PÈLERINAGE A PARAY-LE-MOMAL
qu'es-tu devenue depuis un siècle? Que de crimes et d'attentats contre la sainte Eglise ! que de sacrilèges et de blasphèmes ! Qu'es-tu devenue, surtout ô Paris, toi dont nous sommes ici les représentants? ïu étais si belle jadis avec tes savantes écoles où l'on venait de tous les points du monde apprendre la sainte doctrine ! et voilà qu'aujourd'hui tu vomis sur le monde par les mille voix de la presse les doctrines les plus impies, les plus blasphématoires, préchant partout le mépris des choses saintes, la haine de l'Église et du sacerdoce, lanégation même de Dieu ! Tu étais si riche de vertus, avec tes nombreuses communautés qui étaient autant de pépinières de saints! et voilà qu'aujourd'hui tues devenue l'école du vice par tes maisons de débauche, les spectacles lubriques, tes danses immondes, tes parures obscènes^ tes mille moyens de séduction qui pervertissent la jeunesse, dépravent ïàge mûr, rapetissent les caractères et eiîacent dans les âmes jusqu'aux notions du devoir et de la morale. Et n'est-ce pas toi aussi, qui, soufflant partout le vent des révolutions, jettes Tanxiété dans les càmes^ l'inquiétude dans les esprits, et mets en un péril journalierl'ordre, la société, la religion ? N'est-ce pas toi qui, comme Jérusalem, as tué tes prophètes et Aersé le sang du juste ; comme Babylone, as enivré la terre du vice de tes prostitutions, et mérité que les anges fassent entendre sur tes ruines le terrible cantique : Ceciditxecidit Bahylon illa macjna ? A tant d'offenses, mes frères, vous le comprenez, il
RETRAITE PAST. — Il 29
faudrait une réparation immense comme le monde ^ profonde comme les abîmes. Le moins que nous puissions faire, c'est de nous prosterner devant le Cœur adorable de Jésus, et de lui dire avec un sentiment de regret et de pénitence : I?i spiritu humilitatis et in anima contrito :VdiV&on^6 Cœur sacré ! on vous a oublié, négligé ; désormais nous nous souviendrons de vous, nous remettrons votre culte en honneur, et que notre main droite se dessèche, que notre langue s'attache à notre palais, si jamais nous vousoublions,si nous ne vous plaçons au premier rang dans nos souvenirs et nos pensées ! On vous a offensé, outragé : désormais nous vous glorifierons, nous vous bénirons, nous vous exalterons, et laisserons notre bannière plantée devant votre autel pour y être de jour et de nuit l'étendard de notre dévouement à votre service. 0 Cœur sacré, on a osé nier votre divinité, nier même votre existence et vous ranger parmi les mythes de la Fable : nous protestons contre ces énormités, nous vous rendrons désormais tous les hommages dus à Dieu même ; nous faisons acte de foi en vous à la face du ciel et de la terre, nous vous adorons et croyons en vous parce que vous êtes celui qui a dit : Ego sum Veritas ; nous nous confions en vous parce que comme Cœur de Dieu vous êtes infiniment bienfaisant; nous vous aimons de tout notre cœur,par-dessus toutes choses, parce que comme Cœur de Dieu vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, infiniment aimant ; et puissions-nous vous aimer