Gènes., cap. IV
pentir par un commencement d'amour de Dieu ; le pénitent de la dernière heure est tout à la crainte, non pas à la crainte de perdre le souverain bien, mais à la crainte d'être puni éternellement : Crainte basse et servile qui. selon la remarque de saint Augustin, ne l'empêcherait pas de pécher s'il pouvait en être délivré '. — Un vrai pénitent doit haïr le péché, parce que c'est le souverain mal ; le pénitent de la dernière heure ne hait le péché qu'à cause des peines qui le châtient. — Un vrai pénitent doit regretter l'offense faite par le .péché à l'infinie bonté de Dieu ; le pénitent de ;la dernière heure regrette de s'être mis dans le mauvais cas de passer par les verges de sa justice. — Un vrai pénitent se détache spontanément du péché et de toute affection au péché; le pénitent de la dernière heure subit, plutôt qu'il ne l'accepte, le coup mortel qui rompt ses liens. Ce n'est pas lui qui quitte le péché, c'est le péché qui le quitte : « Si vis agere pœnitentiam quando jam peccare non potes, peccata te dimiserunt. non tu Ma'2. » Il veut bien condamner