‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 54 sur 90 · Luc, cap. xii · texte numérisé non relu

Luc, cap. xii

sembla autour de lui une des plus grandes armées qu'ont ait jamais vues. Assis sur le penchant d'une colline, et voyant s'agiter à ses pieds cette foule immense de guerriers, il se mit à pleurer. Xercès n'était pas tendre, ses courtisans le savaient ; ils osèrent demander pourquoi pleurait le plus grand, le plus honoré, le plus heureux des rois. — Je pleure, dit le superbe monarque, parce que, dans quelques années, il ne restera pas un seul homme de tous ceux que vous voyez ; et comme ils ne seront plus pour moi, je ne serai plus pour eux. Xercès avait vu la mort au milieu de tous ces vivants.

Je la vois comme lui, Messieurs, et, comme lui, j'ai le cœur navré et je pleure. Dans quelques années, de toute cette grande assemblée il ne restera plus un seul homme. D'autres générations rempliront cette église, si les destins Font épargnée ; et une autre voix que la mienne se fera entendre. — Mais Dieu! qui sait'?... Peut-être que dans quelques jours, quand j'appellerai l'un de vous du regard, il ne me répondra que par son éternelle absence. Dieu veuille qu'il n'ait pas été surpris dans l'oubli de la dernière heure et l'impénitence de ses péchés, et que, près de son lit

funèbre, on ait pu dire sans mentir : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur : Beati mortui qui in Domino moriuntur1. »

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