‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 22 sur 90 · Qui scandalizaverit unum de pusillis istis, qui in · texte numérisé non relu

Qui scandalizaverit unum de pusillis istis, qui in

L AMOUR PATERNEL ET MATERNEL

menace, l'amour chrétien ne se contente pas d'éviter le mal. il s'applique à ne plus mettre sous les yeux des enfants que le parfait exemplaire de toutes les vertus.

Nous arrivons, Messieurs, au dernier terme de la direction imprimée par la grâce à l'amour paternel et à l'amour maternel. Préservés de l'illusion, de la faiblesse, de la négligence, ils doivent finalement s'unir dans une commune action. La famille chrétienne est un milieu ordonné où les lois de la hiérarchie sont respectées, et où les forces, selon leur dignité, concourent harmonieusement au même but. L'homme y est maître, mais non point avec cette autorité absolue qui prononce, tranche et décide de tout sans appel. La femme y est soumise, mais non pas clans une telle dépendance qu'elle n'ait le droit de faire entendre, et, quand il le faut, de faire prévaloir ses conseils. Aimable condescendance et sainte liberté , telles sont les deux conditions de cet accord dans l'amour, sans lequel le gouvernement domestique ne peut aboutir heureusement à ses fins.

me credunt, expedit ei ut suspendatur mola asinaria in colloejus. et demergatur in profundum maris. (lbidn6.)

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Triste gouvernement, en effet, que celui dans le quelle pèreetlamère, même lorsqu'ils sont animés

des meilleures intentions, aiment chacun à leur manière ; l'un et l'autre affichant des préférences qui n'ont souvent pas d'autre raison que le caprice; n'ayant jamais les mêmes vues, ne voulant jamais les mêmes choses, se donnant dans la direction des enfants de perpétuels démentis, déconsidérant ainsi l'autorité , partageant les cœurs , faussant les caractères, habituant les jeunes âmes à l'indécision et compromettant leur avenir.

Tout autre est le gouvernement domestique où se fait sentir l'action de la grâce. L'amour paternel et l'amour maternel, fondus en une seule et même affection, marchent de concert dans les mêmes desseins et les mêmes décisions. Toute mesure de prévoyance, de justice ou de clémence est prise d'un commun accord. Les commandements et les conseils ne se contredisent jamais, et de quelque coté que l'enfant se retourne, il rencontre partout l'ordre et la paix , parce que partout il se trouve en face de la même volonté. Il n'y a pas deux autorités dans la famille, mais une seule, imposant à tous et en toute occasion le respect et l'obéissance, unissant les cœurs par un

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harmonieux mélange de force et de douceur, consolidant les caractères par sa constante unité, apprenant aux âmes à vouloir fermement et sagement, et les conduisant, sans résistance et sans trouble, au noble et sublime but de l'éducation chrétienne. Si, pour atteindre ce but, les parents chrétiens ont besoin d'être aidés, l'accord qui unit leur amour dans une même action s'attache à leur enfant et le suit partout. Ils ne sont point, comme une foule d'honnêtes gens, empressés de se décharger sur des étrangers du fardeau de 1* éducation. S'ils sont obligés de prendre des auxiliaires, ces auxiliaires ne seront pas des remplaçants à qui l'on dit, pour se mettre à Taise : faites ce que vous pourrez, et quelquefois : faites ce que vous voudrez. L'amour chrétien choisit avec soin et surveille attentivement les éducateurs auxquels il confie une partie de sa tâche. Ces éducateurs doivent se mettre d'accord avec lui. Il se défie de ceux qui ont la prétention d'enseigner l'enfant sans contrôle, plus encore de ceux qui se taisent sur les vérités religieuses, sous prétexte que l'enseignement en est réservé à la famille. L'éducateur doit être le religieux continuateur des traditions du foyer, et l'école un lieu sacré où la sainte mission de

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l'amour chrétien n'est point interrompue par un silence impie. Le père et la mère, que la grâce unit dans une même sollicitude, n'abdiquent nulle part et jamais leur droit de surveillance et de contrôle, et ainsi l'enfant, où qu'il soit, se sent toujours enveloppé de la douce autorité de ceux qui l'aiment, jusqu'au jour où, maitre de lui-même et chef de famille à son tour, il continuera sur d'autres enfants les traditions de l'amour perfectionné par la grâce.

C'est à cet amour, Messieurs, que l'humanité chrétienne est redevable de ses plus vraies et de ses plus pures gloires. Si notre nature déchue, malgré les passions qui la tourmentent et les tentations qui l'assiègent, a pu s'élever, d'un vol hardi, au-dessus des régions déjà glorieuses de la vie morale où brillent les vertus qui font l'honnête homme, s'il s'est rencontré des âmes généreuses qui se sont fait un devoir et une habitude de pratiquer le bien jusqu'à l'héroïsme, si l'honnête homme, perfectionné par le chrétien, est tant de fois devenu le saint, nous le devons, moins à ces soudaines explosions de grâce et à ces prises de possession mystérieuses qui bouleversent les âmes, qu'au bienfait de l'éducation qui résulte

l'amour paternel et maternel.

d'un mariage chrétien. Le plus souvent, et selon Tordre habituel de la Providence, quand on remonte auxorigines des vies saintes, on y rencontre l'amour paternel et l'amour maternel éclairés et dirigés par la grâce de Dieu. Le Concile de Trente a bien dit : — La grâce du sacrement de mariage perfectionne l'amour naturel, aussi bien dans le cœur des parents que dans le cœur des époux : Gratia perficît amorem naturalem.

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