Psal. CXVII
2. Si Christus non resurrexit, vana est fides vestra. (I. Cor., cap. xv. I LJ
mort! » — Ce n'est pas vrai. — Un homme est mort, il y a près de dix-neuf siècles, non pas d'un accident vulgaire dont on peut contester la gravité, mais au milieu des plus horribles tourments qu'ait pu inventer la rage des bourreaux. Après son dernier soupir, on a fouillé son cœur pour en tirer ce qui restait de sang. — Il est mort, bien mort ; non pas dans un coin obscur, propice à la fraude et au mensonge, mais en plein air, au sommet d'une colline, cloué sur un gibet où tout un peuple a pu le voir. — Il est mort d'une mort publique et juridiquement constatée. — Il est mort et sa tombe a été mise sous scellés et gardée par des soldats. — Eh bien, ce mort, on Ta vu vivant. Ceux qui le pleuraient ont tressailli de joie en le voyant apparaître au milieu d'eux, et en l'entendant dire : « Paix à vous ! Pax vobis !
Il s'est assis à leur table ; il a rompu le pain avec eux; il leur a montré les cicatrices de ses plaies ; il s'est laissé toucher pour vaincre leur incrédulité ; il leur a donné de vive voix le complément de sa doctrine ; à plus de cinq cents, à la fois, il est apparu dans les champs de la Galilée; on l'a vu quitter la terre et consommer par une ascension glorieuse le mystère que vous venez de rappeler
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tout à l'heure en chantant avec l'Eglise : « O Christ tu as vaincu la mort, et ouvert aux croyants le royaume des cieux : Tu, devicto Jrtis aculeo, apemisti credentibus régna cœ-
La nouvelle de ce fait de vie après la mort se répand dans le monde, non par les timides confidences d'une secte superstitieuse qui tient a se cacher, mais par des témoignages pubhcs dont retentissent les tribunaux. « Ce que nous avons vu nous l'attestons, » disent les apôtres : « Quod < vidimus tester'. » On a beau les menacer, les frapper, les emprisonner; ils ne cessent pas de proclamer hardiment le fait de vie qu fis ont vu ; L le proclameront jusque sous la hache aes bourreaux - Qu'on s'étonne après cela du merveilleux renouveau qui ranime les espérances du „enre humain troublées et découragées par les illusions, les chimères, les doutes, les négations de la raison. Le Christ nous a promis la vie éternelles vainqueur de la mort, .1 nous précède et
mus. (Act, cap. m, 15.)
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nous appelle aux régions bienheureuses vers lesquelles aspire notre nature.
Ce fait de vie posthume, constaté il y a dix-huit cents ans, est pour nous autres croyants une sûre garantie de notre éternel avenir. Mais il est un autre fait de vie dont notre foi peut s'emparer encore pour affermir et exalter nos espérances. Nous n'irons pas le chercher au loin ; il est ici ; en ce moment, c'est lui qui vous fait tressaillir. Tout à l'heure le Christ ressuscité , glorieux et immortel, quittant nos mains sacerdotales est entré clans vos âmes sous le voile du sacrement. Il est entré, non seulement pour que vous aviez l'honneur et la joie de recevoir un si grand hôte, mais pour que vous le mangiez, pour que vous vous assimiliez sa vie divine, réellement et substantiellement contenue dans l'Eucharistie. « Je suis le pain de vie, a-t-il dit, qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et je demeure en lui ; qui me mange vivra par moi '. »
Or, Messieurs, je vous le demande, serait il
1. Qui manducat meam carnem, et bibet meum sanguinem, in me manet et ego in illo — et qui manducat me et ipse vivet propter me. (Joan., cap. vi, 57-J^.i
possible de comprendre cette union vitale d'un Dieu avec notre nature, si tout y était mortel ? Pouvons-nous croire que la sagesse divine ait imaginé un sacrement si auguste et si saint, pour se donner le plaisir de mieux insulter à notre misère ? Oh non, mon Sauveur! Je crois à la promesse que vous nous avez faite : — « Quiconque mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour1. » — Vainqueur de la mort, vous venez la poursuivre jusque dans les derniers replis de notre être où elle se cache. Grand vivant que la communion fait entrer en nous, votre pénétrante vertu ramène à leur centre divin les facultés de notre âme troublées par le péché, remet en ordre notre organisme spirituel désemparé et lui restitue ses fonctions normales. Pain de vie, vous nous fortifiez contre les périls de la tentation, et vous augmentez en nous la grâce, afin que nous devenions plus dignes de la gloire éternelle. Ferment d'immortalité, vous rendez notre âme si vivante que ce
1 . Qui manducat meam carnem et bibit meura sanguine m, habet vitam seternam : et ego resuscitabo eum in nuvissimo die. (Joan.,cap. vi. 55.)
qu'elle reçoit de vous déborde et rejaillit sur chacun des éléments qu'elle anime ; vous pénétre/, notre chair et, sans la soustraire à l'inévitable loi de la mort, vous donnez à chacun de ses atomes une empreinte qui les prépare à la résurrection. Avec plus de foi et de confiance qu'auprès de votre tombe déserte, nous pouvons chanter le mystère de l'union eucharistique : « Tu, devicto mortis aculeo,aperuisti credentibus régna cœlorum. » Jouissez, Messieurs, de l'honneur, des joies et des grâces de votre union avec la vie divine, et enivrez- vous du sentiment de votre immortalité. Mais dans cette fête intime, ne soyez pas égoïstes ; souvenez-vous, je vous en prie, de tous les misérables mortels qui vivent dans l'oubli ou la méconnaissance de leurs destinées éternelles. En faisant leur propre malheur, ils sont un danger pour le monde. Demandez au soleil de vie qui vous éclaire de dissiper les ombres de mort dont ils sont enveloppés, et de leur ouvrir, par les lumières de la foi, le royaume des cieux où je vous donne rendez-vous. — Ainsi soit-il.