QUATRIEME INSTRUCTION
Messieurs
Il est impossible qu'un chrétien médite sérieusement les leçons de la mort sans prendre la résolution de ne pas attendre la dernière heure, pour mettre ordre aux affaires de sa conscience. Le désolant spectacle de l'impuissance où se trouvent les retardataires, quand il s'agit de profiter des derniers instants' sur lesquels ils ont si imprudemment compté, rappelle trop vivement la menace du Sauveur : « Quœretis me et in peccato zestro moriemini : Vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché, » pour que nous n'en .soyons pas effrayés. Non, non, mon Dieu, ce n'est
pas ainsi que nous voulons mourir. « Faites que notre âme s'endorme de la mort des justes : Aforiatur anima, nostra morte justorum '. »
Cette mort des justes, Messieurs, c'est la mort chrétienne, la seule qui puisse nous sauver de l'éternel naufrage et nous ouvrir les portes de l'éternité bienheureuse. Les lugubres et sévères vérités que vous avez entendues vous ont disposés à la désirer ; il ne me reste plus qu'à vous la mettre sous les yeux, pour régler ce désir et l'affermir dans vos cœurs. Ecoutez donc religieusement, je vous en prie, le développement de ces deux pensées : — La mort chrétienne est une mort attendue et préparée ; — la mort chrétienne est une mort consolée.