‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 86 sur 90 · Ezcch., cap. xxxvn · texte numérisé non relu

Ezcch., cap. xxxvn

0 mort î fais ce que tu voudras de nos cadavres : Corromps, divise, disperse, réduis notre chair à néant ; tout cela n'aura qu'un temps. Un jour l'humanité radieuse du Sauveur jettera comme un coup de soleil dans le chaos où seront mêlés nos éléments humiliés ; sa vivifiante chaleur les rassemblera pour les configurer à sa propre clarté : « Reformabit corpus humilitatis nostrœ, configuratum corpori claritatis su*1. » Qu'importe que l'humiliation ait duré des siècles, puisque notre nouvelle vie ne doit jamais finir; les siècles ne sont rien devant l'éternité. Cette éternité nous la remplirons d'un seul et même cri de triomphe, qui remerciera le vainqueur de la mort d'avoir si bien accompli l'oracle : Ero mors tua, o mors! Non seulement la mort est vaincue, mais il n'y a plus de mort : Mors ultra non erit2.

N'avais-je pas raison, Messieurs, de dire en commençant que la mort du Sauveur est un mystère de joie dans lequel notre nature infirme et mortelle trouve un réconfort et une leçon de vaillance? Le Christ, vainqueur de la mort, nous

•1. Philipp.. cap. in, 2. Apoc. cap. xxi. '.

LE Y.UNQl'ElU DE LA MOUT. 263

apprend à ne plus craindre ni les suites éternelles du péché, ni les humiliations posthumes auxquelles notre chair est condamnée, ni la destruction irrémédiable de cette moitié de nous-mêmes par laquelle se complète notre vie d'homme. Mais il est bien entendu que pour ne plus craindre nous devons nous unir d'esprit, de cœur et d'action à la passion et à la mort de notre Sauveur, y chercher tous les jours la grâce qui nous fait mourir au péché, le courage du sacrifice, pour y trouver la gloire éternelle de la résurrection : « Si corapatimur ut et conglorificemur . *>

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