‹ Rétrécissements de l'urètreChapitre 12 sur 19 · V. Reclus · texte numérisé non relu

V. Reclus

14, rue du Temple.

Ce cas n'a rien d'intéressant, si ce n'est qu'il prouve, comme déjà l'ont prouvé beaucoup d'autres cas, que lorsque les malades se soumettent au traitement éclectique immédiat dans le commencement de leur maladie, ils en retirent un bienfait prompt et durable.

Mais si le cas de M. Reclus ne présente pas de saillie, comme rétrécissement enrichi de traitements antérieurs, il est bien remarquable sous un point de vue important. On a vu combien le rétrécissement de l'urètre affectait le moral au plus baut degré, et, comme je le dis page 34, les malades perdaient l'aptitude aux affaires, l'espérance dans l'avenir, et surtout le goût de vivre. M. Reclus n'en était pas venu là ; mais, quoique doué d'une intelligence supérieure, son aptitude aux affaires était complètement annihilée par suite de la constante préoccupation que lui causait son mal.

Aussitôt guéri, cette aptitude fut réveillée à un si haut degré et avec un tel besoin d'expansion que M. Reclus a fait plusieurs inventions d'une haute portée comme calcul (1), et a fondé en trois ou quatre ans une des plus importantes fabriques d'horlogerie et de mécanisme de Paris.

Il y a cinq années, il n'était qu'ouvrier.

(l) Comme je m'intéressais beaucoup à M. Reclus, il venait me voir pour me mettre au courant des résultats de mon opération. Je causais avec lui. Du conseil que je lui donnai de sortir de l'ornière et de ne pas se livrer seulement aux travaux de l'horlogerie, qui était un métier banal, il en résulta que M. Reclus, si peu capable de calcul avant d'être opéré, inventa le compteur qui remporta le prix et fut adopté par l'administration.

Je m'arrête à cette première série d'observations , qui est suffisante pour attirer l'attention sur mon traitement éclectique immédiat. Je ferai suivre cette première série d'une seconde, qui est d'ailleurs toute prête , et qui n'attend que l'autorisation des malades pour être publiée. Naturellement, je possède beaucoup de cas qui plaident en faveur de mon nouveau travail, puisque j'ai pu obtenir d'en rendre publics un si grand nombre, et cela seulement dans une partie circonscrite de la ville. Je m'attends à beaucoup de clameurs; mais je préviens que je n'entends être combattu que par les armes que j'emploie, c'està-dire par la publication de cas avérés de guérison là où je ri aurai pas réussi, et que je tiendrai pour non avenus les écrits des bavards et des déclamatéurs.

Je laisse subsister dans ma deuxième édition l'espèce de déclaration ci-contre : d'abord, parce que je suis toujours dans les mêmes sentiments, et ensuite parce que je tiens à reproduire textuellement ma première édition, afin qu'on ne m'accuse pas de reculer devant mes propositions premières, qu'elles soient principales ou accessoires. Le système de V authenticité suivie que j'ai adopté, et que je désire voir adopter parce qu'il est honnête, et qu'il stigmatise ce qui ne l'est pas, veut qu'il en soit ainsi, car son but est de persuader, et l'on ne persuade pas si l'on tergiverse et si l'on dissimule, ou si l'on paraît faire l'un ou l'autre.

Page 1