Galat.,cap, vr
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griefs, tiraillements, discussions, déshonneurs, scènes douloureuses de la vie intime deviennent la pâture d'une curiosité malsaine, qui ne demande pas mieux que de pousser à bout les imprudentes confidences d'une âme affolée par la colère ou par là souffrance. La malignité publique s'empare des secrets qu'elle a profanés, les travestit ou les aggrave, et les lui renvoie, par la porte que sa sottise a ouverte, comme des traits empoisonnés qui blessent irrémédiablement les cœurs déjà malades et les rendent irréconciliables. — L'amour chrétien, lui. a le courage de se taire. Ses chagrins ne sont connus que du conjoint qui l'offense, et n'implorent que la pitié de Dieu. Ce n'est pas la fierté qui lui commande la discrétion et le silence, ni seulement le respect de cette chose sacrée qu'on appelle le secret du foyer: c'est le noble espoir et la sainte ambition de rendre utiles et de sanctifier les épreuves et les souffrances de la vie conjugale.
Il n'ignore pas que la patience est pour l'âme une école de perfection morale, et qu'on est plus vaillant et plus fort, pour affronter les luttes de la vie publique, quand on s'est rendu maître de soi dans les luttes de la vie domestique. La famille
L AMOUR PATIENT ET DEVOUE
est en petit le monde où l'on rencontre mille passions adverses, et où Ton gagne toujours à souffrir, attendre et se taire.
Mais ne croyez pas, Messieurs, que l'amour chrétien se contente de cette perfection toute humaine. Il vise plus haut, sachant hien que le disciple d'un Dieu crucifié doit marcher sur ses traces et porter après lui sa croix. Sa croix, c'est le malheur d'être incompris, méconnu, rebuté, maltraité journellement par quelqu'un dont la vie est indissolublement unie à la sienne. Il Ta épousée, cette croix, il ne la répudiera pas, car elle est pour le temps présent un instrument de progrès et pour l'éternité une source de mérites. Il n'y a que le fol amour de la nature qui puisse espérer d'améliorer son sort en changeant d'épreuve. L'amour chrétien veut mourir là où il s'est attaché par un serment que Dieu a entendu, approuvé et scellé pour jamais.
Et puis, les natures ingrates ne sont pas toujours insensibles au spectacle de la vertu. La sagesse, la justice, la force, la douceur, la discrétion peuvent triompher enfin des caractères difficiles et des passions fâcheuses ; et, dans la vie commune la plus agitée par la contradiction, il se
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peut faire qu'un jour le cœur qui sait attendre et se taire soit payé de ses peines par le repentir et la tendresse reconnaissante du cœur qui l'aura fait souffrir. C'est le suprême espoir, la suprême ambition de l'amour que la grâce a rendu patient, et l'accomplissement de cette parole de nos Saints Livres: « La patience est parfaite dans ses œuvres : Patientia opus perfectum habet1. »
Messieurs, le perfectionnement de l'amour naturel dans la vie commune n'est pas achevé par la patience. Il ne suffit pas que les deux vies unies par le mariage se tiennent Tune auprès de l'autre, malgré ce qui tend à les séparer. Il faut encore qu'elles se pénètrent et deviennent, dans toute la force du terme, une vie commune. C'est l'œuvre du dévouement.
Le premier acte de l'amour est le choix, son second acte est l'expansion : l'amour donne ; car