Cf. Summ. TheoL, I, II P., qusest. 24, a. 2, c
vraie de notre saint Thomas. Il va à la source des passions, suit leur évolution et, finalement, écarte de leur notion propre et absolue toute idée noire et odieuse ^ « La passion est un mouvement : Passio est motus. » Ce mouvement se produit non dans les régions calmes et sereines de Fintelligence et de la volonté, mais dans la région mobile et impressionnable des instincts et des appétits, à cet endroit mystérieux où l'âme confine la chair, où ces deux choses si contraires, la matière et l'esprit, s'épousent pour agir d'une commune action : « la passion est un mouvement de l'appétit sensitif. Passio est motus appetitus sensitivi, » Mais comment se produit ce mouvement? De lui-même? — Non. (( Il faut qu'il soit provoqué par les vives images du bien ou du mal : Ad im^aginem boni vel mali. » Provoquée par le bien^ la passion est amour, désir ou joie; provoquée par le mal, elle devient haine, répugnance ou tristesse. Si le bien est difficile ou impossible à obtenir, la passion est espérance ou désespoir; si le mal est terrible, imminent, inévitable, elle devient audace, crainte et colère. Quand elle s'éveille, toute notre nature est