‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 13 sur 90 · L AMOUR PATIENT ET DEVOUE · texte numérisé non relu

L AMOUR PATIENT ET DEVOUE

une existence qui lui est plus chère que sa propre vie. Elle surmonte héroïquement toutes les fatigues et tous les accablements, pour qu'on voie bien que, dans son cœur, « l'amour chrétien est fort comme la mort : Fortis ut mors dilectio1. » En réponse à ces dévouements, Messieurs, la grâce prépare le cœur du mari chrétien à des générosités dignes d'un maître à qui le Christ a voulu servir de modèle. Il n'a point compté sur les forces défaillantes de l'amour naturel: car, hélas! lorsque l'amour naturel s'est attiédi, dans le commerce journalier d'une vie h deux, il ne reste souvent d'un homme fortement épris, et tout en adoration, qu'un despote égoïste qui veut être servi et avoir toutes ses aises. Sur la fortune commune, il prélève la plus large part pour les besoins et les fantaisies de son auguste personne. S'il ne peut pas s'exempter du travail, il a bien soin de faire sentir qu'on lui doit tout et qu'il est le maître de donner à chacun ce qui lui plaît. Volontiers, il déserte le foyer pour aller à ses plaisirs, et se désintéresse de tout ce qui s'y passe, pourvu que rien ne lui manque à ses heures. Il donne

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