‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 74 sur 90 · CINQUIÈME INSTRUCTION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME INSTRUCTION

Ero mors tua, o mors.

Je serai ta mort, ô mort.

(Ose., cap. xm, 14.)

Monseigneur, Messieurs.

Pendant cette semaine la mort nous a donné, chaque jour, ses leçons. Elles sont toutes graves et importantes, puisqu'elles ont pour but et pour effet de nous inspirer l'horreur du péché, de nous détacher des biens, des plaisirs et des joies de ce monde, de nous tenir en éveil, de nous rendre prévoyants et diligents dans la grande affaire de notre salut, enfin, d'affermir en nos âmes le pieux désir de quitter cette vie par la porte de justice

qui s'ouvre sur la bienheureuse éternité. Toutefois, Messieurs, je ne voudrais pas que ces austères enseignements laissassent dans vos cœurs une impression de tristesse troublante; c'est pourquoi je viens vous prier, ce soir, d'oublier les humiliantes victoires de la mort sur notre nature déchue pour contempler son vainqueur.

C'est une fête de mort que l'Eglise célèbre aujourd'hui, mais, en même temps, c'est une fête de vie. Pour la fête de mort, je vous ai demandé, plus d'une fois, des douleurs et des larmes; pour la fête de vie, je vous demande de la joie. Eh, quoi! de la joie, quand l'Eglise est en deuil? De la joie en présence de la croix, de la chair déchirée du Sauveur, du sang qui inonde le Calvaire ? — Oui, Messieurs, de la joie, car la mort du Christ est une victoire; il meurt pour tuer la mort, selon cette parole du prophète : Ero mors tua, o mors ! Et l'Eglise chantant ce mystère dans sa liturgie s'écrie : « En mourant il a détruit notre mort : Mortem nostram moriendo destruxit1. — O grand ouvrage d'un pieux amour! La mort est morte à l'instant même où celui qui est la vie ex-

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