‹ Retraites pascales (volume 5)Chapitre 9 sur 90 · Summ. Theol, Ia, IIa% P», quœst · texte numérisé non relu

Summ. Theol, Ia, IIa% P», quœst

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gieuses dispositions, possède une vertu préventive qui donne à l'amour conjugal la force de contenir l'explosion des sentiments, passions et défauts capables de troubler la vie commune. Si toutes les crises ne sont pas conjurées, elle peuvent être, du moins, considérablement atténuées.

Cependant, Dieu, qui veut conduire les âmes à la perfection par la voie de l'épreuve, permet souvent que la nature, indocile ou infidèle à la grâce, s'affranchisse des contraintes qui la gênent et fasse peser douloureusement, d'une âme sur une autre âme, le fardeau de ses imperfections et de ses vices. C'est pourquoi nous voyons des mariages chrétiens, et même des mariages de saints, dans lesquels la vie commune n'est qu'une longue et triste série de contradictions et de souffrances. Les maris violents, légers ou libertins, les femmes difficiles, capricieuses et acariâtres semblent y avoir reçu la diabolique mission de décourager les affections les plus solides; mais ils ne font que démontrer la vertu perfective de la grâce sacramentelle qui fait de l'amour chrétien un amour patient.

Tandis que l'amour naturel se laisse entamer et quelquefois retourner par la contradiction, l'a-

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mour chrétien consent à l'endurer. La grâce qui le pénètre et raffermit le retient auprès de la nature ingrate dont les épines le déchirent et lui dit : ce Esto fidelis usque ad mortem1 : Sois fidèle jusqu'à la mort. » C'est par la patience que s'exerce et que s'exprime sa fidélité.

Or, Messieurs, dans les crises de la vie commune, la patience est une vertu complexe faite de sagesse, de justice, de force, de douceur, de discrétion, de nobles espérances et de saintes ambitions.

L'amour chrétien éclairé par la grâce ne se laisse point aller au rêve chimérique d'un bonheur sans nuage. 11 sait que, si l'on entre dans la vie conjugale avec le mutuel devoir de se rendre heureux, on y apporte aussi tout ce qu'il faut pour se faire souffrir. Après avoir joui des premières effusions d'une affection toute jeune, il attend le réveil des défauts qui ne sont qu'endormis, et il n'est point surpris de voir qu'une nature imparfaite manifeste ses imperfections. Obligé de sacrifier quelquesunes de ses illusions, il peut sentir diminuer en lui la tendresse expansive, un peu trop voisine de

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