I. Heg., cap. xv
Messieurs, je n'aurai pas la peine de chercher bien loin la conclusion de ce lugubre enseignement. Vous l'avez déjà tirée vous-mêmes ; elle se résume en un seul mot : — détachement. Puisque la mort est la plus universelle des séparations, séparons-nous, dès maintenant et de plein gré, de tout ce qu'elle pourrait nous enlever un jour malgré nous : « Le temps de la vie est court, dit l'Apôtre : Tempus brève est. Nous n'avons qu'une chose à faire, nous détacher : aimer sans laisser prendre notre cœur : Reliquum est qui habent uxores, tanquam non habentes sint; pleurer sans nous désoler : et qui fient, tanquam non fientes ; nous réjouir sans tenir à la joie : et qui gaudent, tanquam non gaudentes ; acquérir sans vouloir posséder : et qui emunt, tanquam non possidentes ; user de ce monde comme n'en n'usant pas : et qui utuntur hoc mundo, tanquam non utantur1. » Les séparations de la mort ne sont un châtiment que pour ceux qui s'abandonnent à de coupables attachements. Ceux qui gardent leur cœur et leurs affections pour les meilleurs biens d'un autre monde ne peuvent pas être châtiés. Ils