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CHAPITRE DIXIÈME

Les grandeurs et les prospérités de l'Empire.

Le rétablissement de l'Empire avait rappelé en France les membres épars de la famille Bonaparte, ceux du moins, qui n'en avaient pas, déjà, repris le chemin, depuis le 24 février 1848 et sous la présidence.

Ces visages étaient nouveaux. On se plaisait à les considérer, un à un, puis à les comparer entre eux, puis encore à les rapprocher de l'efifigie du grand homme, qui leur avait créé tant de titres ou de prétentions, Dans le nombre, Napoléone Élise Bacciochi, une femmede tète, au visage accentué, aux traits vir Is, était 1» plus vivante image de l'empereur-roi. Sans parler du comte Walewski, dont la physionomie trahissait l'origine assez visiblement pour qu'il ne fût pas besoin de la dire, le prince Jérôme-Napoléon et sa sœur Mathilde accusaient une ressemblance, dont ils s'enorgueillissaient d'autant plus qu'ils en refusaient la moindre trace à leur cousin et maître. En eftet, de tous les- Bonaparte l'homme qui s'éloignait davantage, physiquement, de l'Archétype, c'était bien celui qui rouvrit en son nom le Livre du Destin et fit sortir de son sépulcre « le Lazare de Sainte-Hélène ». Mais, au fond.

que lui importait ce détail extérieur? 11 pensait, parlait, agissait en César. Il en détenait l'autorité reconquise. II s'appelait bien Napoléon III. De jalouses revendications n'y pouvaient rien changer.

Fort de la sanction de sept à huit millions de voix, qui avaient approuvé le passage de la présidence à la dictature couronnée, entouré d'hommes d'État dévoués, pour leurs intérêts propres, à ses vues, d'aillours capables de le seconder avec intelligence et compétence, Napoléon expérimentait son rêve devenu réalité, depuis le 22 novembre I8o2.

La période d'imagination théorique était définitivement révolue. Le voilà bien au sommet. Parvenu à cette sphère d'altitude, il devra n'en pas di^choir, mais donner toujours à ceux qui l'environnent l'impression de connaître avant d'avoir appris; il devra, dès les premiers jours, régner avec l'aisance, que donne la pratique d'un long privilège royal. Les difificultés de l'action gouvernementale se dénoncent en l'exerçant. Elles le troublent et l'inquiètent. Il se sent aux mains des politiciens, qu'il redoute, tout en ne pouvant se passer d'eux. Cependant, il ne voudra pas trahir le souci de l'homme préoccupé d'une tAche trop lourde et doutant de soi, au début d'une expérience trop neuve. Plus attentivement que jamais il s'attachera à voiler son regard. Il se mure, en quelque sorte, et vit cette vie intérieure cachée, qui sera la sienne jusqu'au bout et trompera tant do gens sur le degré de sa force morale.

Une heureuse constatation \o rassure.

Le courant politique allait d'un large flot vers Tabsolutisme. Si profondément atteinte en ses œuvres vives,

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la foi républicaine s'est vu condamner à une longue léthargie. Des oppositions tenaces derrière les portes closes, des groupements hostiles incapables de désarmer, dans le secret de leurs desseins; des haines comprimées, des irritations jalouses, qui ne supportaient pas sans aigreur d'avoir été si brusquement renfoncées dans l'ombre et condamnées au silence, essayaient de se traduire par des épigrammes de salon, formant, au dehors, leurs circuits ou leurs ricochets, ou de reprendre contact en des réunions de comités obscurs, entretenant les dernières lueurs des idées libérales. Les Tuileries en étaient, à peine, instruites; il n'en parvenait, jusque-là, presque rien, sinon des échos vagues et méprisés. Le pays semblait baigner dans les ondes d'un calme parfait. Tout au moins, les représentants du pouvoir le donnaient à entendre, autant qu'ils en avaient occasion.

Il est vrai que les arrestations, pour cause politique, étaient encore bien nombreuses; qu'une inquiétude trop justifiée alarmait les cours de la Bourse et qu'on n'avait jamais été plus près de la guerre qu'en ces heures tranquilles. Mais la majeure partie de la population, essentiellement occupée des moyens d'accroître ses aises matérielles et de s'enrichir, ne se ressentait guère du vide de la Liberté. Napoléon prodiguait les assurances d'ordre intérieur et de prévoyance gouvernementale au peuple, qui l'avait élu; chacun lui prêtait confiance et crédit. Sans contrôle ni partage accepté d'opinions, l'empire autoritaire dominait, dans toute la force d'un pouvoir politique absorbant en soi l'organisme entier du pays, n'admettant d'action intermédiaire que celle de ministres sans responsabilités, enfin sachant, pour se faire obéir, déployer une capacité d'é-

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nergie, que Napoléon III ne conservera pas, toujours, au travers de difficultés agrandies.

Il avait conspiré manifestement, et plusieurs fois, contre des gouvernements réguliers, par la ferme ambition qui le poussait de se substituer à ceux-là. Maintenant qu'il détenait l'autorité suprême, elle avait, pour lui, l'inviolabilité d'une religion. Quant aux journaux, qui auraient voulu lui en contester l'exercice et les droits, ils étaient entre ses mains, comme toutes les autres forces de la nation, à l'état dlmlrumenta regni.

Pour la sérénité de son àme, pour la gloire de son nom, se dégageant seul de l'œuvre collective et en recueillant l'honneur entier, des intelligences de premier ordre, au Conseil d'État, unissaient leurs ellbrts à ordonner et à discipliner les institutions du pays sous une loi unique. Aux yeux de la foule il n'y avait pas de ministres, il n'y avait que des ministères; et, au-dessus de tous, le troisième Napoléon.

Les partisans de l'ancien régime, les irréductibles se dédommageaient, comme ils le pouvaient, en leurs propos de salons, de ce départ dans le luxe et la magnificence d'un état de choses plus envié (1) que haï. Ils s'emparaient des menus griefs du jour, tels qu'ils se présentaient, quelconques, à leurs yeux ou à leur connaissance, en attendant qu'ils en pussent découvrir de plus sérieux. « L'empereur, disaient ces mécontents, traitait avec un sans-gène inouï les fonds de l'Ktat. Comment endurer de pareilles dépenses pour l'organisation de la musique des guides ? Et quels frais excessifs

(1) « Le ivgime actuel est le paradis des envieux. » (Tocqueville, Nouvelle œrreapimdnnce, p. 356.)

C H A R L E s - L O U I s NAPOLEON à la veille «lu plébiscite impérial.

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assumés pour l'établissement de la maison impériale! Où mèneraient cette profusion des deniers publics et tant de prodigalités y)artout étalées? »

Les Tuileries rouvertes aux rites somptuaires d'un autre âge; le palais des rois remis dans un état de confort et d'élégance tout à fait digne de sa vieille illustration; des écuries admirablement montées, des voitures de gala splendides; un personnel de serviteurs aussi nombreux que le pouvaient permettre les attributs d'une domesticité de cour : en effet, tant d'éclat matériel répondait bien à l'idée la plus brillante qu'on put concevoir d'un vrai décor monarchique. Au milieu de celte pompe renouvelée du premier Empire, un homme se tenait debout, donnant plutôt l'impression, avec son attitude pleine de calme, d'un maître revenu chez soi que d'un Élu fraîchement sorti du scrutin populaire.

Très promptement, la cour napoléonienne avait revêtu sa physionomie attrayante et diverse, réglée sur le ton et modelée suivant les formes d'un strict cérémonial. Dès à présent, l'étiquette étendait sa loi aux mille détails des présentations, des audiences, des fêtes, des réceptions de cour; elle n'en exceptait rien; ainsi ne veillait-elle pas avec moins de sollicitude qu'au temps d'un Louis XIV à ce que fussent observés les offices religieux destinés à l'édification de Leurs Majestés et de leur cortège (1). Enfin, la manœuvre, qui avait si

(1) Les dames, disait-on, se montraient, parfois, moins empressées à pratiquer les cérémonies d'église qu'à se rendre toutes parées de leurs fanfreluches aux lundis de l'impératrice ou aux bals de gala. Napoléon en recevait quelque vague avertissement, mais observait, à cet égard, autant d'indulgence qu'en montrait dans un cas pareil l'empereur d'Autriche

bien réussi à Napoléon P"^ pour attirer à sa cour, peu à peu, bon gré mal gré, les gentilshommes et nobles dames de la pure aristocratie, des ennemis-nés de la Révolution et de l'Empire, se répétait avec un succès moins affirmé peut-être, mais sensible encore par le nombre et la valeur des ralliements, autour des nouveaux maîtres du château.

Napoléon III n'ignorait point (l'histoire des Césars avait pu l'en instruire) de quelle force d'illusion agissant sur l'esprit des foules s'accompagne le déploiement des formes souveraines. Un jour, on aura sujet de regretter amèrement que l'armée française n'ait point possédé des cadres mieux remplis, un organisme plus résistant, une composition plus forte et des régiments plus nombreux. Mais, la puissance des elTectifs, qui ne fut qu'un leurre, au temps où elle aurait été si nécessaire, n'emportait pas la condanmation des troupes de parade et de gala dans les démonstrations d'un luxe d'empire. L'éclat des uniformes et l'apparat militaiie eurent leur prix, aux jours de prospérité. Ils rehaussaient la majesté du trône, donnaient au peuple ces impressions de grandeur, qu'il aime, et portaient les multitudes à l'enthousiasme. Quant à la Cour, par l'éclat de ses fêtes elle donnait l'exemple tl'une belle émulation de dépenses, que ne jalousaient pas les classes moyennes, parce qu'elles en étaient enrichies.

François II. Son grand-chambellan se plaignait à lui iPous parlons du monarque autrichien) d'une solennité pieuse où s'était trouvé trop peu de monde. « Il y a presse pour devenir chainbollan, disait-il, et lorsqu'il s'agit du service, personne ne se prés*'nte. » « L;iissez-les tranquilles, avait » répondu François II : si je n'i'Uiis p;is forcé de m'y trouver, je n'y vien- » drais probahlemont pas non plus. » Or, on célébrait ce jour-là, des "xigiles pour une des arriére-grand'mères de Sa Majesté viennoise.

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A tous les degrés, chacun s'estimait tranquille, rassuré dans la suite de ses affaires ou de ses plaisirs. La société bourgeoise cédait sans contrainte à l'accroissement de son bien-être et de ses profits. Les ouvriers se résignaient, dans l'abondance du travail et l'augmentation des salaires, à n'être plus les maîtres de la rue. Les habitants de la campagne n'étaient que satisfaction et soumission; on les appelait « l'armée civile » de l'empereur. Enfin, « dans le grand chômage de la politique », la littérature et les arts avaient repris un nouvel élan. Les théâtres n'accusaient plus cet état de vague abandon, qui trahit la crainte d'un bouleversement intérieur. La salle de TOpéra continuait à se remplir de monde. Naguère, on aurait pu remarquer, très en vue, aux premières loges de l'Académie de musique, « Thiers et ses femmes ><, en deuil de la duchesse d'Angoulème; ou, non moins reconnaissables aux avant-scènes des baignoires, la comtesse Le Hon et son assidu voisin, Auguste de Morny. Indistinctement, sur le front des loges, ruisselaient les diamants entremêlés des mondaines et des demi-mondaines. Et, sur une autre scène, aux Tuileries, passait la belle Doua Eugenia, gracieuse et fière, Eugenia de Montijo si bien entrée dans son rôle de reine, après quehjues mois seulement d'exercice, qu'elle avait fc»it accepter de tous et de toutes son élévation extraordinaire.

Combien de temps se prolongerait dans les douceurs d'une paix active l'éveil d'un règne si rempli de promesses? Humain et généreux de nature, idéalement sensible au rêve d'un accord parfait entre les peuples et d'une justice supérieure présidant à leurs destins mutuels. Napoléon n'oubliait pas, cependant, qu'il avait

hérité d'un nom belliqueux et que cette condition d'hérédité lui imposernit, tôt ou tard, l'obligation d'adjoindre à tant de gloire quelques lauriers complémentaires. En de certaines heures, tout à ses projets de remanier la carte de TEurope, il ne songeait que de guerres et de conquêtes. Il serait un second Napoléon I*"'. Puis, il se reprenait à ses théories généreusement illusoires en faveur de la civilisation et de l'humanité. Les bienfaits d'un règne paisible et producteur d'éléments de richesses, sans retour funeste aux causes de mort, lui apparaissaient comme le but le plus noble, le plus souhaitable, auquel pût tendre un grand prince, voire même un grand homme. Cependant, un souflle guerrier agitait les plis du drapeau impérial. Depuis son avènement, il semblait que les sabres de l'armée traînaient sur le sol plus bas et avec plus de bruit que d'habitude. Les aspirations de gloire militaire, de suprématie européenne, hantaient, de nouveau, cette imagination instable. Napoléon 111, empereur des Français, devait faire la guerre; et comme dans l'état de l'Europe, les raisons de conflit et « les aigreurs dont on pouvait le mieux se servir existaient du côté de la Russie, ce fut contre elle qu'il se tourna d'abord (1) ». Ajoutez qu'il avait le secret désir de se venger des hauteurs de Nicolas; que, sans se l'avouer à lui-même, il voulait aussi, et surtout, empêcher la France de penser à ses libertés perdues; qu'il jugeait utile et politique de l'en distraire par le fracas des armes; et qu'enlin le gouvernement créé par le coup d'Elal sentait le besoin de trouver en Europe une source d'alliance, qui le rele-

(1) Théod. Ourcl.

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vât en force et en considération. Autant de raisons, autant de prétextes. De là l'importance qu'il fit prendre en 18o3, à l'insignifiante querelle des Lieux Saints et la facilité avec laquelle il se laissa entraîner par l'Angleterre dans une action commune contre l'empire des tzars (1).

Pendant les jours d'avril de l'année I800, encore attristés des derniers feux de cette interminable guerre, désolés, à l'intérieur, par les maux répétés des inondations fluviales, appauvris par les disettes et l'épidémie, mais ayant conservé un éclat de surface, qui recouvrait d'espoir l'ombre de ces misères momentanées, Napoléon III voulut visiter, en souverain, des lieux où il s'était montré, trois fois, en exilé. Avant

!l) Une querelle de moines, engagée, au mois de mai 1850. entre les Grecs et les Latins, à roccasion des Lieux Saints; la question de savoir si le droit de possession d'une partie de l'église du Saint-Sépulcre appartenait à ceux-ci ou à ceux-là; l'intervention de la Légation française, se réclamant de l'article 33 des capitulations de 1740, en faveur de l'Église latine; le prompt élan avec lequel l'Espagne, le Piémont, Naples et la Belgique s'étaient mis à la suite de la France; les contre-projets delà Russie, profitant de la circonstance pour transformer complètement les rapports établis entre elle et la Turquie et pour y découvrir une occasion, peut-être, de démembrer , à son profit, l'empire ottoman; les contestations accessoires surgies entre Musulmans, Grecs et Latins, à propos d'une chapelle du lite orthodoxe, construite dans un quartier de Galata ; la note intransigeante du prince Menschikolf, exigeant, au compte de la Russie, une sorte de protection universelle des Grecs, dans l'empire turc; lultimatum envoyé, un mois plus tard, à la Porte, par M. de Nesselrode : tels furent les préliminaires d'une guerre, modeste à l'origine, et devenue, par l'effet des alliances contractées, comme par l'extension des démêlés primitifs, un immense carnage. Du côté des Français. 95.000 hommes tués par le feu et par la maladie; du coté des Anglais, 20.000; des Turcs, 30.000; des Russes, plus de 110.000; au total, 300.000 êtres vivants, pleins de jeunesse •et de force, anéantis dans cette funeste et inutile guerre d'Orient.)

d'inaugurer rexposilion universelle de l'industrie et des arts, il avait décidé de traverser le détroit, en compagnie de l'impératrice, pour resserrer les liens entre les deux nations anglaise et française, combattant sous les mêmes drapeaux. Il y eut de grandes réjouissances, au palais de Windsor et dans la ville de Londres. La reine Victoria, assistée du prince Albert, avait eu la courtoisie d'attacher elle-même au genou de Napoléon m, l'ordre de la Jarretière, que lui présentait le roi d'armes et de lui passer, de sa main, le collier au cou, en lui donnant l'accolade. Puis, le lord-maire le recevait au Guidhall et lui remettait solennellement le diplôme de bourgeois de la cité. Sur son chemin, il avait eu la satisfaction non moins flatteuse de recueillir les acclamations et les hurrahs populaires. Ses hôtes n'avaient rien négligé pour qu'il lut charmé, d'abord, et qu'il lui restât dans res|)ril, en outre, une haute idée de la puissance britannique.

Tandis qu'il traversait à découvert, en l'une des voitures de la reine, des rues qui lui avaient été familières, au temps où il les parcourait, souvent à pied, ses regards se promenant, parmi la foule, semblaient y chercher des visages anciennement connus. A deux ou trois reprises, il avait montré à sa jeune compagne des maisons qu'il avait habitées ou qui lui furent hospitalières, aux époques où le sol de la patrie se refusait à ses pas. De son côté, la reine A'ictoria n'avait pas été sans réfléchir sur les viscissitudes étonnantes du sort, (jui avaient élevé au rang dos premiers potentats de l'Kumpe le prétendant d'autrefois, sans fortune et, suj)posait-on, sans avenir, et qui faisaient, en l'an de grâce 1855, de l'héritier du plus imjjlacable adversaire

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de la nation britannique, son visiteur, son allié, son ami. Une fois seule avec elle-même, elle n'avait pas manqué d'en noter la remarque sur son journal :

« N"est-il pas extraordinaire, se demandait-elle, que moi, petite-fille de Georges III, je danse dans la salle de Waterloo avec l'empereur ><'apoléon, neveu du plus grand ennemi de ma patrie, aujourd'hui mon intime allié, et qui, il y a huit ans, vivait dans ce pays exilé et inconnu? »

Dans le revirement des hommes et des opinions, en effet, que de rencontres et de contrastes saisissants! Quels effets caractéristiques de ces jeux de la fortune! Napoléon III, plus qu'aucun autre, en pratiqua l'expérience et, puisque le hasard du sujet s'y prête, nous voulons en rapporter une circonstance curieuse et tenant, comme la précédente, aux alternatives de sa destinée.

Lors d'un de ses déplacements officiels, dont l'essentiel objet était de se montrer aux provinces occidentales de la France, Napoléon avait dû s'arrêter, à Dieppe, avec l'impératrice Eugénie. Entre les personnages qui lui furent présentés, à la sous-préfecture, figurait un magistrat de haut caractère, de cons-

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