‹ Rêve et vieChapitre 6 sur 12 · R Ê V R F- T VIF · texte numérisé non relu

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avait place la couronne de la mariée.

De partout on apportait des condoléances au vieux Petki.

Et tous étaient a:'.i; ... , et tous portaient des habits sombres. Le fiancé pleurait, les larmes du père étaient déjà taries. Deux parentes soutenaient la pauvre Erzsi, Elle se cramponna tellement an cercueil de sa sœur, lorsqu’on voulut le descendre dans le caveau, qu’il fallut l'arraclier de force et l'emporter à la maison. Là, elle attendit le retour des siens.

Jlonka devait revenir, lui semblait-il, et lorsqu’elle vit rentrer son père et Barczay seuls, sa douleur fut si forte qu'elle s’évanouît. Barczay la releva, Lt voulut la mettre dans les bras de son père.

« Gardez-la, — lui dit le vieux Petki — maintenant, je n'ai plus

que cette enfant : qu'elle prenne la

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place dl SA B 1 uir, cl qu'elle Boit heureuse. »

Barczay soigna la jeune tille, dangereusement malade pendant plusi.

Semaines, et ne quitta la maison, que lorsqu'Erzsi fut rétablie.

La résolution du vieux Petki de donner sa fille Erzsi au fiancé J'Ilonka ne resta un secret pour personne, mais il fallut laisser écouler l'année de deuil. L’année coula len-

tentent. donnant à Petki l'a-.--avance

qu'il ne pouvait marier sa hile à meilleur ou à plus honnête homme que Barczay.

Puis le deuil quitté, on célébra la noce.

Barczay emmena la jeune fille qu’il aimait de tout son cœur, et le bonheur des jeunes gens mit un peu de baume sur la plaie du vieux père.

Le rêve d'Erzsi était devenu réalité

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Comment se réalisa celui de sa sœur?

Un jeune berger marchait le long du Szamos, la nuit où l'on célébrait à grand bruit le mariage de la fille aînée de Petkî.

Il 'était arrêté et ^ait allumé un feu de branches de sapin. Très pâle, il fixait, f esprit perdu dans sa rêverie, le feu qu’il ne voyait pas. Il était assis sur le tronc d'un arbre, que le fleuve avait déraciné, puis laissé sur la rive. La figure du berger était bien jolie et blanche. Les cheveux noirs tombaient en boucles sur ses épaules, son costume était simple et pauvre.

Mais, sur son front, on. voyait passer le souffle du génie, du génie que le faiseur de vers cherche en vain, et

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qui, par les plaines et les montagnes,

murmure de sublimes pensées à l'oreille

de quel .[lies enfants bénis de Dieu.

Ils chantent, près qu'inconscient», ces enfants de Dieu, et, pourtant, leurs simples mélodies mettent des larmes aux yeux de ceux qui les entendent.

Autour du berger tout dormait :

les bergers, Ls troupeaux, la nature entière était plongée dans un profond sommeil; seul, le jeune homme était éveillé, et jouait sur sa flûte des citants que personne ne lui avait appris, et les jouait comme en rêve, presque sans s'en rendre compte.

La mélodie parfois s’éteignait, mais W cho, al or . la répétait, plus tendre et plus douce.

Le berger ne joue plus, il regarde un objet que le fleuve apporte. L’eau tourbillonne, l’objet tourne, tourne et soudain, le courant dépose un corps

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