‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 87 sur 90 · SAINT JOUR DE PAQUES ALLOCUTION · texte numérisé non relu

SAINT JOUR DE PAQUES ALLOCUTION

Tu, devicto mortis aculeo, apîruisti credentibus régna cœlorum.

Messieurs,

Je vous ai parlé, ces jours derniers, du vainqueur de la mort. Vous l'avez vu dans le mystère de la croix se servir de la mort pour détruire le péché, employer la plus grande de toutes les humiliations à la glorieuse action qui lui a valu le titre de Rédempteur, blesser irrémédiablement l'ennemie du genre humain , la condamner à disparaître, l'absorber dans la victoire qu'il lui a permise sur sa chair adorable. Bien que l'Eglise fût en deuil, je vous ai invités à la joie; mais cette joie ne pouvait pas faire explosion sur les tristes 'sommets du

Golgotha. Aujourd'hui, près du sépulcre vide d'où le Christ est sorti plein de vie, c'est l'Église ellemême qui vous invite à une triomphante allégresse. « Voici le grand jour que le Seigneur a fait, dit-elle, exultons, réjouissons-nous, gloire à Dieu î Hsec dies quant fecit Dominus, exultemus et lœtemur in ea; alléluia1 ! »

Grand jour, en effet, Messieurs, que celui dans lequel le Sauveur confirme par sa résurrection les promesses dévie qu'il est venu apporter au monde. Nous avions besoin d'en voir l'accomplissement dans sa personne, dit l'Apôtre ; car, sans la résurrection du Sauveur, notre foi serait vaine"2. Le Christ ressuscite;... toutes les lumières qu'il a projetées par son enseignement sur la vie future deviennent pour nous si vives que notre foi prend en quelque sorte possession des siècles éternels. La science prétend nous interdire les espérances d*)utre-tombe ; mais quelle triomphante réponse du chrétien à cet ironique défi qu'elle nous porte : « On n'a jamais constaté un fait de vie après la

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