Prov., cap. xix
70 l'amour paternel et maternel
quand on s'imagine qu'elles sommeillent encore. Toute négligence de langage, de tenue, de conduite peut lui être funeste. Je vous ai déjà cité de belles et éloquentes paroles de la sagesse humaine à ce sujet, permettez-moi, Messieurs3 de vous les rappeler; elles sont ici à leur place : — « La nature le veut ainsi, dit un poète payen, les exemples domestiques corrompent plus vite et plus sûrement parce qu'ils viennent de grandes autorités... Souvenez-vous qu'on doit aux enfants le plus grand respect : Opère ! si tu prépares quelque chose de honteux , songe aux tendres années de ton fils; quand tu vas pécher, sois arrêté par sa présence... Misérable, tu crains que l'ami qui le visite ne voie les souillures de ton atrium et de ton portique, et tu ne penses pas que ton fils ne doit avoir sous les yeux qu'une maison sainte, sans tache, pure de tout vice '. » Admirables-
\. Sic natura jubet : velocius et citius nos
Corrumpunt vitiorum exempla domestica.magnis Cum subeunt animo auctoribus
Maxima debetur puero reverentia, si quid Turpe paras, ne tu pueri contempseris annos -r Sed peccaturo obsistat tibi filins infans.
maximes! Mais la grâce parle plus éloquemment que la sagesse humaine au cœur des parents chrétiens. Pour eux, l'enfant est plus que l'héritier de leur sang et de leurs vertus, c'est l'héritier du ciel où rien de souillé ne doit entrer1; c'est le frère des anges qui voient la face de Dieu et dénoncent à sa justice les corrupteurs des jeunes âmes- ; c'est un être tellement sacré qu'on ne peut faire le mal devant lui sans encourir la plus ter« rible des malédictions. « Malheur, dit le Christ, ami des enfants, malheur à celui qui scandalise ces chers petits ! Mieux vaudrait pour lui qu'on lui attachât une meule au cou, et qu'on le précipitât au fond de la mer3. » Sous le coup de cette
Ergo miser trépidas, ne stercore fœda canino Atria displiceant oculis venientis amici. Ne perfusa luto sit porticus ;
Illud non agitas, ut sanctam films omni Adspiciat sine labe domum, vitioque carentem ? (Juvenal. Satir. XIV.)
1. Sinite parvulos venire ad me... talium est enim regnum cœlorum. (Marc, cap. x, 24.)
2. Videte ne contemnatis unum ex his pusillis, quia angeli eorum semper vident faciem Patris mei. (Matth., cap. xviii, 10.)