse orthodoxie, en faisant le partage des vérités que l'Église enseigne. Ils mettent d'un côté celles qui ont été définies, et auxquelles ils ne marchandent pas leur religieux acquiescement, d'un autre côté celles qui n'ont pas encore été proposées, par une définition, à la foi du monde chré-

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tien, et contre lesquelles ils s'estiment parfaitement libres de se prononcer.

Ce partage, Messieurs, est injurieux pour l'autorité doctrinale de l'Église, téméraire et plein de périls pour la foi. Sans doute, toutes les opinions de ceux qui enseignent dans l'Église ne sont pas la doctrine de l'Église, et nous avons le droit de les contrôler; mais il y a des vérités sur lesquelles l'accord des théologiens est si universel et si constant, sur lesquelles l'autorité suprême a exprimé, à plusieurs reprises et si clairement, son sentiment, qu'il est impossible de n'en pas tenir compte, sans blesser profondément le sens chrétien. Du reste, l'Église s'est prononcée, plus d'une fois, sur l'attitude de notre esprit à leur endroit, et nous refuse de les discuter1. Passer outre, c'est se conduire

1. Dans sa lettre à l'archevêque de Munich : Tuas libenter (21 décembre 1863), Pie IX condamne cette proposition : a Obligatio, qua catholici magistri et scriptores omnino adstringuntur, coarctatur in tantum iis, qux infaillibili Ecclesiœ judicio, veluti fidei dogmata,ab omnibus credenda proponuntur. Le devoir des professeurs et des écrivains catholiques se borne à enseigner les dogmes que le jugement infaillible de TEglise propose à la croyance de tous les fidèles. »

Dans la même lettre, il enseigne qu'il faut étendre notre soumission « à tout ce que les théologiens catholiques,

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comme les enfants superbes dont je parlais tout à l'heure, et méconnaître la divine sagesse de celle que le Christ a préposée à l'instruction de la grande famille chrétienne. On professe à son égard un filial respect, et cependant on arrive à se persuader que son esprit est en retard sur le mou« vement de la jeune humanité ; qu'elle s'attache trop obstinément à des théories surannées ; qu'elle pourrait, par exemple, supprimer certains principes de son droit public, ou du moins en tempérer la rigueur, pour les mettre en harmonie avec les conquêtes de l'esprit moderne ; qu'elle a, enfin, besoin de se réconcilier avec la civilisation et le progrès, comme si elle (était complice du divorce qui s'accentue, par notre faute, entre sa divine sagesse et les folies de notre orgueil.

Je n'accuse point, Messieurs, la bonne foi de ces donneurs de conseils, je rends justice à la droiture

d'un consentement universel et constant, regardent comme appartenant à la foi. » Et plus loin : « aux points de doctrine qui, d'un consentement commun et constant, sont tenus dans l'Eglise comme des vérités et des conclusions théologiques tellement certaines, que les opinions opposées, bien qu'elles ne puissent être qualifiées d'hérésies, méritent cependant quelque autre note théologique. »

de leurs intentions, et leur suis profondément reconnaissant des marques d'affection et de dévouement qu'ils ont données, en plus d'une circonstance, à leur mère l'Église ; mais je me permets de leur faire remarquer que leur amour filial serait beaucoup plus parfait, s'ils avaient moins d'inclination à préférer leurs vues personnelles à certains points de doctrine qui, pour n'être point définis, n'en sont pas moins des vérités qu'il faut croire ; s'ils avaient assez d'humilité pour se persuader que l'assistance de l'Esprit-Saint vaut bien les inspirations de l'esprit propre.

En regard de ces enfants avares de leur acquiescement à la doctrine totale de l'Eglise, je dois mettre ceux qui semblent n'avoir jamais assez de matière pour leurs croyances. Non-seulement ils pressent de leurs vœux indiscrets la définition des vérités certaines, mais ils transformeraient volontiers de simples opinions en articles de foi. Parce qu'ils sont convaincus de ceci ou de cela, ils s'imaginent que c'est pour tous un devoir de l'être. Impatients d'enrichir le credo, ils s'irritent presque des sages et prudentes lenteurs de l'Église ; s'ils osaient, ils la gourmanderaient. Pour se soulager, ils devancent ses décisions, et prodiguent à

ceux qui les reprennent de leur bouillante ardeur des notes qu'il n'est permis qu'à l'autorité suprême d'infliger. Trop de zèle ! Messieurs, trop de zèle ! Si nous devons accepter avec respect tout l'enseignement de l'Église, il est irrespectueux de l'exagérer. A ceux-là, comme aux autres, je rappelle ces graves paroles du sage : « Je ne suis qu'un tout petit enfant en présence de ma mère. Et voici ce qu'elle me dit : — Mon fils ouvre ton cœur à ma parole et tu vivras. Apprends de moi la sagesse et aussi la prudence. N'oublie aucun de mes enseignements et ne t'en écarte jamais1. »

Après avoir reçu avec respect et sincérité tout l'enseignement de l'Église, quelle place lui donnerons-nous dans notre vie intellectuelle ? — La

1. Ego fui... tenellus, et unigenitus coram matre mea: Et docebat me atque dicebat : Suscipiat verba mea cor tuum et vives. Posside sapientiam, posside prudentiam ; ne obliviscaris, neque déclines a verbis oris mei. (Prov., cap. iv, 3, 4, 5.)

première, Messieurs, parce que l'Eglise, en vertu de son autorité maternelle et divine, possède le droit de gouverner l'esprit humain, de régler ses mouvements, et d'ordonner les vérités qu'il peut acquérir aux vérités supérieures dont dépend notre salut éternel.

Et d'abord, c'est sa mission et son devoir de protéger ces vérités contre le contact et les envahissements de l'erreur. De là, ces sages prohibitions qui nous interdisent certains commerces et certaines lectures, où notre foi pourrait rencontrer des contradictions dont le choc lui serait funeste. « Que celui qui se croit debout prenne garde de tomber, dit l'Apôtre : Qui existimat se stare videat ne caclat1. » Hélas, il suffit d'une imprudence pour renverser le laborieux édifice de notre éducation religieuse ! Combien plus, lorsque cette imprudence se complique d'une sacrilège témérité, qui va jusqu'au mépris des prudentes interdictions de notre mère l'Eglise ! On les considère comme d'étroites et puériles précautions, qui compriment l'expansion de nos facultés et la noble avidité du savoir; on se croit assez fort pour af-

i. I Cor., cap x, i"2.

fronter les brutales aggressions du blasphème et les passes déloyales du sophisme et du mensonge ; on cède aux attraits d'une curiosité malsaine, qui veut savoir comment l'erreur s'y prend pour combattre la vérité; et, par un juste châtiment de tant de suffisance, on devient la misérable victime des esprits pervers, contre lesquels on ourdissait, en imagination, de triomphantes réfutations. « Les sots méprisent la sagesse, » dit le livre des Proverbes : <r Sàjnentiam stulti despiciunt*. » Si vous êtes sincères avec vous-mêmes, Messieurs, vous avouerez que tels doutes qui agitent votre esprit et troublent votre foi ; que tels vides, qui se sont faits dans vos croyances et ont complètement désorganisés votre vie chrétienne, datent du jour où, méprisant la sagesse de votre mère, vous avez enfreint ses défenses et voulu faire connaissance avec les erreurs qu'elle proscrivait. Comme si ce n'était pas assez que l'Eglise vous signalât les écueils, sans qu'il fût besoin de tourner sottement vers eux le cap de votre intelligence, pour vous assurer qu'ils étaient vraiment dangereux.

Isoler, dans notre esprit, l'enseignement de

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