‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 68 sur 90 · Joan., cap. xn · texte numérisé non relu

Joan., cap. xn

2. Lucernas habeamus ardentes, scilicet conceptum mentis jugiter in anima micantem, quo nos illustramus. (Theophilact. in caten. aurea.)

3. Prasceptum Domini lucidum illuminans oculos. (Psalm. XVIII.)

l'admirable perspective des vertus et de la perfection que nous pouvons acquérir avec l'aide de la grâce. » — La lumière du chrétien, c'est la prière qui fait descendre du ciel les conseils et les généreuses inspirations dont nous avons besoin, pour éviter les dangers et triompher des obstacles qui se rencontrent journellement dans le voyage, le travail, le combat de la vie. — Mais, par-dessus tout, Messieurs, la lumière du chrétien, c'est la continuelle et salutaire pensée de la mort qu'il attend et à laquelle il veut être préparé.

Tout ce qu'il fait doit passer au contiôle de cette question : Comment agirais-je si je devais mourir à l'instant ? — C'est-à-dire : devant une mort imminente, comment conduirais-je cette affaire où mon habileté m'assurerait un gros intérêt ? Pourrais-je accepter cette situation, à la fois avantageuse et honorable, qui m'est offerte ? Voudrais-je satisfaire ce désir qui me tourmente? Oserais-je me livrer à ce plaisir qui me tente? Quel usage ferais-je de cette chose à laquelle je me sens trop attaché ? Comment réglerais- je mes rapports avec le prochain ? Et, surtout, comment accomplirais-je mes devoirs envers Dieu? — Graves et solennelles questions, auxquelles doivent

répondre infailliblement la parfaite justice, la scrupuleuse délicatesse, la modeste réserve, les courageux renoncements, l'austère tempérance, la bienveillante charité, la religieuse ferveur.

Telles sont, Messieurs, les préparations du chrétien. N'y reconnaissez-vous pas l'accomplissement de ce précepte du Sauveur : « Vous qui attendez, ceignez vos reins, et prenez dans vos mains des lampes ardentes : Sint lumbi vestri pveecineti, et lucernfe ardentes in manibus vestris1. »

Préparé par une vigilance active, laborieuse et sanctifiante, le chrétien voit se transformer la crainte respectueuse de ses premières veilles en une généreuse impatience. Non seulement il attend la mort, mais il la désire, car il voit venir derrière elle le maître bien-aimé pour lequel il a veillé. Avec l'amoureux saint Bernard il s'écrie : « Mille fois je te désire, ô mon Sauveur; quand viendras- tu réjouir mon cœur? Quand viendrastu me rassasier de toi ?

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