Num., cap. xxiii
Dieu nous a fait dire qu'i) attendait de nous un grand acte de sagesse : penser à la mort et nous y préparer : Utinsan sapèrent et intelligerent, et novissima, providerent1. Combien de gens répondent à ce désir divin par un acte de folie, qui consiste à écarter autant que possible le souvenir de la mort. Tous ne sont pas de ces pécheurs déterminés qui ont résolu de ne point troubler leurs jouissances par la pensée qu'elles doivent finir un jour. La plupart obéissent à la légèreté mondaine, naturellement avide de joies et ennemie des considérations attristantes, ou à je ne sais quelle crainte superstitieuse et ridicule qui leur persuade qu'on ne peut penser à la mort sans l'inviter à venir et hâter ses approches. Ils ne veulent lire aucun livre où Ton traite sérieusement de la fin de l'homme, n'entendre aucune parole qui la leur rappelle, et les spectacles de mort qu'ils ne peuvent éviter les