I. Cor., cap. xv
péché : Vse nobls quia peccavimus ! Malheur à nous ! car nous avons livré notre âme en pâture à la mort. Elle est là. Nous ne la voyons pas, parce que notre corps reste le même, et que l'immortelle substance de notre âme n'est pas entamée ; mais elle triomphe sur des ruines. L'horrible difformité d'une âme privée de l'incomparable beauté que lui donnait la grâce de Dieu ; l'humiliation d'un être fait pour régner sur le monde, et ravalé, par les troubles de sa raison et l'esclavage de son libre arbitre, jusqu'à la condition des êtres inférieurs qui n'ont pas d'autre fin que la jouissance; la stérilité surnaturelle d'une noble et féconde nature condamnée à ne plus produire que des œuvres inutiles ; est-ce que tout cela n'est pas la mort? Oh ! oui, la mort est dans l'âme du pécheur, et de l'âme elle passe au corps ; car c'est encore un dogme de foi que notre corps façonné par Dieu n'était pas fait pour mourir. Mais, « comme le péché, dit l'Apôtre, est entré dans le monde par un seul homme, avec lui la mort est entrée : Slcut perunum hominem peccatum inhunc mundum intravit, et per peccatum mors; et la mort a passé, passe, et passera dans tous les misérables rejetons d'un père prévaricateur : etita in omnes
ï/; VAINQUEUR DE LA MORT.
homines mors pertransiit, in quo omnes pecca,-
verunt1. »
Enfin, Messieurs, c'est un dogme de foi que « le Christ s'est sacrifié pour nous délivrer de toute iniquité : Qui dédit semetipsum pro nobis, ut nos redimeretab omni iniquitate- ; — qu'il est mort pour nos péchés : Christus mortuus est pro peccatis nostris3 ; qu'il a cloué avec lui sur la croix le décret vengeur qui nous condamnait à la mort éternelle, châtiment du péché ; qu'il Ta effacé avec son sang-4. » Bref, Messieurs, c'est un dogme de foi que le Christ s'est servi de la mort, fille du péché, pour détruire le péché : Mortem nostram moriendo destruxit.
Le péché ne pouvait-il donc pas être détruit d'une autre façon? — Non, Messieurs. — Sans doute nous pouvons supposer un état dans lequel la nature, réduite à ses propres forces, aurait pu, avec l'aide d'un secours naturel de Dieu, réparer