PREFACE XIII
Son rêve était, en quelque sorte, inné. Il cherchait à prendre forme dans ce clair-obscur des premiers temps. Des traits de son enfance nous révéleront d'une manière vive et claire qu'il en eut le pressentiment de très bonne heure.
Un instinct de divination soutient et pousse en avant les prédestinés du trône. Où puisent-ils cet excès de confiance, jusque dans les phases les plus calamiteuses de leur destin? Quelle hallucination les hante et leur inspire ces espoirs démesurés? La galerie s'en étonne et se rit d'eux. Ils persévèrent à croire en leur chimère étoilée. Et la fortune, tout d'un coup, les soulève au-dessus du reste des hommes, par une démonstration du vrai de leurs songes aussi éclatante qu'inattendue.
Tel, pendant le Premier Empire, Louis-Philippe d'Orléans végétant, jiarmi les détresses de l'exil, à Londres ; et, ne se connaissant, guère, d'autres ressources que la pension mensuelle de cinq cents livres sterling dont il était redevable à la générosité de lady Bute, lui tenait, un soir, ce langage, dont elle se montrait, à bon droit, fort surprise :
ce Vous allez, milady. me trouver très ambitieux. Eh bien ! c'est plus fort (pie moi. Tenez, dans cet instant môme, où je n'ai pas la moindre chance de rentrer dans mes biens et dans la position à laquelle