‹ Rêve d'empereurChapitre 3 sur 29 · PREFACE XI · texte numérisé non relu

PREFACE XI

ceur et de résignation exemplaires, la duchesse de Saint-Leu poursuivait, pour ses enfants, les visées les plus hautes, et n'ayant pu en pénétrer comme ellel'aurait von la, Tàme et l'esprit de son fils aîné soustrait à ses soins, elle en avait tourné vers Charles-Louis-Napoléon tonte la ferveur éducatrice et tout le vaste espoir.

Il s'en imprégna si complètement qu'il ne devait plus dévier d'une ligne dans l'exécution du programme napoléonien, que lui tracèrent les « memoranda » de la reine Hortense, comme nous les avons, pour ainsi dire, retrouvés et fixés sous notre plume.

Le dernier ministre de l'Empire, Emile Ûllivier, qui pensait bien avoir ses raisons de connaître et d'apprécier au vrai, le souverain qu'il avait servi, laissait entendre dans une de ses dépositions historiques aux prolongements indéfinis, que ni les tendances intellectuelles ni les goûts désignatifs de l'héritier des Bona[)arte ne s'accordaient avec la fatalité, qui fit de lui le principal acteur d'un drame politique extraordinaire d'imprévu. Son i(l(''al de vie aurait été. se tenant à distance des

conflits amltitieux, de n'être, d'abord, qu'un amateur éclairé des actions humaines, raisonnant de haut, sous l'auréole d'un grand nom. Détaché du présent, autant que l'auraient permis son rang, ses titres, ses qualités, il eût tourné le meilleur de son intelligence du côté de l'histoire et de la philosophie; il eût trouvé dans ces calmes études les plus douces joies de sa pensée.

En réalité, quelle qu'eût ét(* l'orientation de son sort, il n'aurait eu que l'espèce de désintéressement obligatoire, qu'impose la force des circonstances.

Les seules prémisses de son éducation sont tout à l'opposé de cette thèse sur le jeu contradictoire de ses instincts et du rôle que lui dévolurent les événements, aidés de son etlort tenace.

Il eut, évidemment, une certaine timidité native. Avec une docilité satisfaite, il s'irait rangé derrière les droits supérieurs du duc de Reichstadt et de son frère aiin' Napoléon-Louis, tant qu'ils vécurent. Néanmoins, ses désirs im[)récis comme la situation d'âme où le tenaient : d'une part, ses devoirs de respect et de soumission envers la loi d'hérédité, et, d'autre i)art, le flottement des idées d'avenir éveillées on lui. d('jà, par la stimulation maternelle, no demandaient qu'à courir des chances moins clTacées.

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