Luc , cap. xir, 40. — Mat th., cap. xxiv
l'Evangile et il se prépare. Le moins qu'il puisse faire, dans les commeneements encore imparfaits de ses laborieuses veilles, c'est de sortir promptement du sommeil qui, parfois, vient le surprendre. Les serviteurs négligents s'y abandonnent et dorment de longues heures, au risque d'être subitement réveillés par un coup brutal, sans avoir le temps de se reconnaître. Le chrétien, préoccupé de la pensée de la mort, est réveillé par ce mystérieux aiguillon. Le péché, s'il a le malheur de le commettre, n'est dans sa vie qu'un assoupissement qui bientôt se dissipe. Il n'attend pas d'une année à l'autre pour se repentir, et mettre ordre aux affaires de sa conscience; mais, importuné du se sentir pécheur, craignant de mourir dans la disgrâce de Dieu, il s'empresse de lui demander pardon et d'affermir autour de ses reins la robuste ceinture de la pénitence, afin de se tenir en éveil. Je viens de vous le dire, Messieurs, revenir promptement de l'assoupissement du péché au réveil de la grâce, c'est le moins que puisse faire le chrétien qui pense à la mort. En se familiarisant davantage avec cette pensée, il parvient à rendre sa préparation plus parfaite. Non seulement il se détache petit à petit de tout ce que la mort doit
lui ravir, et la considération dont il jouit, ses biens, ses joies, ses affections ont, de jour en jour, moins d'empire sur son cœur; mais il s'applique à purifier ses œuvres et se hâte de remplir sa vie des mérites qu'il doit emporter avec lui.
« Marchez, dit le Seigneur, pendant que vous avez la lumière. Ambulate dùm lucem habetis*. » — La lumière du chrétien c'est une raison droite2 et une conscience pure éclairées par la foi, c'est une vue plus claire de Dieu et de ses perfections, une intelligence plus profonde de ses œuvres et de ses bienfaits, un reflet des mystères auxquels nous devons notre régénération spirituelle et notre sanctification, dans la manière de comprendre et d'apprécier toutes choses. — La lumière du chrétien c'est la sainte loi de Dieu : a Loi lumineuse qui éclaire les yeux de la conscience3, rend plus certains et plus fermes ses jugements, lui montre des devoirs ignorés de la nature, et lui découvre