Cf. Summ. Theol., I, II P., quscst. 22 et
ébranlée. Non seulement la raison attentive doit suivre ses mouvements, non seulement la liberté sollicitée doit aider son choix, mais la matière, facile aux impressions, se sent émue, agitée, inquiète, troul)lée et doit subir un mystérieux changement. En définitive , Messieurs, « la passion, selon sa notion propre et absolue, est un mouvement des facultés ou appétits sensitifs de la nature humaine, provoqué par les images du bien ou du mal et accompagné d'un certain ébranlement, ou, si vous l'aimez mieux, d'une certaine transmutation de la matière. Passio est motvs appetitits sensitivi, ad hnaginem boni vel niali, cum quadam transmutatione corporali. » — Ainsi parle la scolastique, et, tout bien considéré, la scolastique a raison.
Ecartons, je vous prie, toute idée de fatalité; elle n'est point contenue dans la notion propre des passions. La passion est un mouvement de la nature, et, lors même qu'elle appète un bien ou repousse un mal, on ne peut qualifier moralement son acte qu'après avoir considéré l'attitude de la raison et de la volonté^ Déterminer, d'une ma-