OMNIA MEA TLA SUNT
Le père ne relève pas rimpertinence; il se contente de dire : « Mon fils, mais entre nous tout est commun : Omnia mea tua sant ; je ne t'ai rien donné, tu pouvais prendre. Ton frère revient : je le croyais perdu, il est retrouvé ; mort, il est ressuscité, comment ne pas le fêter ! » C'est la leçon de ce très beau mot Omnia mea tua sant que Dieu adresse à chacune de vos âmes, que je voudrais commenter en ce dernier entretien de retraite.
Je ne l'épuiserai pas, car elle est immense.
D'abord, il est très vrai que les facilités du repentir, je " puis ajouter les consolations sensibles qui l'accompagnent souvent ont je ne sais quoi d'incroyable, qui fait que certaines âmes, toujours demeurées debout, s'indignent : elles trouvent, dirait-on, que Dieu ne met pas le prix convenable à la réconciliation. Allons donc ! c'est ne pas savoir de quel esprit l'on est, quand au contraire il faudrait s'abîmer dans l'admiration de la beauté d'une religion qui accueille à la table du même festin les prodigues à qui tout est rendu et les fidèles qui n'ont jamais manqué de rien. Est-ce que Jean s'étonne de la présence de Madeleine au même poste que lui, au pied de la Croix ; et tous deux s'étonnent-ils d'entendre dire au larron : Ilodie mecam eris in paradiso ? *
^ Luc, XXIII, 43.
Mais prenons notre champ d'application dans un domaine plus vaste.
A l'heure actuelle, Mesdames, il est indubitable que la portion fidèle de la grande famille est invitée à souffrir pour la cause, et du fait de l'autre portion — de deux manières — par la diminution des avantages et par l'aggravation des charges.
D'une part, la fidélité nous vaut d'être écartés de la participation à plusieurs formes du droit commun, pour l'avancement dans la carrière, par exemple, pour l'établissement des enfants, non pas en famille, mais en profession.
D'autre part, le poids des œuvres est lourd ; c'est la malice ou l'injustice qui les rend nécessaires, et elles ne pèsent que sur nous.
Voilà notre condition d'aînés. Humainement prise, elle a son côté ingrat, je Tavouc.
Mais, Mesdames, ce n'est pas vous que j'exhorterai à l'accepter généreusement, je sais où vous en êtes, je ne pense pas que les vrais chrétiens, encore, grâce à Dieu, si nombreux à Dijon, aient d'exemple à recevoir ; ils en donneraient plutôt. 5f
Ce à quoi je vous exhorterai plutôt, c'est à propager autour de vous, par tous les moyens que permettent les relations de société, l'esprit de générosité et de force en regard de la situation faite maintenant à la cause chrétienne.
Save/.-vous que nous sommes en ce moment un