DE SES FUNESTES CONSÉQUENCES
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DES MOYENS DÉFECTUEUX ET DANGEREUX OUI, JUSQU'A PRÉSENT, ONT ÉTÉ OPPOSÉS A CETTE AFFECTION.
J'ai commencé mes travaux sur le traitement des rétrécissements de l'urètre ou autres obstacles matériels existant dans ce canal, et qui s'opposent à la miction [mingere, pisser), en 1824, en même temps que ceux qui concernent la lithotripsie ou l'art de triturer les pierres dans la vessie humaine. Il y a donc trente années que je m'occupe à chercher les moyens de guérir cette triste infirmité, qui retient à l'intérieur le liquide que la nature destine à être rejeté au dehors. Exprimer ce fâcheux effet d'un urètre bouché , c'est dire quels
désordres généraux peuvent s'ensuivre, et ces désordres sont souvent bien grands.
L'urine retenue forcément, ce liquide est résorbé, et va infecter l'économie; le moindre morceau de mucus concret qui se forme dans la vessie, la moindre parcelle de fibrine , la moindre gravelle qui tombe des reins , donnent naissance à une pierre, car ces corps mous, formés accidentellement, ne pouvant être entraînés au dehors par les urines , qui ne coulent que goutte à goutte, les dépôts calcaires les recouvrent bientôt; l'urine retenue dans l'organe devient fétide et est résorbée fétide ; souvent elle s'écoule dans les vêtements et leur donne une odeur repoussante ; la vessie, toujours pleine et distendue, cause des douleurs permanentes au malade, au bas-ventre et dans les flancs. Des envies d'uriner toujours renaissantes le privent du sommeil, et pendant la veille il n'est occupé que^de sa vessie, de ses douleurs, de ses besoins ; enfin, toute son attention se concentre sur sa triste affection : il ne pense qu'à cela, et la plupart des rétrécis perdent les joies de la vie à un plus ou moins grand degré , comme ils perdent l'aptitude aux affaires, l'espérance dans l'avenir, et souvent le goût de vivre. Le plus grand nombre des personnes atteintes de spleen sont des rétrécis (1).
(I) Il n'y a pas deux heures que je viens d'écrire cette phrase, et je lis, par un hasard remarquables ce qui suit dans le journal la Vérité du 16 octobre 1854:
» Deux vieillards se sont suicidés à Montreuil dans la journée d'hier, k et, par une singulière coïncidence, c'est le même motif qui lésa déterh minés à s'ôter la vie»
« Le nommé Claude Cornu, cultivateur, âgé de 68 ans, demeurant rue « Haute-Saint-Pierre, a été trouvé pendu dans son alcôve. Depuis long- « temps il souffrait d'une rétention d'urine qui. ne lui laissait aucun es- « poir de guérison , et plusieurs fois il avait manifesté l'intention
Heureux encore ceux chez lesquels l'urine forcément retenue ne cause pas de plus grands désordres! Ne pouvant être expulsé par les voies naturelles, ce liquide se fraye un passage, il perfore l'enveloppe qui le contient, soit la vessie, soit la portion de l'urètre située derrière la partie rétrécie; l'urine corrompue s'écoule par l'ouverture faite, s'épanche dans les tissus, les frappe de gangrène, ce qui amène souvent la mort. Si le malade est assez heureux pour que ce liquide se fasse jour au dehors en perforant la peau, cet étrange bonheur consiste à devenir fistuleux, c'est-à-dire à se trouver dans cet affreux état où l'urine s'écoule toujours par une, deux, quelquefois dix ouvertures anormales, qui incessamment laissent suinter une urine acre, ammoniacale et chargée de pus , qui fait du malade un être incommode et repoussant.
Outre que l'urine se fait un passage anormal au dehors, elle produit d'autres désordres à l'intérieur. Continuellement sécrétée par les reins, et ne trouvant plus de place dans son réservoir naturel, qui est plein et distendu, elle reste stagnante dans les conduits qui la mènent des reins dans la vessie (les uretères), elle distend ces conduits, qui, naturellement étroits à ne pas recevoir un crin de cheval , deviennent des poches à y recevoir le bras d'un enfant; le rein lui-même se distend, son tissu s'amincit, et il devient aussi une poche.
u de quitter la vie. — Le sieur François Bescheret, âgé de 70 ans, élait « également en proie à de continuelles douleurs résultant d'une affec- « tion grave et incurable des voies urinaires ; il disait souvent que « la mort était préférable à l'existence qu'il menait. Hier , comme « on le cherchait au moment du diner, on l'a trouvé pendu dans son « grenier.»
Je suis bien fâché de n'avoir pas connu ces deux pauvres malades !
Ces transformations sont un effet physique de l'obstacle mécanique qui se trouve dans l'urètre , c'est le seul qu'il est suffisant de faire connaître ici , car les autres désastreux effets qui tiennent à l'organisme, les inflammations, les abcès, les compressions d'organes, les désordres sympathiques, qui dépendent de la rétention d'urine, nous mèneraient trop loin, et allongeraient trop une exposition que nous voulons faire courte et rapide, mais suffisante pour donner une juste crainte d'un rétrécissement de l'urètre porté à ses dernières limites.
Les efforts continuels pour uriner prédisposent à l'apoplexie et la déterminent quelquefois; prédisposent aux hernies et les déterminent souvent; prédisposent aux affections du cœur, et rendent quelquefois mortelles celles qui donneraient encore quelque répit; prédisposent aux hémorrhoïdes ( 1 ) et aux fluxions anales ; enfin, tous les désordres que des efforts incessants peuvent déterminer, le rétrécissement de l'urètre les détermine à des degrés variables selon la durée de la maladie, l'étroitesse du canal, et selon la disposition du sujet.
Enfin , le rétrécissement prononcé de l'urètre frappe d'impuissance l'homme le plus apte et le plus prolifique (2).
(1) Toute maladie qui fait faire des efforts soit en urinant, soit en procédant à la défécation, produit des hémorrhoïdes; aussi, dans mes nombreux malades, j'ai trouvé beaucoup de cas de cette affection que je suis parvenu à guérir radicalement par un moyen qui m'est propre et que je publierai. Je l'ai mis en usage avec succès devant des médecins distingués, MM. les DrS Hortelonp, Delanglard, Matry, Arnauld. J'appelle ce moyen traitement des hémorrhoïdes par momification.
(2) L'urètre étant bouché, le sperme, pendant l'orgasme, ne peut sortir par le canal, retourne en arrière , et va dans la vessie se mêler aux urines • de là, impuissance. Je parlerai dans mes observations de plusieurs cas d'impuissance guérie par le traitement éclectique Immédiat.
D'après cet exposé rapide et calqué sur la nature, on conclura que le rétrécissement de l'urètre ou tout obstacle qui s'oppose à la libre expulsion des urines est une maladie grave, très-grave, qu'il faut arrêter dès son principe.
Mais beaucoup de personnes ne savent pas quand ce rétrécissement commence ; il est bon de les instruire a ce sujet.
Bien qu'il y ait d'autres causes qui produisent les rétrécissements de l'urètre, il en est une qui est la plus fréquente, et cette cause est l'inflammation de ce canal, qu'on appelle scientifiquement blennorrhagie lorsqu'elle est aiguë, blennorrhée quand elle est chronique, mais que dans le langage vulgaire on appelle d'un autre nom trop connu pour le reproduire ici ; la blennorrhagie, du reste, ne résulte pas toujours des rapports sexuels (1).
Toute personne qui a eu une blennorrhagie, quelque
(l) Il est dans le monde un fâcheux préjugé qui veut que tout écoulement par l'urètre chez l'homme soit nécessairement le résultat du contact sexuel ; cette pensée a l'inconvénient fort grave de mettre le trouble dans les ménages et de provoquer souvent des esclandres et des ruptures. Or, cela n'est pas; bon nombre d'hommes ont des écoulements par l'urètre par suite de toutes les causes qui produisent l'inflammation des grandes muqueuses: le froid, l'humidité principalement; la blennorrhagie est le rhume de l'urètre. Je trouve en général les femmes fort injustes en cela que, sujettes elles-mêmes à ces écoulements qu'elles savent bien n'avoir aucune cause non avouable, elles reprochent à leurs maris de se trouver dans des étals qu'elles ne peuvent pas éviter elles mêmes, et qui quelquefois sont dus à leur propre contact. Je recommanderai donc aux dames un peu plus de justice, de philosophie et de prudence, avant, pendant et après certains moments.
Il est encore un autre préjugé généralement répandu et qu'il faut combattre , c'est celui qui veut que tout écoulement par l'urètre soit syphilitique. Ceci est une abominable erreur, qui non- seulement jette le trouble dans les ménages, mais encore perpétue ce. trouble pen-
bénigne qu'elle soit, doit craindre de voir son urètre se rétrécir, et ce rétrécissement se décèle par une chaleur dans P urètre pendant la miction, et surtout par l'amoindrissement dans le jet de l'urine ; malheureusement, comme cet amoindrissement se montre avec lenteur, le malade s'accoutume avoir son jet diminuer et ne s'aperçoit de cette diminution que très-tard, lorsque déjà les effets de la rétention commencent à se faire sentir. Il y a des personnes qui arrivent à ne pisser que de la grosseur d'une petite plume de corbeau, sans s'en apercevoir, et qui croient que c'est la bonne manière de pisser ; ces personnes se trompent , et arrivées à ce degré de rétrécissement, elles commencent à faire des efforts dont elles ne se rendent pas compte et qui produisent déjà de mauvais effets : la vessie devient paresseuse, l'urine commence à séjourner dans cet organe, et les envies d'uriner se renouvellent fréquemment.
Dès ce moment , il est grand temps de remédier au mal, car on est tout près de voir le canal se boucher entièrement.
On cherche généralement à se soustraire à ce mal par l'introduction des bougies : on parvient à se soula-
dant toute la vie du blennorrhagique et même pendant la vie de ses enfants.
Sur cinquante blennorhagies, il y en a peut-être une seule qui soit syphilitique; c'est du moins ce qui ressort de mon expérience.
Il ne résulte pas de ce que je dis, que la personne atteinte de blennorrhagie ne doive absolument prendre aucune précaution contre la syphilis; mais ces précautions, jusqu'à apparition des symptômes et des désordres propres à l'affection vénérienne, doivent se borner à l'attention.
Aussi, je conseille aux personnes atteintes de blennorrhagie, par suite de contact sexuel ou non, de s'abstenir de cohabitation pendant quelques semaines.
ger par ce moyen, mais non pas à se guérir (1); au contraire, la bougie assure le rétrécissement, elle le rend dur et calleux , et si la rétention complète vient , elle n'en est que plus difficile et plus dangereuse à surmonter,
On a voulu cautériser, c'est-à-dire détruire par le caustique la partie qui , épaissie , forme le rétrécissement, et l'on a bientôt vu, et je vois tous les jours, que les gens qui ont été cautérisés sont plus fortement rétrécis que les autres.
On a voulu dilater les rétrécissements en introduisant de force une grosse sonde en métal ; mais , outre que l'on produit par cette brutalité des accidents souvent mortels, on n'ouvre en définitive qu'une porte qui se refermera bientôt. Les rétrécissements durs et longs ne se laissent pas forcer; l'instrument se fraye un passage à côté en déchirant les tissus et va souvent tout autre part que dans la vessie.
On a voulu dilater les rétrécissements graduellement, mais promptement, en introduisant, dans l'espace dequelques jours, des sondes de métal de plus grosses en plus grosses, mais d'un volume très-rapproché. Ce procédé consiste, comme tous les autres, à ouvrir momentanément une porte qui se referme encore, et puis la plupart des rétrécissements, arrivés à un certain degré, ne se laissent pas dilater, et si l'on insiste, on produit souvent des accidents qui vont jusqu'à faire mourir le malade.
(1) Voir la fin de la première partie du Mémoire à l'Académie relatif au traitement éclectique immédiat, et la note page 64.
1859. — Voir également mon introduction ;i cette deivxième édition.
On a voulu scarifier et inciser le canal à l'endroit où il est rétréci, en faisant pénétrer au delà du rétrécissement un instrument qui , arrivé là , laissait sortir une lame qui, en retirant l'instrument, tranchait l'urètre. Ce procédé grossier a l'inconvénient de demander un temps fort long pour dilater d'abord la partie rétrécie, afin de donner passage à l'instrument qui tranche, et puis les bords de l'incision se réunissent malgré l'introduction prolongée des bougies; la substance qui produisait l'obstacle reprend sa place, et le malade, après avoir couru des dangers, revient au même point qu'avant.
Enfin, à bout de moyens, on ne s'est plus borné à faire de simples scarifications et de simples incisions ; on a voulu faire une ou plusieurs profondes sections de dedans au dehors à l'endroit rétréci et même en deçà et au delà (1); sections qui devaient quelquefois s'étendre jusque tout près de la peau externe de la verge on des organes limitrophes , là où le canal n'est plus en rapport et en contact médiat avec la peau.
Ce procédé féroce, dont il n'est pas nécessaire de faire sentir les inconvénients et les dangers, est le degré culminant où en est arrivée la science,; c'est dire jusqu'à
(1) Pour produire la large cicatrice que Fauteur de cet étrange procédé se propose d'obtenir et qui montre à quel point de désespoir en est la chirurgie pour guérir les rétrécissements de l'urètre, il faut non-seulement trancher dans l'endroit rétréci, mais en deçà et au delà, ce qui cause des désordres souvent affreux et amène des terminaisons funestes. On verra des cas dans mes observations où les rétrécissements étaient si longs qu'on aurait dû trancher tout le long du canal. Faites donc de larges cicatrices d;ins ces cas! On a essayé, dit-on, ce procédé sur des chiens, mais les chiens ne sont pas rétrécis, et le cadeau qu'on leur a fait ne prouve rien , car ils n'ont pas dans l'urètre un tissu malade et réfrac tair-3 à cette cicatrisation,
quel point la difficulté de guérir les rétrécissements de l'urètre a fait errer les chirurgiens et jusqu'à quel point leur science a été hébétée par ces difficultés (1). Cependant, il faut dire, à la louange de ceux qui, faute de mieux (2) , ont préconisé d'abord l'atroce procédé de trancher ainsi l'urètre, procédé qu'ils ont, du
(1) 1859. — Depuis 1855 il est né un autre procédé féroce qui consiste à couper l'urètre tout duiong avec l'instrument au moyen duquel on fait l'opération de la taille. L'auteur a appelé cela guérison instantanée et radicale. Je lui ai fait comprendre que s'il respirait deux fois pendant cette belle opération, son mot instantanée devenait une jonglerie, puisque rien ne pouvait faire que deux instants fussent un instant, et que son mot radical était un puff par la raison que son procédé n'étant âgé que de trois mois, il lui fallait encore bien des années pour que son mot radical ne fût une autre jonglerie; mais il parait que je n'ai rien dità cet auteur que tout le monde ne sût, et lui particulièrement.
C'est pour empêcher de tels désordres d'esprit que j'ai fait mettre au bas de l'annonce de mon livre que mes guérisons ne s'obtenaient par aucun de ces procédés vainqueurs.
Lire mon livre de polémique intitulé : de la science dévoilée h l'occasion d'un nouveau procédé féroce. - .
(2) On reproche assez généralement à la commission du prix d'Argenteuil d'avoir donné le prix au terrible procédé de trancher profondément l'urètre de dedans au dehors et de découper des aiguillettes dans la verge humaine ; mais il me semble que c'est à tort, et voici pourquoi :
Tout le monde sait que M. le marquis d'Argenteuil, après avoir souffert d'une rétention d'urine, avait fait un testament par lequel il instituait un prix de 12,000 fr. pour être donné tous les six ans, par l'Académie de médecine, à celui qui apporterait au traitement des rétrécissements de l'urètre les perfectionnements les plus utiles.
Après avoir fait ce testament, M. d'Argenteuil mourut.
Or, la première période des six années était écoulée depuis longtemps, par défaut d'émission d'idées fécondes, neuves et utiles, lorsque les héritiers intentèrent un procès à l'Académie de médecine, qui, se trouvant tomber sous le coup d'une action en annulation de la clause du testament, pour cause de non-exécution, dut chercher quelque part à placer son prix échu. ,
Elle le donna naturellement à celui qui avait imaginé quelque chose de saillant, de coloré, à celui enfin qui avait tranché la question dans le vif, plutôt qu'à des inventions qu'elle a naturellement aussi
reste, considéré comme tout à fait exceptionnel et bon pour les cas extrêmes , qu'ils ont renoncé à cette barbarie, car ceux-là mêmes qui faisaient partie d'une commission qui récompensa ce chef-d'œuvre se sont bien gardés de le mettre en usage, même dans les cas
trouvées ou banales, ou de qualités inférieures, ou faites en vue de l'affiche.
Voilà l'histoire du prix d'Argenteuil, contre lequel on crie si fort et si injustement. Ce prix a d'ailleurs été donné par clés chirurgiens de mérite à un homme de mérite, et il aurait pu être certainement moins bien placé ; il ne laisse donc rien à regretter.
Si la nécessité a voulu que ce prix fût donné; si la circonstance de force majeure l'empêche de prouver quelque chose sous le rapport du progrès de la science, il n'est donc pas besoin de faire tant de bruit pour une chose qui n'en vaut pas la peine, et qui, en résumé, pourrait bien n'être qu'une finesse d'avoué.
Quant à moi, je suis tout à fait désintéressé dans cette question du prix d'Argenteuil ; je n'ai pas concouru et je n'ai nullement l'intention de concourir, pour bien des raisons d'abord, et parce que je pense que si de l'argent doit rémunérer celui qui découvrira le moyen de guérir les rétrécis, une récompense académique ne saurait suffire, et la libéralité d'un particulier ne saurait flatter.
Du reste ce prix forcé, fatal, et à époques fixes, qui fera courir beaucoup de gens, vu son volume, et qui sera nécessairement attrapé par de pauvres coureurs, a quelque chose qui me choque et qui me parait peu attrayant; en effet, il est peu attrayant, pour un travailleur utile, de remporter le même prix que le travailleur inutile, et d'être forcément détrôné, six ans après, peut-être par une invention de dixième calibre, autrement dit calibre à moineaux, et il serait dur pour le roi de la fève précédent de se trouver abattu par de pareilles dragées.
Telle est cependant la conséquence nécessaire du prix d'Argenteuil.
Ce prix n'a donc pu être institué que par une bonne âme dans un corps souffrant,, mais non certainement par un philosophe. Or, les fautes en philosophie, bien que souvent inaperçues par le vulgaire, ont toujours de fâcheuses conséquences.
Que ces réflexions soient donc un avertissement pour les bienfaiteurs de l'avenir! Il n'est pas suffisant d'avoir assez de confiance dans le désintéressement humain et de charger des hommes d'un acte qui demande du désintéressement, de la probité et des lumières ; il faut encore ne pas imposer à ces hommes rares des conditions qui les placent dans une fausse position et qui embarrassent et leur esprit et leur conscience.
extrêmes; comme on le verra dans les observations que je rapporte, ils m'ont envoyé leurs malades.
Je ne parle pas d'un autre procédé presque égal en barbarie au précédent, c'est celui qui consiste à inciser le périnée ; à couper, lorsqu'on le peut, sur le point rétréci ; à faire, en enlevant les tissus indurés, une gouttière pour y loger de force une sonde qui doit rester à demeure jusqu'à une cicatrisation qui quelquefois ne se fait pas (1).
On dit bien que l'on a obtenu des succès par ces moyens; mais, à part un ou deux cas, qui, honteux, apparaissent dans les journaux médicaux pendant le cours d'une année , cas dont on ne s'empresse pas de faire connaître les suites ni de mettre sur la voie, pour qu'on puisse les connaître, rien ne prouve la permanence et l'innocuité de ces succès. Il est bien entendu, d'ailleurs, que l'on ne publie que les cas où les malades ont résisté à l'opération.
Tel est le bilan de la science pour traiter les rétrécissements de l'urètre; on voit qu'il n'est pas avantageux, et que les chirurgiens ne savent plus que faire pour guérir la maladie grave dont il est question. On accueillera donc avec intérêt la relation d'un grand nombre de cas de malades, la plupart atteints de rétrécissements invétérés, guéris avec une promptitude surprenante, au moyen des procédés à la perfection desquels je travaille depuis si longtemps.
(1) Ou croit ce procédé nouveau; je l'ai vu employer eu 1830, à Londres, à l'hôpital de Westminster, par Anthony White : le malade mourut.
1859. — Lire mon livre de polémique intitulé: de la science dévoilée à l'occasion d'un nouveau procédé féroce. Chez Labé, place de l'École-de- Médecine.
Après des études si longues, j'ai du enfin songer à communiquer mon travail à l'Académie de médecine; mais j'ai dû prendre des précautions pour qu'il n'eût pas le sort d'un autre de mes travaux, celui que je regarde comme le plus important.
Comme je l'ai dit, je suis l'auteur des instruments avec lesquels on pratique le broiement des pierres dans la vessie humaine (1). Aussitôt ma découverte faite, j'ai été appelé dans les pays étrangers pour en répandre les bienfaits. J'ai été longtemps absent ; lorsque je suis revenu (2),
(1) Je reviens peut-être souvent sur le fait que je suis l'auteur de ces procédés importants; mais l'opinion a été si souvent pervertie à ce sujet pendant ma longue absence, par des personnes intéressées, que je ne saurais trop insister pour rétablir les faits dans leur vérité.
(2) Cette longue absence m'a fait une singulière position, position qui demande à être clairement exposée.
Comme je l'ai expliqué plus haut, après avoir inventé les moyens de pratiquer la lithotripsie, j'allai la répandre chez les étrangers, chez lesquels je restai dix-sept ans, et, après avoir exécuté de nouveaux travaux, je revins en France en 1845.
J'ai aussi expliqué que je possédais, comme résultat de ces travaux, de nouveaux procédés encore inédits et bien plus parfaits que les premiers ; c'est ce que l'on apprécierait, si les académies avaient bien voulu jusqu'à présent me condamner ou me glorifier, car, depuis neuf années, je suis pendant devant elles.
Malgré cette longue station, qui montre de la part des juges une grande prudence et une grande attention, je dois dire cependant qu'autrefois j'ai été plus heureux; car l'Académie des sciences, qui était alors libre et sans entraves, m'a donné, sans trop me faire attendre, les prix desquels j'ai déjà parlé. Cela se passait du temps de Boyer et de Dupuytren. Depuis 1833, époque de mon dernier prix, aucun autre prix n'a été donné pour l'opération de broyer les pierres; je suis donc maître du terrain. Si quelqu'un lève la tête à ce sujet, celui-là en impose.
Aussitôt que j'eus fait mes découvertes relatives au broiement de la pierre, opération à laquelle j'ai donné le nom de lithotripsie et que le vulgaire appelle litholritie, je fus appelé chez les étrangers (*).
Revenu en 1845 avec de nouvelles découvertes et de nouveaux travaux,
(*) J'ai été spécialement appelé par Sa Majesté l'empereur de Kussie, avec lequel nous sommes maintenant (18S5) malheureusement en guerre. J'ai professé, sur l'invitation de Sa Majesté, devant tou« le» médecins civils et mililaires^assemblés, par ordre de l'empereur, à Saint-Pétersbourg et à Moscou, Sj
j'ai trouvé que la pratique générale se servait, pour faire cette opération , d'instruments que le commerce fabriquait en vue du bon marché et de son avantage propre,
je voulus les déposer dans les académies et les faire apprécier par elles ; mais , ô déception ! il s'était glissé dans ces places ces messieurs de la réclame, qui maintenant encore me font une rude opposition, non pas une opposition de génie, d'esprit et de savantes paroles, car ils n'usent pas de cette artillerie, mais une opposition modeste qui va à leurs facultés contemplatives , je veux dire, une opposition qui s'exprime par un silence de mort à mon égard, silence que, par leur astucieuse stratégie, ils imposent aux académiciens et à certains organes de la presse médicale.
Ces messieurs font donc l'office du grossier et épais bouchon qui retient le puissant, pétillant et généreux Champagne, et s'efforcent de m'annihiler; mais quelquefois le bouchon saute ou la bouteille éclate, si on la met à la chaleur. Qu'on veuille bien me pardonner celte ambitieuse mais nécessaire figure; je ne compare pas sérieusement mon pauvre esprit à un esprit si goûté, si pénétrant et si populaire.
Assez paresseux de nature, de corps s'entend, car l'esprit marche toujours et entraine la bète, il m'a pris, ces jours derniers, une espèce de remords de mon repos et fantaisie de me remuer un peu et de mettre le siège devant la place ou les places occupées.
Je commence donc mon siège, et le petit livre présent est ma première ligne de circonvallation, ligne dans laquelle je suis parvenu par-ci par-lù à placer quelques grosses pièces; fasse le ciel qu'elles portent et que le bruit en soit entendu!
La plus grosse de ces pièces est sans doute la série de faits que je publie. Si je ne passe pas la mèche à l'ennemi, c'est que. suivant son habitude et obligé par sa pauvreté, il me lancerait mes propres boulets.
Bien que je compte un peu sur cette artillerie, j'emploie un autre moyen que je crois capital et qui, du reste, est de bonne guerre.
Je me suis aperçu que certains, dans la place, se servaient contre moi dès vivres et des munitions, d'assez mauvaise qualité du reste, qu'ils y avaient apportés, et qu'ils avaient pris dans mes propres magasins. J'ai donc résolu de n'en plus fournir, et d'abandonner la garnison à ses propres et petites ressources. Or couper les vivres et les munitions est, en
Majesté impériale a daigne me demander de faire un ouvrage sur la litbolripsie, et a ajouté la gracieuse invitation de le lui dédier. Malh'.'ureiiserfient, je n'ai pu répondre encore au si honorable désir de Sa Majesté impériale. D'abord le défaut d'éléments d'études qui sont dans les mains d'un chirurgien qui ne sail rien en faire, et ensuite parce qu'il me manquait un instrument important auquel je travaille depuis vingt années, et qui n'est fini et arrêté que depuis cinq ans. Cet instrument est Celui avec lequel je pulvérise immédiatement les pierres vésicales en employant la main seulement, car j'exécute déjà cette pulvérisation immédiate au moyen du point fixe.
ce qui va m'obliger de saisir les académies de cette question. Or, ces instruments n'étant pas exécutés et maniés selon les règles que de profondes réflexions et
fait de siège, une chose reçue; on ne m'en voudra donc pas. Du reste, on dit que les assiégés festoyent encore.
Je sais bien que je n'entrerai pas dans la place, car il me faudrait avoir pour cela ce qui heureusement me manque ; mais , comme l'ennemi est trop faible et trop poltron pour faire une sortie, j'espère être maître des dehors.
J'espère aussi voir quelques bouts d'oreille dépasser les remparts, et quelque petite que sera cette partie d'un si bel organe, il pourra servir de cible à mon talent d'artilleur (*).
Quant aux coups de mes adversaires, je les crains peu ; ils ont d'abord peu de poudre, et je suis persuadé qu'en visant le clocher, ils n'attraperont pas la paroisse.
Il est bien entendu que dans la garnison il est des amis et des soldats de haut caractère et d'éminents esprits que je ne voudrais pas blesser; aussi j'aurai bien soin de ne pas les atteindre.
Tout cela dit avec bonne humeur, je fais remarquer à mes adversaires honorables (ce mot se dit) que, bien que perchés assez haut, leur air de faux burgraves en vessies ne m'impose pas le moins du monde, que j'ai confiance dans leur incapacité, et je suis plein d'espoir que leur habileté dansl'emploi de l'instrument que porte la Renommée, et dans celui moins sonore qui fut si cher à Lucullus, ne les sauvera pas d'une décadence scientifique prochaine, décadence d'ailleurs si nécessaire à la science, dont ils obstruent les grands chemins. Ils s'apercevront que ces talents qui semblent leur avoir fait prendre la devise si audacieuse du surintendant de Louis XIV: Quo non ascendam? ne pourront les soustraire au ridicule qui résulte de toute niaise position; je parle delà nullité au pinacle.
Je suis désolé d'être forcé de m'exprimer avec si peu de ménagement, mais j'ai l'expérience que les mots à douce insinuation ne sont pas com-
{*) J'ai fait intervenir ce mot A'artilleur avec intention et voici pourquoi. Je me suis occupé, en ma qualité d'amateur de chasse, fort refroidi du reste , de balistique et d'armes à feu, comme tout autre s'occupe, pour se distraire, de ce qui lui plaît, peinture, musique, menuiserie, etc., et il est arrivé que j'ai pu trouver une heureuse combinaison pour faire prendre la charge des armes à feu. Cette combinaison a attiré l'attention d'un grand souverain* qui m'en a témoigné très-généreusement sa gratitude, en même temps qu'il Die l'a témoignée pour la découverte de la litnotripsie ; cela a donné du tourment à certaines personnes qui, par une bonne raison à eux connue, Ont prétendu qu'un chirurgien ne devait pas s'occuper de quelque chose étrangère à son art. Ces personnes pensent sans doute que lorsqu'on a la faculté d'une chose, il soit nécessaire d'être un imbécile sur le reste. Certainement il est convenable de prêcher pour son saint, mais il ne faut pas être Injuste.
Si ces messieurs pensent que nia découverte comme artilleur nuit à mon intelligence comme chirurgien, ce petit livre et les faits qu'il renferme les tranquilliseront à cet égard; qu'ils se tiennent donc an repos et ne soient pas inquiets
une longue expérience m'ont fait découvrir, ma lithotripsie, comme le disait Dupuytren, reste déshonorée, et de plus, certaines personnes ayant usé de la presse d'une manière frauduleuse, on attribue ma découverte à tout autre qu'à moi. Je veux remédier à tout cela.
Si les faits de lithotripsie qui m'appartiennent avaient été constatés par les académies, et si les académies avaient déclaré que ces faits prouvaient la bonté de mes procédés, qui conséquemment ne devraient pas être altérés, je n'éprouverais pas le déboire de voir attribuer à ma lithotripsie les résultats néfastes qui se présentent journellement. On attribuerait naturellement ces résultats aux altérations faites à mes moyens , et non à mes moyens eux-mêmes.
Je n'ai pas voulu qu'il en fût ainsi pour mes travaux
pris. J'entends, aussi bien que pas un burgrave, les étranglements gracieux; mais ici il s'agit de grands intérêts, et il faut être clair.
Voilà ma stratégie, je la dessine avec franchise et netteté; on voit qu'elle est nécessitée par ma position exceptionnelle et par le besoin de résister à l'influence des talents dont j'ai parlé plus haut, et desquels la dépravation de notre époque trouve le succès si légitime.
J'ajoute un mot :
Puisque la guerre est nécessaire, je la fais, mais je la fais loyalement ; le silence que j'ai gardé pendant neuf années, bien que, comme on le voit, je ne fusse pas sans avoir à dire et sans avoir à montrer, prouve que ce que je fais maintenant n'a pas pour motif un intérêt mesquin, mais celui de la science et de mes œuvres. J'arrive à un moment où il fautque je m'occupe de les placer sans encombre dans le monde savant, et c'est pressé par ce besoin que j'agis; sans cela ils périraient.
Or, comme je ne suis pas homme à laisser le fruit de trente années de travaux mourir et disparaître pour le besoin de quelques gens à appétit grossier, j'engage ceux qui sont disposés à se mettre sur mon chemin et à agir par intrigue à être circonspects et à me faire seulement des obstacles légitimes.
Qu'ils se rappellent que l'amour de ses œuvres et de la science a son fanatisme, et que l'injustice ou l'intrigue flagrante trouveraient maintenant une répression.
Qu'on se tienne donc pour averti. Je parle ici a tout le monde.
relatifs à la cure immédiate des rétrécissements de l'urètre, travaux bien plus fins et délicats que ceux qui concernent la lithotripsie, et qui sont, plus que ces derniers, de nature à être déshonorés par les afficheurs, les modificateurs de profession , et les mains peu habiles.
Pour parer à ces inconvénients, j'ai voulu que l'Académie constatât d'abord, par un grand nombre de guélisons obtenues, le résultat avantageux de moyens quels qu'ils soient, et qu'elle déclarât que ces moyens quels qu'ils soient guérissaient; et viennent alors les maladroits d'intelligence et de main, mon œuvre était à couvert sous la déclaration académique.
Malheureusement l'Académie m'a opposé son usage, qui n'est pas d'en agir ainsi, et c'est à son défaut que je livre cette constatation à ses juges naturels, les médecins; je les prie donc de vouloir bien considérer, comme leur étant adressé, le Mémoire introductif que j'ai eu l'honneur de lire devant l'Académie, et qui suit cette Introduction.
Je me borne donc à publier ce Mémoire et les faits que je désirais, pour le bien de la science et de l'humanité, que l'Académie voulût bien constater.
Peut-être le temps aplanira-t-il toutes ces difficultés, peut-être apportera-t-il des mesures qui protégeront les travailleurs et ne les laisseront pas en butte à ces gens avides qui font métier de la publicité menteuse pour recueillir le fruit du travail d'autrui, et qui, trop souvent inintelligents et maladroits, déshonorent des œuvres utiles par d'ineptes modifications ou des applications gauches ou déraisonnables.
En attendant que ce bienheureux temps arrive, en attendant que les vrais travailleurs soient protégés, il
faut que les travailleurs se protègent eux-mêmes et surtout protègent leurs œuvres.
C'est ce que j'ai fait, c'est ce que je ferai, et je crois que tout médecin libre de cœur, d'allures et d'intelligence le trouvera bon.
J'avais disposé un grand nombre de faits pour être mis sous les yeux de l'Académie, et ces faits étaient accompagnés, d'après la permission des malades, de tout ce qui pouvait leur donner de la valeur, c'est-à-dire le nom, la demeure du malade, pour qu'on pût suivre la persistance du bien-être après la cure obtenue ; mais ce qui m'était permis pour être confié à une académie ne saurait l'être pour être confié au public : aussi les cas que je vais publier appartiennent à des malades qui non-seulement ont bien voulu me permettre d'user de leur nom, mais ont insisté pour que j'en usasse, et cela dans une intention d'humanité, de dévouement et de reconnaissance qui résultait d'une guérison obtenue avec promptitude , après avoir vécu si longtemps dans les angoisses d'une rétention et d'un traitement douloureux et surtout infructueux : Publiez donc mon cas} me disait chacun d'eux; cela apprendra à ceux qui souffrent qu'il existe un moyen de guérir quils ne con~ naissent pas. (1) C'est donc un peu sous les yeux de
(1) Si je publiais les observations de tous ceux qui m'ont fait cette prière, j'en publierais trop ; je me borne à donner seulement, dans cette première série de rétablissements immédiats, les observations de malades qui demeurent dans des parties circonscrites de la ville (au nord particulièrement), et qui sont ainsi à la portée des médecins auxquels il conviendrait de suivre mes faits. En leur évitant de longues courses et conséquemment une grande perte de temps, je crois faire quelque chose qui leur sera agréable.
Que mes confrères apprécient la portée de ce que je fais maintenant; en mettant sous leurs yeux des malades^qui, par philanthropie, veulent
intéresse que je mets cet écrit, d'abord )]ir la bonne intention des personnes bienveillantes qui veulent bien se donner en exemple , et puis parce qu'il ne paraît pas juste que l'humanité soit privée, par suite d'un usage académique (1), du moyen de ne plus souffrir de la maladie si grave qui nous occupe. On dira bien que j'agis ici dans mon intérêt; je répondrai que, lors même que cela serait, je ne vois pas le mal qu'il y a à vouloir recueillir le fruit de ses longs travaux. Mais je ferai remarquer que, si j'avais voulu faire cette récolte, je m'y serais pris plus tôt, et je n'aurais pas attendu que mes travaux fussent achevés pour les introduire dans la science; j'aurais pu livrer à la publicité des instruments à mesure de mes élucubrations , sans être" sûr de leur bonté; mais, désapprouvant dans les autres cette manière d'agir, qui malheureusement devient fréquente, j'ai dû attendre. J'espère que l'on verra dans cette attente un motif d'apprécier favorablement et mon nouveau travail et mes intentions.
Je finis par une observation très -importante. En cherchant à obtenir la guérison immédiate des rétrécissements de l'urètre, j'ai souvent obtenu du même coup, comme on le verra dans les observations, la guérison de ces écoulements invétérés qui font le désespoir des malades : cela devait être, car c'est l'inflam-
bien se donner en exemple, j'établis, ce qui n'existait pas avant moi, un moyen de vérification du pouvoir de la science qui sera permanent, au grand jour, à la disposition de quiconque.
Or cette conduite est franche ou je ne m'y connais pas.
Puissent mes contradicteurs m'imiter !... Mais oseront-ils?....
(1) Est-il besoin de dire que cet usage académique a été corroboré par une bonne petite intrigue des intéressés que je désigne page 64?
mation prolongée qui produit le double phénomène de l'hypertrophie des membranes et des sécrétions anormales (1). Quelquefois les deux phénomènes se passent juste au même endroit ; alors il est tout naturel que le modificateur de l'hypertrophie modifie également la sécrétion anormale ; de là la guérison simultanée des deux affections. D'autres fois l'endroit d'où part la sécrétion ne coïncide pas avec la place hypertrophiée, et alors le traitement éclectique immédiat n'apporte pas toujours avec lui son double bienfait. C'est sous ce point de vue qu'il faut considérer le titre à deux faces que je donne au présent livre : De la Guérison immédiate des rétrécissements de £ urètre et des blewwrrhées invétérées coexistantes (2).
(1) 1859. — L'inflammation prolongée ou chronique n'est pas la seule cause des sécrétions anormales connues particulièrement sous le nom de blennorrhées. Ces blennorrhées sont dues à l'urine qui séjourne dans l'urètre, derrière les rétrécissements, après la miction. Cette urine qui séjourne détermine des ulcérations atoniques qui, se creusant, donnent souvent lieu à cette infirmité dégoûtante connue sous le nom de fistule urinaire. Je reviendrai là-dessus. Je place ici cette note parce qu'elle est utile, qu'elle soulève une grande question , et parce qu'en revoyant mon épreuve, je trouve une place de laquelle je veux profiter. Ainsi donc, enlevez le rétrécissement, vous enlèverez la cause des fistules, comme vous enlèverez la cause des blennorrhées. Ceci est d'autant plus important à remarquer que ceux qui ont des rétrécissements, même commençants, sont, comme les rétrécis invétérés, sous l'imminence d'une fistule.
(2) 1859. — -Tel était, comme je l'ai dit page 24, le titre que j'avais adopté pour ma première édition. Ce titre était ainsi conçu : De la guérison immédiate des rétrécissements de l'urètre et des blennorrhées invétérées coexistantes, et sur les effets dangereux des bougies.
MÉMOIRE 1NTRODUCTIF
SUR l,A POSSIBILITÉ DE GUÉRIR IMMÉDIATEMENT