NÉCESSITÉ DE L ORAISON
tionum pons et tribidationum interpositus parifs. ÎII. Enfin, la sainteté de Tétat ecclésiastique nous fait une loi de la pratique habituelle de l'oraison: un prêtre doit être un saint, puisque le précepte imposé à tous les lidèles, sancti €stote,perfecti estote, pèse à plus forte raison sur lui ; il doit être un saint d'une sainteté éminente, puisque saint Chrysostome lui crie : Necesse estsacerdotem sic esse piirum ut si in ipsis cœlis coUocatus inter cœlestes virtutes médius star et, et que toute la tradition lui répète : Tantum a lits excellere dehemus merito quantum ipsos pjrœstamus dignitate. Il doit être saint d'une sainteté toujours croissante^, puisque les grâces nouvelles qu'il reçoit chaque jour demandent chaque jour des vertus nouvelles, et que c'est d'ailleurs une vérité convertie en axiome, que ne pas avancer,c'est reculer: Non progredi regrediest; enfin, il doit être saint d'une sainteté si frappante, qu'elle gagne et convertisse les autres, pu isqu'on n'est point prêtre pour soi, mais pour autrui; et qu'un prêtre, par son caractère seul, doit être sauveur des âmes : or sans la pratique habituelle de l'oraison point de sainteté. «Si je n'eusse fait. Seigneur, dit le prophète, ma méditation habituelle de votre loi, 'étais perdu ; jamais je ne cesserai de méditer vos ustices, parce que c'est là pour moi le canal de a vie : Nisi quod lex tua meditatio mea est, tune forte, periissem in hùmilitate mea; in œternum non ohlimscar justiflcationes tuas, quia in ipsis vivificasti me. Et, en effet, quand on ne réfléchit pas sou-
vent sur les grandes vérités de la Religion, on finit par n'en avoir plus qu'une foi morte et languissante qui n'influe en rien sur les sentiments et la conduite ; quand on ne réfléchit pas souvent sur ses devoirs, on n'en sent plus Fimportance et on les néglige; quand on ne rentre pas souvent en soi-même, on s'aveugle et on ne se connaît point, et de là point d'humilité, point de mortification, on n'en comprend même pas la raison ; de là la grande plainte du prophète : Desolatione desolata est terra ^ quia ludlus e>t qui recogitet corde. Et si sans oraison il n"est point de sainteté commune, à plus forte raison point de sainteté éminente : « Il faudrait pour cela un miracle, dit Gerson : Absque meditationis exercitio nullus, secluso miraculo^ ad rectissimam reliçjionis normam attingit. » Point de sainteté toujours croissante en proportion des grâces : Frustra^ dit saint 'QoneiXenXwvQ.profectus virtutujn sineoratione speratur. Point de sainteté qui gagne et convertisse les autres ; car, disait saint Vincent, « si un prêtre d'oraison est bon à tout, un prêtre sans la pratique habituelle de l'oraison est un sel afladi qui n'est bon à rien ».
Résolutions: 1° D'être tous les jours de cette vie singulièrement fidèle à faire l'oraison; 2° de la faire dès le grand matin pour n'y être pas troublé par les fonctions du ministère, et de ne jamais remettre le bréviaire du soir au matin, de peur qu'il ne prenne la place de Foraison : 3° d'y apporter la préparation éloignée qui consiste dans le recueille-