‹ Retraites pascales (volume 4)Chapitre 8 sur 61 · Matth., cap. XX · texte numérisé non relu

Matth., cap. XX

2. Totum autem hoc saeculum prœsens, unurn diem dicere possumus; magnum quidem quantum ad nos; modicum autem quantum ad Dei vitam. (Origène, Tract. X, in Matth.)

promulgateur de la loi de crainte. Enfin à la onzième heure, par la bouche du Christ rédempteur, il appela les apôtres et, en leur personne, toutes les nations qu'ils devaient convertir. Cette onzième heure dure encore. Le travail y est plus intense, parce que la grâce y est plus abondante, et Dieu fait passer les premiers, dans la distribution de ses récompenses, les ouvriers qu'il a appelés les derniers, au mépris des récriminations jalouses de son ancien peuple.

Remercions le divin Père de famille de notre vocation et appliquons à notre vie chrétienne la parabole des travailleurs. Elle nous apprendra que notre âme est la vigne du Seigneur ; — que nous sommes appelés à travailler à cette vigne ; — quel travail nous devons faire ; — quelle récompense nous devons attendre.

La vigne du Seigneur c'est notre âme : notre âme éclose du souffle de Dieu ; plante fragile et délicate, munie de toutes les saintes énergies du bien et destinée à être transportée, quand elle aura

produit ses fruits, dans les bienheureuses régions où elle n'aura plus rien à craindre des orages, des hivers, des bêtes brutales qui broutent ses rameaux et des parasites voraces ennemis de sa fécondité.

Dieu qui l'a plantée dans le champ de ce monde la regarde avec amour. « Ma vigne est sous mes yeux », dit-il dans le sacré cantique : « Vïnea, mea, coram me est1. » Mais il ne se contente pas de la regarder ; il la conserve et l'entoure d'une vigilante protection. A toutes ses propriétés naturelles il adapte des grâces qui les surnaturalisent et les sanctifient : grâces qui sont à la fois lumière, chaleur, rosée, pluies bienfaisantes. Autour de cette vigne bien-aimée, il creuse des fossés, construit des remparts et écarte les influences malfaisantes. Malgré ses avertissements et ses menaces, l'homme a donné accès dans son âme à l'ennemi de tout bien, et le Père de famille a vu sa vigne outrageusement profanée et pillée, honteusement flétrie et stérile. Pourtant il ne Fa point abandonnée. Il l'a arrosée du sang de son Fils, et voilà que, pénétrée de cette sève empourprée, elle est destinée à pro-

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