‹ Révélations d'en-haut sur la science de la vieChapitre 4 sur 11 · CROISSANCE INCONSCIENTE · texte numérisé non relu

CROISSANCE INCONSCIENTE

Toute créature qui obéit à la loi de la croissance sans chercher à comprendre ce qu’est cette loi, est dans un état d’obéissance incons-

'.: dente à la loi, et toutes les créatures dont la vie

est apparente sur le plan de la croissance meurent.

•' Dieu demande une reconnaissance intelli¬

gente, une l’econnaissance si pleine et si complète qu’elle fait de la créature une expression parfaite du créateur. Ceci suppose une croisy sance constante, une reconnaissance toujours plus large du principe d’amour qui, une fois % ' individualisé, est l’homme dans son âme et son •; esprit, la fontaine éternelle de la vie au dedans

de lui.

Les processus de la croissance sur le plan animal— qui tous conduisent à l’homme — . , sont plus ou moins conscients du pouvoir qu’ils

représentent; leur capacité de reconnaître Dieu,

-, ' le principe de vie, s’exprime par le moyen des • usages. A ces divers degrés de croissance les '• êtres ne sont pas encore arrivés à un point où

ils peuvent dire, en s’appuyant sur la raison pure : « Il y a un pouvoir suprême au dedans de moi que je sais être assez puissant pour vaincre tous les ennemis qui se trouvent sur le chemin de la croissance éternelle, et pour me libérer entièrement de toute attraction apparente, sauf de celle du Bien absolu, ou Dieu.

LA VIL €NE

HÉVÉLATIONS d’EN HAUT

La nouvelle pensée qui envahit aujourd’hui le monde est l’éveil de la race sortant de l’état inconscient d’une croissance aveugle pour arriver à la croissance consciente.

La croissance inconsciente et aveugle est celle des arbres et des animaux ; mais tous les Etres qui croissent sans savoir comment et pourquoi, qui n’arrivent pas à avoir conscience de leur développement, succombent nécessairement, au bout d’un temps plus ou moins long’, à l’attraction de la terre. La terre retourne à la terre et.la poussière à la poussière.

La terre nous dévore tous, parce que nous ne savons pas développer une vitalité toujours croissante qui détie son attraction. Ce n’est pas la matière qui peut développer la vitalité dans un univers, mais c’est l’esprit, et cela en reconnaissant de nouvelles vérités à mesure que les siècles passent. L’homme a complété sa croissance animale ou inconsciente, sa croissance par le moyen des usages, qui a fait de lui un organisme parlait, ou un laboratoire pour la manifestation de l’intelligence, et il se trouve maintenant à un point où il n’y a plus de progrès possible pour lui sous la loi de la croissance inconsciente, c’est-à-dire la méthode de crois-

LA VIK UNE

sance qui s’exprime seulement par les usages.

Il se trouve aujourd’hui à un nouveau point de départ, ce point capital vers lequel tous les siècles s’avançaient silencieusement ; et la responsabilité que lui crée cette situation est telle qu’un pas en arrière, en ce moment, plongerait le monde dans un autre siècle d’obscurité dont il ne pourrait sortir qu’aprèsdes siècles.

En vérité la situation actuelle est si importante que le fait de ne pas savoir en proliter judicieusement détruirait — pour des millions d’entre vous — la valeur du monde et de la vie.

Afin de mieux faire comprendre à celui qui cherche la vérité ce que nous entendons par la croissance inconsciente exprimée par les usages, nous nous expliquerons davantage.

Toute croissance est produite par le désir. Dans l’animal le désir ne semble pas s’élever au-dessus du corps, mais s’exprime par lui.

Ainsi le petit infusoire qui n’est qu’une infime goutte de protoplasme éprouve la faim. Il Hotte dans l’eau, et lorsqu’il se trouve en contact avec une autre forme de vie qui peut lui servir de nourriture, il replie son corps autour d’elle et la retient en lui, comme vous pourriez tenir un grain de blé dans votre main; puis, lorsqu’il en

RÉVÉLATIONS d’EN HAUT

a absorbé la substance, il en détache son corps, et laisse tomber le résidu ainsi que vous laisseriez tomber le grain de blé. L infusoire n’a ni bouche, ni main, ni pieds, ni yeux, ni oreilles, ni quoi que ce soit qui ressemble au tube digestif; mais il éprouve un désir pour ce qui est bon, et, dans l’organisme supérieur où passe l’esprit de cette petite créature, ce désir augmente, et il en résulte une pression sur la nature pour obtenir qu’elle 'ui fournisse un meilleur système digestif. Et ainsi l’infiisoire passe à des incarnations supérieures et plus parfaites, devenant plus fort à chacune de ses demandes, et criant <à la nature de plus en plus fort afin qu’elle lui fournisse les moyens de satisfaire de mieux en mieux ses désirs. En sorte qu’il arrive à posséder non seulement un système digestif, mais des yeux pour voir sa proie, des nerfs olfactifs pour la sentir, des oreilles pour l’entendre, des pieds pour courir après elle et des griffes pour la saisir (1).

Voilà ce que veut dire la croissance par le moyen des usages, et c’est par un développe-

(1) Edwia Arnold nous dit que ce qu'il y a de plus bas dans l’échelle des choses vivantes, Tinfusoire de la classe des protozaires n’est jamais moi’t d’une Fa^on évidente. *Ce n est qu une

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ment de cette sorte que l’organisme complet de l’homme se construit et que son cerveau se forme.

Mais il peut rester à ce point là pendant des siècles, sans être autre chose que l’homme animal, s’il ne commence pas à user de son cerveau en vue d’un développement futur.

Aussitôt qu’il emploie son cerveau dans ce sens, il passe du domaine de la croissance inconsciente et non raisonnée à celui de la croissance consciente et raisonnée. Mais à aucune des périodes de sa croissance inconsciente il n’a pu échapper à la pénalité ou à la conséquence de la vie inconsciente, qui est la mort; et la raison de ceci se trouvé dans la nature même de Dieu, le principe d’Amour et de V’ie.

On peut dire que Dieu est double, en ce sens qu’il est intérieur et extérieur, invisible et visible, Amour et Intelligence; et l’intelligence, qui est tout l’Univers visible, ne peut se perpétuer qu’en reconnaissant que cet Univers est l’extériorisation de l’Amour, ou de Dieu,

membrane de protoplasme informe qui se multiplie par division spontanée, et forme ainsi une chaino d’existence continue depuis le premier infusoire qui s’est mû et s’est nourri dans le lointain des temps.

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

et que, par conséquent, il ne peut pas plus être atteint par la maladie et la mort que l’Amour ou Dieu, qui est sa propre àme et ne fait qu’un avec lui.

Il en est ainsi parce que les choses visibles ne sont pas matière, c’est-à-dire une substance morte sur laquelle l’esprit agit ; mais elles sont cette partie visible que l’on peut appeler le Mental. Par esprit pur, nous entendons l’Amour, ou Dieu.

L’Intelligence et l’Amour sont une seule et même chose. Ils sont Dieu. En réalité, il n’y a pas dans tout l’univers autre chose que l’Amour, ou Dieu. L’intelligence est l’expression personnelle de Dieu. Toute la nature, l’homme en tête, est la Parole parlée de Dieu. Au début, cette parole ne se lit entendre que faiblement, comme le balbutiement de l’enfant; mais chaque jour il se comprenait mieux et parlait de plus en plus en accord avec la Vérité.

Quelle chose étrange que cet Amour universel, cette Vie Lne! qui remplit toutl’espace, qui est absolument parfait en lui-même. Il semble qu’il n’ait aucune peine à s’affirmer.. Il coule incessamment et vivifie chaque expression de lui-même, quelque négative et

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incomplète qu’elie soit. C’est pour cela que nous avons dit que l’homme est la parole parlée, et qu’il a prononcé cette parole lui-même. Car tandis que l’intelligence, ou la nature, comprend l’Amour à tous les degrés de son développement, l’Amour ne semble pas comprendre l’Intelligence, ou la nature; mais il se manifeste simplement dans la proportion où il est compris.

Si nous considérons la matière de cette façon- Icà, il est presque impossible que cela ne nous conduise pas à l’idée d’un Dieu double. Mais cependant il n’y a qu’un seul Dieu qui est I’amour dont l’intelligence ou la Sagesse est la partie visible, comme la lumière est la partie visible de la chaleur. On pourrait presque dire que l’amour éclate en petits jets qui s’étendent lentement, révélant de plus en plus de luimême, jusqu’à ce que ces flammes deviennent conscientes d’elles-mêmes et de leur véritable caractère et s’écrient : « Voyez, voyez, nous sommes Dieu ! »

Et, de fait, cela ne peut être qu’en nous connaissant nous-mêmes comme Dieu, que nous pourrons détruire la maladie et la mort et conquérir toutes choses. Ainsi nous briserons le pouvoir de la vieille terre qui nous a assujettis

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

si longtemps par le fait de l’ignorance où nous sommes de nous-mêmes.

« Alors s’accomplira la parole qui est écrite ; Esaïexxv, 8 : La mort a été engloutie dans la victoire! » (1 Cor. xv, 54).

Et maintenant nous reviendrons encore sur la question de la croissance inconsciente parce qu’elle est liée à une vérité d’une importance capitale, et qui nous sera d’un grand secours à chaque heure de la lutte par laquelle nous devons conquérir toutes choses et vaincre même la mort.

Les deux facteurs essentiels de la croissance sont le désir, que nous appelons la prière, et la FOI. Lorsque le désir est accompagné de la foi, ce qui arrive dans la période de la croissance inconsciente, il obtient toujours ce qu’il demande. Peut-être ne l’obtient-il pas au sens limité de sa demande, mais dans un sens plus élevé.

L’infusoire que nous avons pris pour exemple demande ostensiblement de la nourriture, mais

LA VIE UNE

par là il fait appel à une plus grande somme d’intelligence et à une conception plus large. Il demande avec foi car il n’a pas encore atteint ce pôle négatif de la vie consciente où commence le doute au sujet de Tamour éternel et de Dieu.

Oui^ la petite créature denaande avec foi.

L'univers entiei* entend son cri et Dieu luimême s’incline pour mettre de la nourriture au dedans des cellules de son frêle organisme.

Pensez à cela ; pas un cri qui réclame plus de pensée et plus de Vérité n’est poussé en vain. C’est un appel à l’Eternel Amoui\ à l’Ame Universelle, qui ne reste jamais sans réponse; et la réponse sera prompte et complète en proportion de la foi que nous mettrons dans la demande.

Ainsi, tandis que l’animal crie pour du pain, ce qui, en dernier lieu, signifie une conception plus large de l’Amour ou de Dieu, nous qui avons atteint une sphère plus élevée nous demandons directement une portion de cette intelligence qui est la seule nourriture capable de nous nourrir véritablement ; et si nous demandons avec foi, cela nous sera accordé, car la réponse est toujours égale à la demande.

RÉVÉLATIONS d’kN HAUT

La seule chose dont nous avons besoin, c’est l’intelligence pour comprendre de plus en plus l’Amour de Dieu. Car l’Amour, ou Dieu, est la vie pure sans défaut; c’est la vie affranchie de la croyance en la maladie et la mort.

Plus nos intelligences se développent pour concevoir l’Amour et Dieu, plus nous croissons en rejetant toute crainte et toute croyance décourageante. La Vie, la vie éternelle se dévoile de plus en plus à nos yeux à mesure qu’augmente notre pouvoir de reconnaître l’Amour, ou Dieu.

Maintenant que nous montons du plan animal vers le plan spirituel, c’est la VÉRITÉ seule qui peut nous nourrir. Dans cette sphère sainte et élevée une nourriture physique ne pourrait pas nous suffire. Il est vrai que la nourriture physique nourrit le laboratoire, ou l’organisme qui génère l’intelligence salvatrice, mais, tant que cette intelligence n’est pas générée, nous sommes fatalement assujettis à la corruption et à la mort. L'Evolution de l’homme divin se fait à travers l’homme animal. Il n’y a pas de raison plausible pour que l’homme animal se perpétue. Son but n’est pas lui-même ; il est seulement destiné à être la racine de l’homme

divin ; si l’homme divin ne germe pas dans son cerveau pour l’élever vers des destinées plus nobles, alors il vaut autant qu’il meure.

Et la race continuera à mourir comme elle l’a toujouis fait, à moins qu’elle ne soit sauvée par la nouvelle pensée qui commence à luire dans nos esprits.

Lorsqu’une chose a rempli le but pour lequel elle avait été créée, elle disparaît. Pendant des milliers d’années l’homme animal a été parfait dans son animalité. Mais parce que l’homme n’a pas généré la pensée qui aurait pu le lier CONSCIEM.MENT à la source de son existence, il est mort, ce qui devait être ; car le monde n’a rien à gagner par l’homme animal, sauf d’avoir en lui une racine d’où sortira la race de l’humanité divine qui va apparaître grâce à la connaissance de la philosophie de l’ÊTRE. Le monde n’a nul besoin de semences improductives, et il est naturel que celles-ci se corrompent dans le sol, si le principe vital qui pourrait les élever jusqu’à un développement plus noble fait défaut.

Que ceux qui lisent ces pages ne concluent pas de ce que nous venons de dire que l’esprit de l’homme n’est pas immoW^^que

ses

RÉVÉLATIONS d’en HAUT

chances sont perdues s’il ne réussit pas à atteindre cette conscience de la vérité qui le ferait passer par dessus la mort et le rendrait immortel dans son corps, ou lui permettrait de renouveler ce corps aussi longtemps qu’il en aurait besoin pour accomplir une œuwe sur la terre. Il n’y a pas de destruction possible pour l’esprit de l’homme. Et l’esprit lui-même va toujours se développant. Il n’est pas sorti parfait des mains d’un Dieu personnel, il grandit constamment à mesure qu’il reconnaît plus et plus de la vérité. Il a subi plusieurs incarnations sur cette terre; car son commencement (en ce qui concerne sa personnalité) a été infiniment petit, et il continuera à se re-incarner et à croître jusqu’à ce que la grande vérité salvatrice éclate sur lui, la vérité qui lui donnera la connaissance complète de la loi de la Vie, ou de l’Etre, qui le rendra maître de toutes les conditions de la vie, et bannira pour toujours la maladie et la mort.

Comme nous l’avons déjà dit, l’univers est un, et il est tout Bon ou Dieu. Notez ceci:

il ne peut pas y avoir deux univers; il n’y a qu’un seul univers qui est entièrement bon (ou Dieu) et par conséquent il ne peut pas con-

LA VIE UNE

tenir de mal, au sens absolu. La croyance au mal est une erreur dans laquelle les hommes sont tombés parce quhls ne connaissaient pas la loi; parce qu’ils ne savaient pas que tout est bien et que le mal est une impossibilité.

Si Thomme était sorti parfait des mains de Dieu, il aurait connu toute la vérité, et il n’y aurait pas eu pour lui de croissance; car la croissance est le fait d’apprendre la vérité. Si l’homme avait été un esprit complètement développé au moment de sa création, il aurait manifesté toute la sagesse et l’aurait incarnée.

Mais au lieu de cela, il n’était, au début, qu’une faible étincelle d’intelligence. Cette intelligence a constamment grandi, lui dévoilant de plus en plus la création. Et maintenant il commence à s’apercevoir que Dieu est; que rien n’a jamais pu être ajouté ou enlevé à Dieu, et que toutes les créatures sont grandes ou petites dans la proportion où elles reconnaissent cette immense vérité.

Car bien que Dieu ne puisse jamais changer, l’homme change continuellement, et cela en dépit du fait que Dieu et l’homme sont un.

Voyez la chose au point de vue de l’homme.

L’homme grandit en apprenant de plus en plus

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à discerner la grandeur infinie et la bonté inaltérable de l’esprit qui est au dedans de lui. Car Dieu, le Principe d’Amour, est l’esprit qui est dans tout homme; et si puissant est cet esprit, qu’à travers toute l’éternité les hommes ne seront jamais capables de le mesurer; et le fait de reconnaître toujours plus sa grandeur est le seul moyen que nous ayons de croître. La tentative de mesurer Dieu donne à l’homme sa propre mesure, car Dieu et l’homme sont un ; et puisque l’homme ne peut s’approprier Dieu, l’Eternel Amour, qu’en le reconnaissant, il s’en suit que nul ne peut priver un autre de son héritage inépuisable.

Et c’est parce que toute croissance se produit par l’acquisition de la connaissance, ou la reconnaissance de Dieu (le Bien) que nous pouvons affirmer avec une absolue certitude que l’on reçoit en proportion de ce que l’on demande.

Sur ce qu’on appelle le plan physique (bien qu’il n’y ait pas de plan exclusivement physique) il n’en était pas ainsi. Et s’il n’en était pas ainsi, c’est à cause de l’erreur que nous commettions en pensant qu’il y a une limite au bien ou, en d’autres mots, que le mal a une existence réelle.

l,A VIK UNK 40

On verra en outre que l’homme crée ses propres conditions, et qu’il a fixé lui-même ses limites par le fait de ses fausses croyances. Telle est la raison pour laquelle, sur le plan soi-disant physique, la réponse n’a pas été égale à la demande. Mais toutes les souffrances et les misères cesseront lorsque les hommes seront arrivés à comprendre qu’ils sont des créatures mentales et spirituelles et non pas matérielles, et que l’acquisition de la richesse mentale — la reconnaissance de la loi de Dieu ou du bien — est la seule chose qui puisse les enrichir vraiment. Cette richesse-là peut s’acquérir sans préjudice pour les autres, car sa source est inépuisable. Et cette richesse procurera à celui qui la possédera des avantages qu’il ne peut avoir tant qu’il vit en ne croyant qu’à ce qui est physique.

Car le temps est venu, qui a été depuis si longtemps annoncé, où la race doit bannir la mort de cette planète, et, par une compréhension plus profonde de la vérité, en faire une demeure appropriée pour des créatures immortelles.

Ce n’est pas au moyen d’une entente entre les hommes s’unissant en vue d’un effort orga-

nisé pour renverser le système de monopole social actuel que cette transformation se produira. Quelque naturels que soient ces efforts dans leur champ d’opération, qui est le plan animal, ils sont dépassés et compris dans cet unique effort de l’époque, l’effort intellectuel, pour saisir la plus grande des vérités, savoir que toutes! Dieu ouïe Bien déjà Maintenant, et que le ciel, ou l’harmonie, est ici, alors même que nous ne le voyons pas encore.

11 n’y a rien de plus logique que ce fait que nous affirmons et celui qui voudra bien réfléchir sérieusement verra cette vérité si clairement que rien ne pourra ébranler sa foi en elle..

Du reste saint Paul l’a annoncée bien avant nous. — « Voici, je vous dis un mystère ; nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés en un instant, en un clin d’œil à la dernière trompette... cai- il faut que ce corps corruptible revête rincorruptibilité, et que .ce •corps mortel revête l’immortalité. Lorsque ce corps corruptible aura revêtu rincorrup.tibUité, alors s’accomplira la parole qui est écrite ; la mort a été engloutie dans la victoire. »

On voit clairement que par la résurrection de la chair ,n’est pas entendu le corps spirituel

LA VIL UNE

dont saint Paul paide plus loin. Le corps spirituel qui se trouve à la base de l’être et qui est vêtu du corps charnel ou naturel est une ■chose — mais la résurrection de la chair signifie une toute autre chose, ce qui ressoi t clairement des versets précédents du même chapitre où il nous dit ; « Le Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts, et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. Mais chacun en son rang: Christ comme prémices, puis ceux qui sont de Christ, lors de son avènement. Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu le Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu’il règne Jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est la mort. »

En vérité le ciel est au milieu de nous et si les hommes ne le voient pas, c’est parce qu’ils le cherchent en se plaçant à un point de vue négatif, en sorte qu’ils n’aperçoivent pas la vérité, mais la négation de la vérité. Ils se ■croient les citoyens d’un monde matériel et pJiysique, enfermés dans une série de lois

nÉVÉLATIONS d’en HAUT

étroites au-delà desquelles leurs pensées ne peuvent pas aller. Ainsi emprisonnés dans la plus sombre des prisons, celle des illusions personnelles, ils n’ont fait aucun effort pour regarder au-delà, et il en est résulté que la lumière du jour glorieux est pour eux comme l’obscurité.

L’homme en croyant à l’existence du mal est devenu infidèle au bien et à la puissance du Bien, et ainsi dans son intelligence obscurcie l’Univers s’est trouvé séparé en deux, et il a perdu la perception de son harmonie.

Et c’est parce que l’homme a séparé l’Univers en deux par sa pensée, — la puissance de penser étant le seul pouvoir qu’il possède — qu’il voit le péché, la maladie et la mort comme une réalité. Ces choses ne peuvent, en effet, nous apparaitre autrement aussi longtemps que nous sommes emprisonnés dans la croyance aux lois physiques, et que nous ne nous élevons pas jusqu’à la sphère de la liberté spirituelle et mentale, et de la compréhension de la loi de l’Etre qui nous démontre la fausseté de ces lois limitées.

C’est à cause de ces croyances erronnées que la vie nous apparait comme un champ de

bataille où chaque pas est une lutte, où tout est désharmonie.

Lorsque, en nous élevant au-dessus de la foi en la matière, avec ses lois limitées, nous comprendrons réellement que l’Univers est un, et qu’il est uniquement I’amour dont la seule loi est l’attraction— ce qui éloigne pour toujours toute idée de force — alors il n’y aura plus de cause de désharmonie entre la pensée et la foi ; et ces croyances (ou conditions) appelées péché, maladie et mort disparaîtront d’ellesmêmes et ne seront plus.

Mais la race ne sachant pas qu’elle est pure intelligence et que par conséquent ce sont ses croyances qui créent ses conditions; ne sachant pas qu’il n’y a pas d’autre loi que la loi de l’attraction, qui est la loi de l’Amour; ignorant le fait que l’univers est un, et partant du pôle négatif de l’existence pour admettre des idées qui sont basées sur la peur, a répandu des milliers de fausses croyances par rapport à elle-même, et il semble — en voyant la chose de ce planci qu’elle soit en train d’extérioriser ses croyances en les faisant passer dans l’expérience.

Lorsque nous disons oue la race est. en train

RÉVÉLATIONS DEN HAUT

d’extérioriser ses croyances en apparence seulement, nous exposons la véritable condition de la race aujourd’hui. Les hommes vivent presque exclusivement d’erreur; il est temps qu’ils comprennent la vérité et commencent à la faire vivre. Or, la vérité est que, dans un univers d’Amour, il n'y a pas de place pour la peur.

La peur est le résultat de l’ignorance ; c’est la conséquence de ce que l’on ne sait pas que tout est Bien, ou Dieu, et que l’on ne se fie pas complètement à ce grand fait. Il résulte de ceci que nous sommes dans une position entièrement fausse dans le monde. Nous vivons de croyances dont la base est fausse et par conséquent nous avons créé, pour nous-mêmes, de fausses conditions, nos conditions ne pouvant être que le résultat de nos ci'oyances.

Au lieu de comprendre que tout est Amour, ou Dieu, et que le royaume de l’Amour n’est pas divisé contre lui-même mais est une unité, nous vivons dans de fausses croyances qui font, pour nous, de la Vie un véritable cauchemar de terreur ; un rêve dont nous sortirons bientôt pour nous trouver au sein de l’Amour, n’étant soumis à aucune autre loi qu’à celle de l’attraction.

LA VIE UNE

La loi d’attraction est ce que son nom implique, un pouvoir attirant, et cgmme puissance attractive elle ne peut pas nous donner autre chose que ce que nous désirons. Or, si nous ne désirons que ce qui est le Bien, ou Dieu, et que rien d’autre ne puisse nous attirer, dans un Univers qui est tout bien, l’idée du mal se trouve annihilée.

En réalité le mal n’a pas d’e.xistence réelle, par conséquent pas de loi, et nous n’avons aucune raison d’avoir peur. Et à mesure que nous avancerons dans la connaissance des possibilités du bien qui est maintenant latent en nous, nous verrons que nos anciennes croyances n’ont pas de fondement; nous verrons que Dieu ou le Bien, est tout en tout et que nous sommes ses expressions.

LA PHILOSOPHIE DE l’eXPRESSION PARFAITE

Emerson a dit : « Il n’y a qu’un seul esprit; nous en sommes tous des manifestations ».

Par ces paroles il a deviné la vérité, et c’est ce que tous les philosophes entendent lorsqu’ils affirment que « Tout est Dieu » et que nous sommes des expressions individuelles de Dieu. Le Bien est aussi présent, il remplit tout l’espace, il est l’espace. Ce Bien est l’Esprit universel que les hommes appellent Dieu. En vérité, c’est le Tout Universel, l’Omniprésence, rOmniscience, l’Omnipotence.

Dieu et l’homme sont Un, de même que Jésus, le Christ, a dit : « Mon père et moi nous sommes un ». Cette assertion peut paraître hardie, mais sa logique ne manquera pas d’être évidente pour celui qui s’arrêtera un instant à

l’expression parfaite

méditer en contemplant le principe, notre premier centre, notre Demeure Eternelle.

Dieu occupe tout l’espace qui existe, par conséquent il n’y a aucune place pour l’homme séparé de Dieu. Nous trouvons une confirmation de ceci dans l’affirmation suivante de la Biblè :• (c En Dieu nous vivons, nous nous mouvons, et nous avons l’Ètre ».

Le but de ces leçons est d’affranchir l’homme de ses croyances dans ses propres limitations, en lui montrant les véritables relations qui existent entre lui et l’esprit universel, et en lui démontrant les possibilités illimitées de son être.

Illimitées, disons-nous, parce qu’il a été créé à l’image, à la ressemblance et selon le caractère de l’Omnipotence. Il a cru qu’il était séparé de Dieu, et par conséquent impuissant; mais lorsqu’il comprendra ses véritables relations, il verra qu’il est uni à Lui qui est la source le centre de toute vie, et qu’il a )o droit sans restriction de tirer de ce centre, ou de cette source de vie, tout ce dont il a besoin pour se construire un corps sain, doué de force et de beauté, par le moyen duquel il puisse manifester la perfection et exprimer la pensée qui fait la joie du monde.

L’homme est un Être triple qui a une tête, un cœur et un corps matériel; il est esprit, âme et corps, et la vie peut se manifester pleinement par cette trinité dans l’unité. Je dois penser, parce que Dieu est le Penseur et que je suis son intermédiaire. Il faut que j’exprime les pensées que j’ai, car leur expression est la mesure de ma connaissance ; c’est la floraison et le fruit de « l’Arbre de la Vie ».

Ce dont la race a un pressant besoin, c’est d’un remède pour la misère actuelle, pour les maladies et la mort qui envahissent chaque demeure et remplissent tous les cœurs de douleur. Tout l’effort tenté dans ces leçons sera de chercher ce remède. Nous demandons la santé et la nourriture. Paix et connaissance, tel est le cri qui s’élève de toute la terre, et la demande amènera la réponse.

L’homme qui est consciemment uni à Dieu trouvera amplement à satisfaire ses besoins grâce à la puissance de la foi, et la capacité de s’approprier ce qui est nécessaire est toujours égale à la demande. Nous sommes des manifestations de Dieu, nous sommes l’expression extérieure de Dieu. Il est l’âme, nous sommes le corps « Vous êtes les temples du Dieu vivant ».

l’expression parfaite

Dieu est Thomme intérieur, Thomme est le Dieu extérieur. Dieu est la cause, Fhomnie est TefTet. Dieu est subjectif, Thomme est objectif. Lorsque la race connaîtra cette grande vérité, elle comprendra sa propre dignité, sa valeur et son pouvoir. Alors il n’y aura plus ni maladie, ni mort, ni pauvreté, ni soulTrance. Plus de larmes, plus de faim, plus de besoin, plus de faiblesse ni de vieillesse. Nous saurons que nous sommes un avec Dieu; et savoir que nous sommes un avec Dieu, c’est avoir fait la réconciliation, at-one-ment (1) (atonement) et posséder la paix. Nous voudrions voir tous les étudiants de cette philosophie affirmer ceci : Dieu esty et je suis. Et par ce que je suiSy je saiSy je pense et j'exprime. Ma pensée et son expression sont la mesure de ma connaissance. Mon corps est le registre de tout ce que j’ai pensé et exprimé.

Tout est substance une ; la substance est Dieu (ou le Bien). La substance est Dieu-substance. Elle est toute intelligence, par conséquent elle est Vintelligence universelle ; c’est le Bien-substance. Il n’y a pas de matière en tant

(1) At-one-ment, qui est un.

que quelque chose d’étranger, ou d’isolé de l’Esprit. La matière et l'esprit ne sont que des développements différents du Dieu-substance, un et universel. La matière n’est que la grossière écorce du Dieu-substance et du Bien, partout où il se trouve. L’esprit est cette même substance-Dieu. Tout est réel, transitoire, perpétuel, tout est bien à sa place. L’intelligence universelle donne ses trésors à l’bomme en proportion de la demande intelligente qu’il exprime ; « Demandez et vous recevrez. » Il n’y a pas de limite à ce que vous pouvez recevoir. Il ne doit y en avoir aucune à vos demandes.

Et maintenant, cher enfant de Dieu, nous allons continuer ces premières leçons de la philosophie de l’expression parfaite.

LE BIEN OMNIPRÉSENT

L’Univers est un aimant puissant qui a ses pôles, positif et négatif. Le sens dans lequel nous employons ces mots explique toutes les relations du créateur avec ce qui est créé. Les mots eux-mêmes sont relatifs dans leur appli-

LE BIEN OMNIPRÉSENT

cation. Il ne s’agit pas de conditions absolues; car il n’y a rien qui soit absolument positif ou négatif. Tout ce que nous voyons n’est qu’une grande échelle de Jacob, ou une gradation, le négatif se transformant en positif à travers le temps.

Les mots qui exprimeront le mieux le sens dans lequel nous employons ces termes de positif et négatif sont : intelligent et non intelligent ; mûr et non mûr; développé et non développé. Prenons un exemple. Le rocher est négatif si on le compare à la main ; et la main est négative si on la compare au cerveau; et le cerveau à son tour est négatif si on le compare à cette essence qu’il génère et que nous appelons la pensée.

Et cependant tout cela est une substance. La pensée est une substance tout aussi bien que le rocher. La variété infinie des objets et des conditions que l’on rencontre partout est la même Substance-Dieu à des degrés divers de développement, positif et négatif; la différence dans la manifestation étant due aux degré.s différents de développement dans celui qui la manifeste et non pas à une différence dans la substance.

IlÉVÉLATIONS d’en HAUT

Nous ne pouvons pas penser à quelque chose qui ne soit pas substance. Cette substance une est apparente dans toutes les formes, animale, végétale, minérale; et toutes l’expriment. Toutes les possibilités existent dans le roc comme dans l’homme, mais il faut le temps pour qu’elles s’incorporent dans nos corps et dans son développement supérieur, — la pensée.

Il n’y a pas de ligne de démarcation entre le positif et le négatif, m^ais, pour la commodité de l’exposition, nous en supposerons une; et nous la placerons à ce point de développement où nous commençons à être consciemment intelligents; où nous commençons à raisonner, à nous étudier nous-mêmes et notre milieu. Nous la placerons le plus près possible de ce point où l’intuition commence à se manifester dans ce qui est animal en passant dans la vie consciemment intelligente de l’homme.

Il ne faut pas oublier cependant que même la nature soi-disant inanimée a de l’intelligence. Mais l’homme est l’expression la plus élevée de l’intelligence consciente.

C’est la conscience de l’intelligence qui crée sa puissance et lui donne autorité sur toutes choses. Nous avons dit que l’univers est un

LE BIEN OMNIPRÉSENT

grand aimant. Il est tout un. Lorsque nous considérons que la vapeur, la glace et la neige ne sont que des conditions différentes de l’eau, il n’est pas difficile de comprendre que toutes les formes de la vie, visibles et invisibles, sont formées de cette substance une et première.

Univers signifie un. Cette idée de Funité doit être enracinée dans l’esprit de l’étudiant comme elle doit l’avoir été dans les esprits de ceux qui, les premiers, essayèrent de formuler notre langage; de là le nom de Univers appliqué au tout. L’Univers est un Uni-Ver s et non pas un divers. N’oubliez pas cela; car si l’étudiant perd de vue ce point, ce centre, il ne pourra rien comprendre à ces interprétations. L’Univers pour être un imivers et pas un divers doit être composé d’une seule substance élaborée sous des formes nombreuses et variées, animées et inanimées.

La substance dont il est formé, ou évolué, est la même à travers le tout, mais les degrés de développement varient quant à l’expression négative et positive, autrement dit de maturité et de non maturité. Car c’est le degré de développement dans un objet qui donne à cet objet son caractère, sa forme et sa cou-

GO RÉVÉLATIONS d’en HAUT

leur ; son pouvoir de mouvement, son intelligence, etc.

En d’autres mots, chaque individualité pour être plus ou moins individualisée dépend du degré de développement de ce que nous appellerons, comment? la substance-Dieu de Tunivers, l’esprit ou la matière? Nous ne pouvons pas l’appeler matière parce qu’on emploie et on comprend généralement ce mot dans le sens de absence d’intelligence et de vitalité tandis qu’en vérité, il n’y a pas un atome dans tout l’univers qui soit dépourvu d’intelligence et de vitalité.

Nous devons appeler cette substance une, de laquelle tout est évolué — esprit — qui est le nom de l’expression la plus élevée, parce que, par la compréhension des lois cachées et des processus de cette manifestation supérieure — l’esprit, — nous apprenons à analyser et à gouverner tout ce qui est audessous de lui; à philosopher et à ramener toute chose à la substance, ou expression, une et centrale de Dieu, sachant que par là seulement nous obtiendrons le pouvoir que nous désirons.

L’Univers est un vaste Esprit, un immense laboratoire où se développe la pensée et la vé-

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rité. Toute vie est la manifestation delà Vérité ou de rinteliigence; c’est ce qui rend apparent ou visible les nombreuses nuances de cet Esprit Universel que nous appelons Dieu ou le Bien Absolu. Chaque manifestation de l’Absolu est intelligente, même dans sa partie qui nous semble tout à fait dénuée de vie, comme les rochers, par exemple. Eux aussi contiennent Timmense pouvoir du Tout et sont en route pour leur long voyage à travers le puissant aimant que nous traversons tous. Devons-nous chercher notre point de départ bien loin, en arrière des âges, dans la mort etTassoupissement de ces grossières conditions du début de rinteliigence?

Qui peut dire que nous ayions jamais eu un commencement; Taffirmer ce serait limiter l’éternité. Nous devons avoir été éternellement latents dans l’Esprit éternel. Mais il y a eu un temps où l’Esprit Infini nous exprimait; — il y a eu un temps où nous avons été créés individualité, individualité grossière et inconsciente sans doute, mais cependant individualité. Tendant à la cohésion par la loi de l’attraction, nous sommes devenus des individus et nous avons grandi à travers les âges en augmentant toujours notre somme d’intelligence par la puissance

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

de reconnaître et de nous approprier jusqu’à ce que nous soyions arrivés là où nous en soiTimes aujourd’hui, à un point d’où nous pouvons raisonner sur notre long voyage, sur le milieu où nous nous trouvons et sur la manière de le dominer, de façon à le créer selon notre désir. Façonner notre milieu selon notre désir est le secret de la philosophie et le but que ces leçons se proposent de dévoiler. Nous avons été impuissants, parce que nous ne connaissions pas notre force et non pas parce que nous n’avions pas de force. La force, comme la santé, ont été latentes en nous, parce que le Dieu, omniprésent, est dans toutes les choses, les développant constamment du négatif au positif et manifestant incessamment son immense vitalité, mais la connaissance seule pouvait nous faire sentir cela, et cette perle manquait.

La vérité est le grand Je suis qui a toujours existé et que l’on peut obtenir en le voyant et en le prenant. Le premier pas vers une juste appréciation de la vérité est de reconnaître ce Je suis. C’est l’accomplissement de cette première injonction : « Croyez, si vous voulez être sauvés » ; la croyance est une demi re-

LE BIEN OMNIPRÉSENT

connaissance. C’est l’éveil de l’intelligence à la perception de la vérité. Reconnaître la vérité, c’est croire en elle. Et après que l’on a cru en elle, (jue faire? A celui qui vaincra, toutes les promesses sont faites, et ce que nous avons à vaincre, c’est notre vieille incrédulité au sujet de rOmnipotence et de l’Omniprésence du Bien.

Nous élever assez haut sur l’échelle de l’intelligence pour percevoir qu’une vérité est une vérité, c’est placer cette vérité à noti e portée et c’est reconnaître. Mettre alors notre puissance de volonté en action et, par son opération, vaincre notre vieille incrédulité qui lutte pour ne pas accepter la nouvelle vérité, c’est faire que cette vérité soit à nous, et c’est l’appropriation. Nous montons pas à pas sur ce puissant aimant, l’Univers, par la reconnaissance et l’appropriation de la vérité.

Nous avons maintenant assez avancé à la lumière de notre conscience et de notre intelligence toujours grandissante, pour reconnaître cette grande vérité, que dans tout l’univers il n'y a pas de mal (1), il n’y a que Dieu (ou le

(Ij Ces affirmations doivent toujours être prises dans le sens métaphysique absolu Le mal n’existe pas en soi, il n’est oue le résultat de la non affirmation du bien.

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Bien). Et parce que nous avons enfin reconnu cette vérité maîtresse, il faut que nous passions en revue toutes nos anciennes croyances et que nous les jugions à cette lumière plus puissante que celle qui les a éclairées jusqu’à présent.

Chers étudiants, ne croyez pas que notre manière de considérer la création soit une illusion ; le développement de l’homme selon la loi d’évolution n’est nullement en contradiction avec la révélation contenue dans les Ecritures. Le jardin d’Eden où l’homme vivait heureux avec Dieu et avec lui-même représente la vie harmonieuse et instinctive de la race avant l’apparition de ces pouvoirs ou de ces facultés de raisonnement qui éveillèrent lïndividualité consciente de l’homme, et le poussèrent à poser une foule de questions auxquelles il ne pouvait pas répondre, en sorte que depuis lors la race est restée dans un état de fermentation perpétuelle.

(Jue l’homme ait monté l’échelle de la vie depuis la monade, et plus en arrière encore, aucun penseur ne saurait le mettre en doute ; car pour que l’homme soit, il est nécessaire qu’il ait vécu tout. Nous avons vécu tout ce qui

LK BIKN OMNIPRÉSENT

précède le point où nous somrres arrivés. Et ce fait nous confère un pouvoir immense, celui que nous donne la conquête de toutes les conditions de la vie que nous avons traversées. Car c’est seulement en dominant par l’intelligence, c’est-à-dire en reconnaissant la vérité et en se l’appropriant, que nous arriverons à posséder le pouvoir qui nous permettra de modeler nos conditions selon nos aspirations :

de manière à nous établir consciemment dans notre position de maîtrise.

Puisque l’homme est l’expression la plus élevée de cette vitalité éternelle que nous appelons Dieu, (ouïe Bien), et puisque sa vie était repliée dans la vie animale et que la vie animale était enfermée dans la vie végétale, et la vie végétale contenue dans les profondeurs de la terre ; et puisque^ après celte longue série de développements, il est arrivé au scmmet par la victoire remportée sur les grossières conditions premières, au moyen de la connaissance toujours grandissante et de l’appropriation de la vérité (qu’elle fût acquise consciemment ou autrement), il est réellement aujourd'hui le maître de la terre et de toutes ses conditions, bien qu’il ne s’en rende pas compte.

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

Il est le maître parce qu’il a vécu tout ce qui est au-dessous de lui, qu’il a renversé tous les obstacles et les a foulés à ses pieds. Le fait qu’étant dans une forme humaine, il a la vision vague de sa libre action morale, est la preuve de sa maîtrise ; et tout ce qu’il a à faire pour l’exercer pleinement et avec autorité sur son milieu social et financier et sur son corps débile, c’est de reconnaître qu'il a déjà conquis, et de prendre la ferme résolution de faire usage de cette puissance en réserve qu’il a acquise par la victoire.

Il n’a pas reconnu cela parce que la conquête et l’effort pour y arriver ont été chez lui presque inconscients jusqu’à ce jour. Car ses facultés de raisonnement commencent seulement à se développer, il vient seulement d’atteindre un point d’où il peut contempler le long chemin parcouru, la lente croissance qui l’a amené à être l’incarnation ou l’expression de toute la vérité, de toute l’intelligence qu’il a reconnue sur son chemin.

L’homme est un aimant, il est un Être complet, qui a ses pôles, positif et négatif. La pensée est le pôle positif; l’homme aimant et son corps sont le pôle négatif, et c’est entre ces

LE BIEN OMNIPRÉSENT

pôies, positif et négatif, que se trouve toute la gamme de sa vie.

La pensée est le facteur le plus positif, et pa r conséquent le plus puissant, dans l’homme ; son cerveau est le facteur, ou le degré qui vient après, parce qu’il génère la pensée qui le domine. Le cerveau est moins positif que la pensée. Le corps, qui est contrôlé par la pensée que le cerveau génère, est moins positif encore que le cerveau ou la pensée, ce qui prouve que le corps physique (le pôle négatif de l’airnanthomme) est ce qui, dans l’homme, se trouve intimement allié à la condition terrestre négative de tout son être. Et parce qu’il est la partie la plus négative ou la plus terrestre de lui-même, il a déjà domination sur lui par le; fait qu’il a conquis les conditions terrestres qui l’ont amené à sa condition présente. L’histoire sainte dit que « l’homme a été tiré de la poussière de la terre /». Cette affirmation, qu’on le reconnaisse ou non, est tout à fait d’accord avec la théorie de l’évolution et elle est vraie à la lettre. La vie de l’homme se trouve contenue dans ce grossier stratum de l’esprit appelé « la poussière de la terre ».

Tout l’effort du philosophe doit être de reii-

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

dre ceci clair pour l’étudiant, afin de lui permettre de fouler aux pieds ces négations du Bien, qui sont l’erreur, la maladie et la mort; alors, comme nous l’avons déjà dit, nous reconnaîtrons cette vérité salvatrice et par conséquent absolue que tout est bien et qu’il n’y A BAS UE JiAL. Nous appelons cela la vÉniTÉ ABSOLUE. Le fait qu’elle est absolue exige que toute vérité qui n’est pas absolue s’adapte à elle, car la vérité absolue ne se conforme pas. Elle est debout dans sa majesté puissante comme elle a toujours été, et elle force chaque âme qui gravite vers elle à harmoniser toutes les pensées de sa vie avec elle-même.

Chaque vie est, dans sa mesure, une manifestation de la vérité, ou du bien. Un serpent manifeste une certaine quantité de bien ou de vérité ; mais la vérité, ou le bien, manife.-dée par un être humain, est négative comparée à )a vérité qu’elle manifestera lorsque chaque atome de cet esprit que nous appelons Je, ou Moi, possédera la vérité positive que tout est BIEN et que le mal n’a pas d’existence lîÉEi.LE, car cette vérité est absolue, et elle englobe toutes nos vérités relatives actuelles, en manifestant le pouvoir inhérent à celle-ci.

LE BIEN OMNIPRÉSENT

11 n'y a qu'un seul bien et ce bien est pure intelligence, ou esprit, et il remplit lïinivers en entier. Toute la croissance de nos vies dépend du degré dans lequel nous reconnaissons ce bien ei nous nous l’assimilons. C'est en reconnaissant et en nous appropriant la vérité que nous CROISSONS. Chaque pas en avant que nous faisons s'accomplit par la croissance.

Nous ne pouvons pas voler à travers l'univers sur les ailes du vent; nous sommes forcés de marcher en croissant, et chaque progrès nous coûte un douloureux effort.

Si Dieu est omniprésent, la première déduction à tirer de ce grand fait c'est que Dieu et l’homme sont un. Ceci est si vrai que chaque fois qu'à travers les âges un homme s'est élevé jusqu’à la compréhension de cette vérité on l'a appelé un Dieu. Beaucoup d’hommes sont arrivés à une compréhension partielle de cette vérité : Thor en Scandinavie; Mahomet en Arabie, Bouddha et d'autres, mais Jésus le Christ, SEUL s'est senti assez fort dans cette puissante vérité pour s'écrier ; « Moi et mon père nous sommes un. »

D après les textes, Jésus n'a prononcé ces paroles que par rapport à lui-même, mais il

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

savait qu’elles étaient vraies pour toute l’humanité. S’il ne l’a pas dit, c’est qu’il savait aussi qu’une vérité doit devenir personnelle pour la conscience d’un homme avant de lui appartenir. Il savait que tout homme doit arriver à comprendre cette grande et absolue vérité que TOUT EST BIEN et que lorsqu’il sera arrivé à ce point, il proclamera son unité avec le père. Le Christ savait que le temps viendrait où chaque homme s’élèverait à un degré assez haut pour réclamer cette unité, et en parlant au peuple cette âme bénie disait : « Vous êtes des Dieux. »

Chaque homme doit s’élever lui-même jusqu’à cette altitude de ta vérité universelle, cette vérité qui proclame l’omnipotence et l’omniprésence du BIEN, avant qu’il puisse dii’e : « Moi et le père nous sommes un. » Mais le privilège de faire cela appartient à chaque âme. Vivre consciemment dans cette vérité c’est être dans une position qui permet de dominer toute?

choses. En vérité, la compréhension complète de cette vérité assure tout pouvoir sur ces conditions que nous appelons la maladie et la mort. Cette compréhension est la connaiss.ance dont la puissance accomplit des miracles.

LE BIEN OMNIPRÉSENT 71

Gela semble une prétention bien audacieuse de dire que nous sommes un avec Dieu, mais la logique de Tesprit le prouve. Nous sommes un avec Dieu, non seulement dans le sens que nous habitons en lui, mais nous sommes aussi nécessaires à Dieu que Dieu nous est nécessaire. Nous sommes ià nécessité de Dieu dans le sens de la dépendance qui doit exister entre la cause et Telïet. Il n^y aurait aucune raison que Dieu, Tesprit universel, existât, s’il devait exister sans pouvoir s’exprimer. Dieu, l’esprit universel, s’exprime dans la nature, dont l’homme est l’idée suprême. Si dans tout l’univers il n’y a rien autre que Dieu et si nous sommes des expressions de ce Bien, comment donc pourrions-nous être mauvais?

Nous ne sommes pas mauvais, nous sommes ignorants et c’est notre ignorance qui nous est imputée comme le mal ou le péché.

Mais l'ignorance ou l’absence de développement n’est pas le mal. L’enfant est moins développé que l’homme, mais y a-t-il pour cette raison plus de mal en lui? Il commet plus de fautes que l’homme, mais c’est parce qu’il a plus à apprendre. Ses fautes font sa force parce qu’elles servent à l’instruire, par consé-

r.ÉVÉLAïIONS d’en HAUT

quent elles sont pour lui un Bien. La race se croit séparée de Dieu (ou du Bien). Cette idée est absurde. Dieu (ou le Bien) remplit l’univers et l’univers ne peut pas être séparé de lui-même. Ce que la race doit apprendre encore c’est que tous ses maux sont le résultat de ce que son intelligence n’est pas mûre ; et que l’EaREun, la m.alauie et la mort ne sont pas des forces positives.

Ce que la race appelle ses péchés, ce sont simplement les erreurs qui proviennent de la -i

condition négative et non développée où elle se trouve; ce sont des pièges qui nous font '

trébucher dans notre course vers la lumière.

L’homme cherche lentement le chemin qui •;

mène de l’animalité à la divinité. Qu’est-ce qui le guide? Nous répondions l’espoir du , 'ti bonheur. Du bas en haut il n’y a qu’une ' recherche incessante du bonheur. :

Le tigre mange l’homme pour apaiser sa îv

faim, car c'est pour lui la réalisation la plus élevée du bonheur. Le meurtrier tue un ' homme pour satisfaire sa vengeance ou se , (i

procurer par le vol des moyens de jouissance.

Dans les deux cas c’est ce besoin du bonheur que Dieu a mis au cœur de l’homme qui le

LE BIEN OMMPRÉSElNT

pousse à Tacte, et dans les deux cas Tacte présente le même caractère et émane du même instinct irrépressible, le désir du bonheur. Le mot péché est-il vraiment celui qui doit être appliqué ici? En poursuivant le bonheur cet homme s’est trompé sur la façon de le trouver. 11 a commis une grossière erreur. De quoi a-t-il besoin, de punition ou de lumière? Il a besoin d’intelligence. Il faut qu’il soit élevé du pôle négatif de sa vie — le pôle anirnalisé et irrationnel de l’existence — par l’éducation. Mais il n’est pas bon pour la société de le laisser en liberté tant qu’il n’est pas éduqué. Soit, alors enfermez-le. La société a le droit de se protéger, mais il n’est pas besoin pour cela, qu'elle se fasse meurtrière.

Aujourd’hui une grande majorité des hommes cherche le bonheur par des méthodes qui, quoique moins-désastreuses que celle qu’emploient le tigre et l’assassin sont cependant le résultat des mêmes idées arriérées. Quelle est la raison de ceci? L’ignorance. Quel est le remède? L’intelligence. Le Dieu existe et il est omniprésent, mais la race est trop ignorante ou trop négative pour comprendre cette splendide vérité. La Vérité est ici, elle a tou-

JÆVÉLATIONS d’eN HAUT

jours été ici, mais ils sont peu nombreux ceux qui sont assez développés pour la voir.

Nous le répétons, le mal n'existe pas en lui-même. Le mal est un des incidents de notre vie négative qui nôus fait comprendre que Ton n'arrive pas au bonheur en faisant du mal aux autres. C’est un bloc dans l’obscurité contre lequel nous nous blessons et nous blessons les autres en voulant ouvrir la porte pour obtenir de la lumière. Dans tous les actes de notre vie nous cherchons le bonheur et pas autre chose. Mais étant ignorants, n’étant pas encore sortis des vies négatives et inférieures que nous avons menées depuis le commencement de notre individualité, nous ne savons pas comment le chercher. Nous le cherchons par de fausses méthodes et nos fautes nous apprennent les vraies méthodes, en sorte que chaque erreur devient une marche qui nous élève sur des plans supérieurs de pensées et de manifestations. Sans ces fautes nous ne nous serions jamais élevés jusqu’où nous sommes.

C’est le seul chemin par lequel il nous a été possible de sortir des conditions négatives où nous étions, pour nous élever aux conditions divines dont nous approchons maintenant. Et

LE BIEN OMNIPRÉSENT

même ce que nous appelons nos péchés ne sont que des erreurs qui nous ont fait avancer sur le chemin. La race est une unité. Elle est Vexpression une et universelle de Dieu ; et toujours la loi infinie a été le plus grand bien pour le plus grand nombre. Si le sacrifice apparent d’une vie montre à la race que tel effort pour chercher le bonheur a été une erreur, et si une centaine de personnes profitant de la leçon sauvent des centaines d’autres vies, le sacrifice a été bon. Dans l’obscurité où nous marchons nous ne pouvons nous guider que par nos expériences et par nos fautes.

Puisqu’il y a un pôle positif et un pôle négatif de la vérité, la haine est le pôle négatif et l’amour est le pôle positif. La mort et la maladie sont les pôles négatifs dont la vie et la santé sont les pôles positifs. Les parties physiques et spirituelles d’un homme sont les pôles négatif et positif de l’esprit qui est Lui.

Toujours dans notre recherche de la vérité, nous commençons par saisir le négatif (l’opposé de la vérité), puis nous apprenons par l’expérience à reconnaître nos fautes, et c’est la seule façon d’acquérir la Sagesse qui est la

RÉVÉLATIONS d’EN HAUT

connaissance innée. Nos erreurs deviennent ainsi des indications qui nous montrent le pôle positif ou la vérité. Une fois que nous avons éprouvé les deux côtés, nous nous sentons sur un terrain solide. La leçon est bien apprise et nous sommes prêts pour la suivante. C’est de cette façon que la race avance par la négation de la vérité jusqu’à la vérité, en sorte qu’enfin elle commence à contempler la vérité positive et à la formuler par ces mots : Tout EST BIEN, et l’homme est un avec Dieu et s’en va de gloire en gloire à travers l’éternité.

LE FACTEUR NON RECONNU

Comment se^ fait-il que l’homme soit dans une telle obscurité par rapport à lui-même?

Cela tient à ce qiTil est un être qui est en train de croître et qu’il n’est pas encore arrivé à la pleine stature de l’homme intelligent.

L’homme s’est créé lui-même petit à petit à travers les âges. ]3ien qu’il ait été pour toujours latent en Dieu — la vitalité unique — cependant il fut un temps où deux ou trois intimes petits points de connaissance s’unirent par la loi de l’attraction et formèrent le commencement de sa personnalité. Ces points d’intelligence s’étant fusionnés^ devinrent ainsi un aimant d’une grande puissance qui eut le pouvoir d’en attirer d’autres à lui ; et tel fut le début de la croissance personnelle. Et cette

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

infime petite créature commença à croître intérieurement et extérieurement. Plus elle reconnaissait la qualité de son esprit, plus elle manifestait de pouvoir.

Le fondement de toute croissance est le désir. Le désir est le facteur non reconnu dans révolution de l’homme. Le désir est « la pierre de l’angle que les constructeurs ont rejetée; » et c’est le désir qui sera le principal support des fondations du temple qui n’est pas construit avec des mains : le temple de Dieu et de la race.

L’esprit — qui est Dieu dans l’homme — n’a qu’un seul mode d’expression, qu’une seule voix, et c’est la voix du désir. Le premier faible avertissement de la vie a été le fait de reconnaître le désir, le sentiment d’un besoin quelconque. C’est cela qui a été le commencement de la croissance individuelle. C’était, pour ainsi dire, l’éclat d’une petite voix qui criait : « plus, plus ». Oh ! qu’il était grand le pouvoir de cette jietite voix ! Quel constructeur elle a été ! Dans ce premier petit cri faible et inintelligible, il y avait plus de puissance que dans la baguette d’un magicien. Ce n’était qu’un point invisible, même vu à travers le

LE FACTEUR NON RECONNU 79

microscope le plus puissant ; une goutte presque infinitésimale de ce qu’on appelle protoplasme; et cependant quelle quantité de désir incarné ! quel appel pour la nourriture, pour une vie plus étendue, pour une compréhension plus vaste de Dieu et du bien ! et — représentez-vous cela — la petite voix réussissant à atteindre plus haut et plus loin, et l’univers lui-même s’arrêtant pour l’écouter, s’inclinant pour remplir la petite bouche et, dans sa tendresse maternelle, s’abaissant pour satisfaire à la demande du baby !

La première petite vie qui jeta ce cri de ; « plus et plus » devint une demande perpétuelle adressée à la maternité de Dieu, et la réponse fut toujours égale à la demande. Et à travers toute la période de notre croissance inconsciente les babys ne cessèrent jamais d’avoir confiance en la mère. L’esprit qui était au-dedans d’eux ne pensa jamais qu’il devait limiter ses demandes ou crucifier ses désirs. Ecraser leurs désirs, ç’eût été détruire leurs esprits ; ils ne pouvaient que reconnaître leurs désirs, mais c’était reconnaître leurs esprits ; et reconnaître l’esprit, c’est le manifester. Or, plus ces créatures reconnaissaient

de l’esprit, plus elles croissaient et se fortifiaient.

N’oubliez pas que le désir est l’esprit individualisé. En d’autres mots, Dieu, ou le Bien, se manifeste par les désirs individuels. Ces désirs, une fois revêtus de nos pensées individuelles, deviennent nos personnalités.

Ainsi le désir dans l’homme est la partie divine de l’homme, c’est son esprit. Dieu, ou le Bien, n’a pas d’autre manière de parler à travers l’individu que par le désir. Par conséquent, le désir dans l’homme est son esprit ; c’est Dieu, ou le Bien, parlant à travers lui.

Or, durant toute la période de notre croissance inconsciente, nous n’avons jamais songé à étudier nos désirs, nous nous contentions de leur ohéir aveuglément. PA qu’en est-il résulté '? Ceci ; c est que le désir fut entraîné à organiser, si bien que la toute petite goutte de protoplasme se créa un appareil objectif et une forme des plus complexes, adaptée à toutes les occurences. Pour employer une comparaison mécanique, le désir, qui correspond à la vapeur, se construisit une magnifique machine, et même un mécanicien (le cerveau) chargé de diriger la machine. Mais au début le

LE FACTEUR NON RECONNU

mécanicien ne comprit pas son devoir et pendant des milliers d'années il a été en train de rapprendre. Tout son temps fut employé à faire connaissance avec sa machine et avec la force qui la fait marcher.

Comme le privilège le plus élevé de l'homme est de commettre des erreurs, puisque c'est la seule façon pour lui d'apprendre, sa première faute fut de s'imaginer que cette force — la vapeur dans la chaudière — était un ennemi dangereux et de chercher à la réprimer.

« 11 faut crucifier les désirs », telle fut la première exclamation qu’il poussa en prenant conscience de sa présence. <c Le désir est le diable » a dit la voix du clergé depuis mille ans. Et l'on construisit des monastères sans nombre, dans la solitude desquels il était facile de crucifier le désir, d'endiguer l'esprit de Dieu, ou du Bien, dans l'homme, et de l'empêcher de s'épandre. L'histoire nous apprend que même des rois et des piinces se soumirent volontairement au fouet comme punition pour avoir nourri le désir. Le désir était le grand ennemi de la race. Nul doute que le diable qui tenta Eve dans l’Eden ne

RÉVÉLATIONS d’EN HAUT

fut le désir. Prenons la chose ainsi, et voyons ce qui en est de cette fable.

Le jardin d’Eden était cette condition de l’homme de croissance inconsciente. C’était cette première condition dans laquelle il se conformait à la loi de son être (son désir) sans discussion. A.ucun scrupule de conscience ne venait le troubler dans la satisfaction de ses besoins. Sa vie — bien que sur le plan animal et non raisonné — était un tout en elle-même. Aucun sentiment secondaire ne l’entraînait hors du sentier de son inclination naturelle. Il dévorait les autres animaux sans remords ; il ne regrettait jamais rien, et par conséquent il était dans un état heureux et en paix. Tel était l’Eden animal, unvrai jardin de délices pour l’homme non mûri et inconscient. Dans cet état, l’homme ne travaillait pas pour vivre et il subsistait grâce à ce qui était à sa portée. Mais Eve — qui est la partie intuitive de l’homme — prit du fruit de l’arbre de la Connaissance au milieu du jardin et ses yeux furent ouverts et elle distinguait le bien du mal. Et l’Eternel Dieu dit ; « Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal... » Et l’Eternel Dieu le chassa du jardin

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d’Eden pour qu’il cultivât la terre d'où il avait été pris, afin de l’empêcher « d’avancer la main et de prendre de l'arbre de la vie, d’en manger et de vivre éternellement » dans son état d’ignorance primitive et animale.

L’homme représente l’intellect et la femme l’intuition de la race(l). Avec l’éveil de l’intuition vint la connaissance de la justice ; car l’intuition est la source d’amour dans l’être humain, et c’est avec raison qu’on la considère comme féminine.

I.,a première faible idée de justice dans la race brisa ses conditions animales ; causa un arrêt dans le progrès de cette antique et primitive loi que Darwin a appelée « la survivance du plus apte >> et commença à établir une sorte de défense non organisée pour le corps entier du peuple. Le côté moral avait apparu et en naissant il détruisit le premier Eden.

(l) Que ces deux principes, l’intelligence et l’intuition fussent dans le même individu (« deux en un ») nous en avons la preuve en ce qu’il est fait mention de l’homme seulement comme étant « devenu comme l'un de nous » et qui fut chassé du jardin afin que, tant qu’il était dans son état encore inculte « il n'avançât pas la main pour prendre de Varhre de vie » Observez encore que c’cst l'homme seulement que le Seigneur Dieu chassa du jardin et aucune mention n’est faite de l’expulsion de la femme.

Les hommes commencèrent à travailler pour gagner leur pain. Leurs cerveaux, tout en se développant^ projetèrent constamment de nouvelles questions qui demandaient a être résolues. A ces questions ils répondirent par la faible lumière de l’intelligence qu’ils possédaient et il en résulta de fausses croyances. Dans le vieil Eden l’instinct brutal seul était reconnu, et cet instinct était sans conscience. Mais l’amour maternel pour l’enfant et en outre la sympathie maternelle pour les autres mères y mit un frein : Eve a toujours façonné Adam. Sa nature plus tendre s’est toujours trouvée à la porte de son intelligence plus robuste, et lorsqu’il lui ouvrit, voilà qu’elle avait déjà la pomme dans sa main. Elle avait mangé la première de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et elle le pria d’en manger aussi. Il le tît, et l’Eden primitif des satisfactions animales se ferma pour toujours sur eux. Or la promesse faite à Eve était une déclaration positive de la doctrine de l’Evolution, mais d’une doctrine plus élevée que celle envisagée par Darwin, car c’est le développement infini de l’àme, et par conséquent la doctrine de la permanence éternelle du moi; ce

LE FACTEUR ^’0N RECONNU

moi qui est le facteur du corps par le moyen de ses désirs.

Le désir est le facteur non reconnu de la croissance personnelle. Mais le désir n est-il pas une chose égoïste? Et n’est-ce pas une )*aison suffisante pour le crucifier?

Nous répondrons : certainement le désir paraît être une chose égoïste, mais, en réalité, il ne l’est pas. L’homme étant une créature qui se développe, son premier désir s’exprime par l’instinct qui cherche une plus grande somme de vie. Il crie incessamment en demandant plus de vie, et comme son intelligence n’a pas encore mûri jusqu’au point où la perception de la justice est possible pour lui, il détruit sans pitié les autres vies qui se placent sur son chemin afin de pouvoir vivre lui-même. Sa faible perception de l’esprit de Dieu qui est en lui se traduit par un égoïsme féroce.

Mais l’égoïsme, même sous sa forme la plus marquée, n’est pas autre chose que le sentiment de l’individualité donnée par Dieu sur le plan animal et non développé. L’animal, ou l’homme animal, qui exprime l’égoïsme exprime cependant Dieu avec la plus grande lumière qu’il possède; cardiaque manifesta-

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

tion de vie est une expression de Dieu, quelle que soit la petite quantité de Dieu qu’elle exprime réellement. La raison pour laquelle toutes les créatures ne manifestent pas plus de Dieu dans leurs personnalités est qu’elles ne sont pas capables d’en reconnaître davantage. C’est l’intelligence personnelle qui est en faute et non pas l’esprit de Dieu pur, brillant et intact qui est au dedans de chaque créature.

Or, l’individualisme—et nous vous prions de remarquer cette affirmation — est le fait capital qui se trouve au-dessus de tous les autres faits, sauf de cette grande vérité qui contient toutes les autres : Dieu est. Car Dieu pourrait aussi bien ne pas exister que de ne pas être capable de s’exprimer; et il parle à travers l’individu. La parole exprimée de Dieu met sa propre interprétation sur elle-même, et cette interprétation —• quelque incorrecte qu’elle puisse être — est personnelle ; la créature extérieure . Mais cet être n’est pas tant la parole exprimée qu’une fausse conception de cette parole elle-même.

C’est comme si une pensée puissante avait été prononcée et que vous ayiez saisi les mots mais sans pouvoir comprendre leur sens. Ainsi

LE FACTEUR NON RECONNU

toute créature vivante, quelque misérable qu’elle puisse paraître, est la parole exprimée de Dieu ; et chacune de ses paroles tend à arriver à une plus complète reconnaissance de sa propre signification, aune compréhension plus complète de l’esprit qui est au dedans d’elle. Petit à petit ces paroles exprimées arrivent à découvrir que l’esprit qui les pénètre est l’Amour et rien autre que l’Amour. Et à mesure que cette connaissance d’elles-mêmes se développe dans leurs intelligences, leurs méthodes égoïstes changent et se conforment de plus en plus à cet esprit d’arnour.

Cependant, il est vrai de dire que l’esprit qui est au dedans d’elles est le désir, en tout et pour tout le désir. Et ce désir réclame hautement en faveur de ses propres intérêts. S’il n’en était pas ainsi l’individualité serait une impossibilité, et la Parole de Dieu aurait aussi bien pu ne pas être exprimée.

Qu’est-ce donc que l’esprit de l’homme réclame avec tant de violence? La réponse à cette question nous permettra de découvrir comment le désir peut être le souffle de Dieu ; comment il peut être l’esprit divin de tout bien dans l’homme, et non pas ce sentiment égoïste que

nous avons toujours supposé qu’il était. Le désir tel qu’il se manifeste dans l’individualité est simplement une demande toujours plus pressante de plus en plus de bonheur. Le bonheur est le droit divin de chaque personne; c’est notre seul but et notre seul objet, notre unique recherche, et il n’y a pas une scmle exception à cette règle dans tout le monde ni dans tout 1 univers. Le plus infime et le plus fragile petit point de vie est en route à la poursuite éternelle du bonheur; il est pénétré d’un désir qui vient de Dieu ; ou plutôt, c’est un désir de Dieu qui lutte pour arriver à se comprendre luimême.

Dieu est l’Amour. Il est le principe vivant d’attraction en toutes choses, qui cherche continuellement à attirer les atomes plus près les uns des autres. L’Amour — lorsqu’il devient quelque chose de conscient pour la compréhension de l’individu — se façonne sous la forme du désir, ou des désirs. A chaque pas de révolution, ces désirs deviennent plus nombreux, plus complexes, plus variés et aussi plus forts. Ils sont sentis comme le souffle inspirateur de chaque action, ce qu’ils devraient être en effet, car ils ne sont rien moins que la voix

LE FACTEUR MON RECONNU

du principe de vie Un et Eternel que nous appelons Dieu.

I^y a qu’un seul pouvoir d’attraction, qui est la loi de toute substance. Il est le même en essence dans le fer aimanté que dans l’élan du cœur de la mère vers son enfant. C’est la même puissance qui réunit les amants dans l’amour, ou les associés dans les affaires; c’est le moteur caché de chaque mouvement qui se produit, que ces mouvements soient intelligents ou non intelligents. C’est ce pouvoir qui fait sor tir de la terre la moisissure dont l'arbre se nourrit et tire des rayons du soleil une substance qui revêt la terre de beauté.

La loi d’attraction explique tout, et elle est responsable de tout. Elle est divine, parfaite et, par conséquent, ne peut pas changer. Elle est le Dieu dans l’homme, dans les Heurs, dans les animaux ; et elle n’a qu’une voix, la voix du désir. Et cette voix ne parle que d’une chose : elle réclame le bonheur.

Les méthodes par lesquelles l’homme poui’suit le bonheur peuvent être justes ou injustes; le désir — qui est Dieu dans l’homme — n’a rien à y voir; il existe et c’est tout. Le désir est l’esprit de l’homme; c’est son moi vérita-

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

ble, pur et sans péché. Afais les méthodes par lesquelles il cherche à se réaliser sont presque toujours fausses; et ce sont ces erreurs qui ont formé la personnalité de l’homme.

La plus grande erreur de l’homme est d’attrihuer ses fautes au pur esprit du désir qui est au dedans de lui; alors que tout le mal vient de son intelligence non encore développée.

1, Et c’est parce qu’il a commis cette erreur ilvitale qu’il a passé des siècles à crucifier ses I désirs au lieu de cultiver son intelligence de manière à arriver à comprendre comment il fallait les satisfaire. Ce qu’il doit faire maintenant c’est de se rendre compte de l’immense importance du désir, et de chercher des méthodes justes et humaines pour le satisfaire.

A mesure qu'il sentira la force et l’importance de ses propres désirs, il verra aussi la force et l’importance des désirs de son prochain ; et comme le désir est le pur amour qui sort du sein de Dieu, il respectera autant les désirs de son prochain que les siens et de là naîtra la justice.

Or, la justice — ce facteur qui harmonise toutes les influences et qui doit produire à la fin le ciel sur la terre — ne peut pas naître

LE FACTEUR NON RECONNU

d'autre chose que de la reconnaissance de la nature divine du désir. Car lorsque riiomnrie reconnaît le désir, il reconnaît Tamour ; et l’amour est la loi d’attraction; il est Dieu. Par conséquent lorsque l’homme reconnaîtra le désir au dedans de lui et qu’il comprendra sa signification et son origine, il aura trouvé son propre esprit et il verra que cet esprit est toute la quantité de Dieu que son intelligence peut concevoir. Il verra aussi que chaque pas de sa croissance, depuis son commencement, s’est accompli au moyen du fait de reconnaître de plus en plus de son propre esprit, et que, à travers toute l’éternité, la continuation de sa croissance dépendra du pouvoir toujours plus grand, qu’aura son intelligence de reconnaître de plus en plus cet esprit de Dieu au dedans de lui, exprimé par le désir.

Si cet exposé a frappé l’étudiant, il comprendra maintenant comment il se fait que l’homme, quant à sa personnalité, est simplement intelligence ou mentalité, et comment tout l’univers visible est l’intelligence à divers degrés de développement. Et ce fait lui expliquera aussi comment sa destinée est entière- [ment entre ses mains et l’a toujours été —

ItÉVÉLATiOiNS ü’kN HAUT

quoiqu’il ne s’en'rendit pas compte — en sorte que maintenant il peut commencer à croître réellement et consciemment.

Puisque, quant à sa personnalité — qui est la partie visible de lui-même, — un homme est entièrement intelligence, il s’ensuit que plus il apprendra de vérité, plus il en manifestera. La vérité est que l’esprit est ce qui ne peut être atteint ni par la maladie, ni par la mort, et que cet esprit est levéritablernoi dans l’homme: son moi personnel ou non réel étant la fausse estimation qu’il a faite de son moi réel et véritable.

L’intelligence de l’homme s’exprimant par ■des pensées qui prennent la forme des croyances, son corps, ou sa personnalité, est fait par ces croyances. L’homme manifeste ses croyances dans sa personne. Sachant cette grande vérité, Jésun a dit ; « L’homme est tel que sont les pensées de son cœur. » Lorsqu’il croit à l’erreur, il manifeste Terreur, ou il incarne l’erreur dans sa personnalité. Comme Terreur ne peut pas durer, il s’ensuit que si Thomme ne corrige pas ses fausses croyances, sa personnalité lui échappera. La maladie, la faiblesse, la difformité, proviennent du fait que

LE FACTEUR NON RECONNU

nos fausses croyances cloivent*se briser et finir dans une complète dissolution.

Or, c’est un fait indéniable que, en dépit de l’amélioration des conditions du monde, des progrès de l’hygiène, d’une nourriture plus saine, de la diminution des heures de travail, de l’extension de l’instruction, les maladies ne font que se multiplier et que la durée de la vie semble aller en diminuant, bien qu’il y ait moins de raisons apparentes pour justifier ce fait. Cela tient à ce que sous la lumière qui va grandissant, les antiques erreurs des siècles perdent leur prise sur le peuple sans qu’il possède de foi pour elle, en sorte que les personnes se désagrègent plus facilement qu’autrefois.

C'est à cause de ce fait que les plus intelligents parmi les médecins ont perdu la foi dans leur médecine et sont effrayés en face de leur propre impuissance. Plus d’un a renoncé à sa profession par conscience. Mais lorsqu’ils uniront la philosophie mentale et la science, ils redeviendront les bienfaiteurs du monde. Nous disons cela hautement parce que les hommes et les femmes les plus nobles, les plus dévoués que nous avions connus se trouvaient dans la

KÉVKL.VnONS ü’en haut

pratique médicale et cherchaient honnêtement et de tout leur pouvoir à soulager les soulïrances de 1 humanité. Car ne l’oubliez pas, bien que les maladies ne soient que le résultat de fausses croyances, elle sont cependant pour ceux qui en sont les victimes aussi réelles que si elles étaient les vérités les plus profondes et les plus durables.

Nous ne le répéterons jamais assez, parce que ce point est important : la base de toute croissance est le désir. En réalité, la loi de l’attraction elle-même, cette loi unique d’où dépend toute vie, est le désir, qui est l’amour en expression, ou l’amour cherchant et attirant ce qui est en l’apport avec lui.

Donc, toute la croissance de l’individu se produit par le moyen du désir. Le désir est la puissance motrice de tout effort, et la vie extérieure signifie l’effort, et n’a pas d’autre objet que l’effort. Le secret de l’aimant est le désir ; et il est évident que tout l’univers des planètes est gouverné et maintenu en équilibre au moyen de cet unique et grand facteur.

Les mots « désir » et « amour » sont presque synonymes. Tous les deux signifient l’amour ; mais tandis que l’amour semble être un prin-

Lie factioir non^ reconnu 95

cipe au repos, le désir serait la tension vers l’amour, ou l’amour mis en mouvement pour atteindre son objet.

Or, l’homme, pendant le temps de sa crois- .sance, n’a rien à faire avec le principe amour, ou la vitalité unique, c’est-à-dire qu’il existe indépendamment de lui et qu’il n’a pas le pouvoir d’y ajouter quelque chose ou d’en retirer quelque chose. L’amour est, voilà tout.La prérogative de l’homme est exclusivement limitée au fait de le reconnaître ; d’arriver à une perception suffisante de sa grandeur et de l’estimer à sa juste valeur. L’amour est une puissance si immense que l’intelligence humaine peut à peine le comprendre encore. Et cependant ce pouvoir grandiose est l’esprit individuel qui existe dans chaque homme. C’est la force qui est au dedans de lui et qui est le moteur de jitoutes ses actions. Allier l’idée de péché, de imaladie et de mort à cette puissance éternelle qui agit incessamment sur l’humanité est une absurdité. Et cependant nos intelligences — ignorant cette grande vérité — ont admis cette absurdité, et par là ont donné au monde extérieur nos faibles et misérables personnalités <{ui sont comme des diffamations de nos moi

nÉVÉLATIOIvS d’en HAUT

réels, les esprits vivants et glorieux au dedans de nous.

Cet esprit d’amour, ou Dieu, qui se manifeste par des désirs sans nombre chez l’homme est l’homme réel. Il est le véritable individu. C est la vie une et toute puissante qui cherche son expression ; un jet subit de cette passion divine, unique et inextinguible que nous appelons Dieu. L’esprit de l’homme est un pouvoir qui lui appartient en propre. Ce pouvoir, qui cherche à se co-ordonner et à arriver à la compréhension personnelle, émane de la force indescriptible qui envoie les mondes tourbillonner dans l'espace, en obéissance à la loi unique et absolue ; et cet esprit est grand et invincible comme sa source.

Cette grandiose nature est donc l’homme réel, le véritable individu ; il est le Dieu individualisé.

Jésus avait vu cette gronde vérité; et lorsque ceux qui le suivaient lui demandaient : « Es-tu Dieu ? » espérant qu’il se condamnerait lubmême par sa réponse, il ne put le nier sachant bien cependant qu’ils ne comprendraient pas dans quel sens il entendait la chose et qu’il aurait a pavei de sa vie la vérité qu’il osait affirmer.

LE FACTEUR NON RECONNU

Quant à nous, nous sommes arrivés à ce point de développement de Tintelligence qui nous permet de comprendre un homme comme Mahomet, par exemple, un homme qui vivait presque uniquement avec son propre esprit, qui rétudia jusqu’à ce qu’il obtint une perception si complète de sa grandeur, que dans un moment suprême, ébloui parla conviction qu’il possédait de cette vérité, il ne put s’empêcher de s’écrier avec une joie triomphante : « sûrement, sûrement je suis Dieu. »

En vérité, n’y a-t-il pas parfois des jours où il nous est aussi facile de croire cela de nousmêmes et de toutes les âmes vivantes, que de penser que nous sommes des hommes et des femmes. L’erreur de Mahomet a été de croire à ce fait stupéfiant pour lui-même seulement, au lieu de comprendre qu’il s’appliquait à tous les hommes qui sont des dieux dans le sens où il l’était lui même.

La différence qu’il y a entre voir pour nousmêmes seulement et voir pour les autres également est celle qui existe entre l’injustice et la justice ou entre fenfer et le ciel. Voir au dedans des autres le même esprit glorieux que nous percevons au dedans de nous, c’est faire

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

tomber ces barrières d’inégalité que nous avons considérées jusqu’à présent comme des lignes de démarcation entre les races ; et libérer chaque âme vivante en reconnaissant en elle la possibilité infinie de la croissance. Faire cela c’est balayer l’enfer sous toutes ses formes variées et établir l’harmonie d’une égalité fraternelle reconnue et profondément sentie.

Votre, désir du bonheur est aussi sacré que le nôtre, et le nôtre est aussi sacré que le vôtre. Lorsque nous aurons appris que le désir a des droits imprescriptibles parce qu’il est la voix de Dieu au dedans de nous, notre plus grand bonheur sera d’aider les autres à le satisfaire.

Et maintenant, pour que cette leçon soit pratique, pour qu’elle produise d’heureux résultats nous consacrerons l’espace qui nous reste à une série d’affirmations et de négations par rapport au désir.

Le désir n’est pas cette chose maudite de Dieu et égoïste que l’on nous a représentée ainsi. C’est la voix de Dieu au dedans de nous qui parle incessamment d’une plus haute conception de la vie et d’un plus grand champ d’activité.

LE FACTEUR NON RECONNU

Comme le désir est le véritable esprit de l’homme, et que, par conséquent, il est l’homme en voie de croissance, il ne peut pas être possible que l’homme soit, par nature, malade, dilforme et faible.

Le désir a créé l’homme jusqu’au degré où il se trouve maintenant ; et il est en train de le pousser vers un plus haut point de développement. Nous avons prouvé qu’il n’y a ni péché, ni maladie, ni mort dans l'univers ; mais supposez pour un instant que ces choses soient réelles; supposez pour un instant que le péché, la maladie et la mort soient aussi réels que le monde l’a pensé jusqu’à présent, serait-il raisonnable tle croire que la créature qui s’est créée par le désir sous la loi unique — la loi d’attraction — ait fait de ces conditions et de ces croyances une organisation ? Etant — quant à son moi réel — tout désir, aurait-elle attiré vers elle et incorporé en elle ce qu elle ne désirait pas? Une telle idée est absurde.

Il n’y a aucune hypothèse qui nous permette de prétendre que l’homme soit, par nature, malade, pécheur, ou sujet à la mort. Que votre négation porte donc sur ce point. Résumez toute l’argumentation et déclarez positivement

ICO

RÉVÉLATIONS DEN HAUT

qu’il ne doit pas y avoir de péché, ni de maladie, ni rien qui ne soit désirable.

-Mais vous direz : « Il y a la pauvreté, et que ferons-nous par rapport à la pauvreté?

Nous répondrons que ces leçons n’ont pas pour but d’établir les relations de l’étudiant avec le monde extérieur. Nous cherchons simplement à le placer dans la connaissance de lui-même. Si nous réus.sissons, nous aurons fait de lui un puissant aimant, et nous l’aurons I établi sur la ligne directe de la loi d’attraction I où toutes les choses sur le plan extérieur et qui I sont en rapport avec son développement spé- Icifique viendront à lui, soit par ses efforts perjsonnels, soit par le simple fait de les chercher. ‘Car, bien que nous soyions maintenant dans le monde moi’al, et que. en un sens, nous ayions oublié les limitations inflexibles que la croyance en la matière nous impose, cependant le temps ne viendra jamais où l’effort ne sera plus nécessaire. Etre vivant, c’est agir par l’effort; être encore plus vivant, c’est faire encore plus d’effort. Et le temps est proche où nous serons cent fois plus vivants que nous ne l’avons été jusqu’à présent et où toute cette merveilleuse vitalité se dépensera en un effort qui changera

LE FACTEUR NON RECONNU 101

la face de la terre en nous donnant de nouveaux climats^ de nouvelles productions, en accomplissant des merveilles dont nous ne pouvons pas avoir la moindre idée aujourd’hui.

Etablir l’étudiant dans la connaissance de lui-même, c’est le mettre dans une position où sa demande toujours croissante pour plus de connaissance de Dieu, ou du Bien, recevra une réponse toujours plus complète.

La seule chose qui manque à l’homme, c’est la connaissance; la connaissance de lui-même ne signifie rien de moins qu’une maîtrise toujours plus grande sur les conditions qui l’entourent.

Ces leçons ne traitent pas directement des conditions extérieures de l’homme. Nous savons que l’étudiant ressent les influences troublantes de son milieu autant — et même quelquefois plus — que ce qu’il appelle ses incapacités physiques. Mais ces incapacités soi-disant physiques sont en réalité mentales ; chacune d’elles est l’expression d’un mode spécial de penser qui est erronné. Toutes ces incapacités mentales réunies font la somme totale de son ignorance ; et celle ignorance, ou celte négation de l’intelligence, constitue la personnalité qu’il

102 RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

appelle son « corps physique ». Or, s’il peut faire que son « corps physique » qui est son intelligence, soit en ordre, nous aurons atteint notre but et rempli notre devoir à son égard. Nous l’aurons placé dans une position où il pourra se rendre compte de son pouvoir, où il comprendra sa propre maîtrise, où il saura que la réponse est toujours égale à la demande. Alors, percevant mieux l’esprit de Dieu, trop ignoré, qui est au dedans de lui, il aura la preuve que le désir est un autre nom pour l’amour et par ce moyen, il établira en lui une justice que rien ne pourra ébranler. Si nous avons réussi à faire cela, nous le laisserons avec confiance façonner les conditions extérieures du monde d’après ce point de vue élevé : un point de vue qui embrasse toutes les âmes — quelque ignorantes qu’elles soient de leur propre valeur — en une fraternité universelle.

Nous croyons que nous désirons la richesse plus que toute autre chose. C’est une erreur. Ce que nous désirons, c’est le bonheur et la richesse n’apporte pas avec elle le bonheur.

Ce qui nous donnera le bonheur, c’est l’acquisition de la connaissance, le développement denos facultés natives, la mise en activité de notre.

^ j LE FACTEUR NON RECONNU 103

génie dans la liberté et non pas dans les conditions de la servitude qui nous entravent aujourd'hui. C’est cette connaissance qui nous donnera le sentiment de notre pouvoir ; qui bannira la crainte, qui nous apportera cette claire et haute conception de la liberté qui est le trait spécial d’une glorieuse individualisation ; cette individualisation à laquelle toutes les âmes aspirent ; vers laquelle la première parole exprimée de Dieu a toujours tendu lentement mais sûrement, grandissant en force et en volume à travers les âges pour s’exprimer enfin par ces deux mots merveilleux : Femme et Homme.

CENTRALISATION

Nous avons souvent employé le mot « reconnaissance » (1) et cela n’est pas étonnant, car ce moi ne signifie rien moins que Dieu sur le plan extérieur, Dieu rayonnant dans la nature.

Le mot reconnaissance comme ceux qui lui ressemblent, tels que intelligence, mentalité, pensée, sont, en un sens, synonymes du mot lumière; ils expriment l’illumination de la passion divine que nous appelons Dieu, la partie de Dieu qui peut être vue.

Intelligence, mentalité, reconnaissance, c’est tout ce qui relève de la nature. C’est tout ce qui relève de l’homme quant à sa vie visible ; et sa

(1) Dans le sens de action de reconnaître.

CENTRALISATION

vie visible est la chose vitale pour lui, puisque c’est cette partie de lui d’où partent les activités qui constituent ses jouissances.

Et à quoi servirait-il que Dieu existât, s’il n’y avait pas de reconnaissance de ce fait? Ne voyez-vous pas que la reconnaissance de la vie est aussi importante que la vie même? Ne voyez-vous pas que l’homme est nécessaire à Dieu autant que Dieu est nécessaire à l’homme? Cessons-donc de nous diminuer, car en faisant cela, nous diminuons Dieu. On a souvent dit que l’estimation que l’homme fait de Dieu est la mesure de sa propre grandeur. Cela est vrai, et peut expliquer beaucoup de choses qui semblent inexplicables dans les théolot^ies populaires. Par exemple le caractère vindicatif et jaloux que ces théologies attribuent à leur Dieu p.ersonnel, faisant de lui un être qui n’est guère plus noble que l’idole payenne qu’ils condamnent universellement.

Dieu et l’homme sont Un ; et tandis que sur le côté invisible de la vie cet Un est Dieu, sur le côté visible il est Thomme. Et l’iiomme est le grand fait qui nous occupe maintenant. Dieu EST éternellement; nous ne pouvons rien pour lui ; mais nous sommes des créatures qui se

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

développent et nous croissons par le fait que nous reconnaissons Dieu, et il n’y a pas plus de limite à la croissance, qu’il n’y en a à l’omniscience, 1 omnipotence et l’omniprésence de Dieu. G est donc de l’homme dont nous devons nous occuper dans cette vie extérieure qui sera toujours extérieure pour nous et qui a une importance infinie. Par conséquent, que nul ne la diminue ou ne se diminue lui-même dans ses désirs qui se rapportent à cette vie.

Chaque individu « je » est pour toujoui»s le centre de l’univers. Toutes choses existent pour le « JE », même Dieu; et sans le « je », Dieu existerait en vain. Dieu et l’homme font constamment un échange réciproque. Dieu brûle d’un feu inextinguible de passion divine ;

1 homme reconnaît cette passion et, par le fait de cette reconnaissance, il devient la réflexion inextinguible de cette passion, ou une lumière qui devient de plus en plus brillante, de plus en plus puissante à mesure qu’il reconnaît cette passion divine.

La connaissance que l’homme a de son existence centrale est la force. Or, la force est le premier et le plus désirable attribut de Dieu, car toute noble qualité est un surplus de la

CENTRALISATION

force. Aucun homme ne peut être généreux s’il n’est pas d’abord fort. Aucun homme ne peut aimer noblement et dignement tant qu’il n’a pas acquis cette mesure de force morale qui lui permettra de se tenir seul dans son individualité et de donner librement sans rien demander en retour. Toute action de donner qui n’est pas un surplus de la force est une action égoïste; c’est donner par un mobile. Une personne donne parce qu’elle espère recevoir plus en retour ; c’est un placement d’affaire. Une autre donne par amour de l’approbation ; une autre pour satisfaire sa conscience. Tous donnent poussés par un mobile inférieur, sauf celui qui donne par surplus de sa force. Le donateur ne se rend pas compte de cela, mais la nature de chaque cas prouve que c’est vrai. Le faiblesse s’appuye et demande perpétuellement ; dans chacun de ses actes elle tient le moi en réserve. Mais la force sort, déborde, et ne se dépense que pour le bien; possédant ellemême la plénitude, elle ne demande rien en retour ; elle cherche seulement à rendre les autres aussi forts qu’elle-même.

Tel est le but vers lequel l’humanité tend maintenant par une reconnaissance plus com-

RÉVÉLATIONS u’en HAUT

plète d’elle-même dans les individualités. Car rien au monde ne donne plus de force à l’homme que la reconnaissance de son propre pouvoir.

Il y a la force de la brute qui meurt avec la brute; et il y a la force morale qui est l’esprit de l’homme : l’homme réel et véritable, et c est la force qui ne peut pas mourir. C’est la force dont nous parlons ici et qui au-delà est l’amour.

1 our posséder plus de santé, de force, de beauté que nous n’en avons, la seule chose nécessaire est d’arriver à une connaissance plus complète de nous-mêm.es. Vous devez avoir appris dans la leçon précédente que l’homme n’est pas une créature physique, sujette à ce que nous appelons « les loisde causalité » mais qu’il est seulement une affirmation mentale ou une estimation mentale d’une certaine quantité de la foi ce Une et Universelle que nous appelons Dieu. Én outre, c’est lui qui a fait cette affirmation ou cette estimation de lui-même, et il a le pouvoir de corriger ses erreurs à mesure qu’il les découvre.

Les erreurs qu’il commet dans son affirmation, se manilestent par ses faiblesses, ses maladies, etc.

Ci:.VniAl.lSATION

Et ne voyez-vous pas maintenant que l’homme — étant une affirmation mentale — a commis une terrible erreur en s’appelant une créature faible et misérable, un simple ver de terre, et autres expressions du même genre. Pour un homme, croire à sa faiblesse c’est ètrë~laiblet parce ([ue nos c royan ces sont nos conditions p vtérienres. Par conséquent que l’étudiant de ces leçons repousse immédiatement les folles accusations contre lui-même qu’on lui a représentées co’mme devant être agréables à Dieu.

Qu’il bannisse ce sentiment d'humilité — attribut glorifié par toutes les confessions de foi ; et qu’il apprenne à croire que Dieu a besoin d'hommes et non pas de choses.

L’humilité est la plus fâcheuse des soi-disant vertus; elle est née de l’adulation et elle flétrit toute âme qui prend son vêtement hypocrite.

L’adulation est l enfant de la peur; et tant que les hommes ne seront pas sans crainte, ils n’arriveront pas à la liberté qui est la santé et la force parfaites. L’humilité est bonne lorsqu’elle J’este à la place qui lui convient, mais elle n’a rien à faire avec les aspirations. L’aspiration ^ est le véritable moyen de croissance de l’esprit. L’aspiration est hardie ; elle réclame ce qui lui

RÉVÉLATiaNS d’eN HAUT

appartient et elle le reçoit à moins qu’une humilité imposée, semblable à un monstre gluant, ne s’attache à elle et ne l’entraîne en bas.

Cette sorte d’humilité qui favorise le découragement est une insulte à Dieu et au Bien ; elle le serait du moins si son véritable caractère était compris par ceux qui s’en purent.

Mais les hommes comprennent si peu ce qu’est Dieu qu’ils s’imaginent lui plaire et le glorifier en se rapetissant eux-mêmes.

L’homme n’a pas le pouvoir de glorifier Dieu, mais il peut se rabaisser lui-même en rampant dans la poussière et en niant sa propre divinité.

Or, cette négation du dieu dans l’homme est 1 infidélité et la seule infidélité que nous reconnaissions.

La raison pour laquelle chaque « je » individuel paraît à lui-même être le centre des choses, est l’omniprésence de Dieu ; comme il n’y a aucune circonférence, chaque « je » est la parole parlée d’une éternité sans limite, et l’affirmation de ce « je » fait de lui le centre de sa propre vision. L’interprétation spirituelle de chaque « je » individuel est Dieu 5 par conséquent 1 âme qui proclame le « je », proclame

CENTRALISATION

Dieu, et l’àme qui nie le « je », nie Dieu. (1) Que l’étudiant rejette donc une fois pour toute cette humilité qui écrase l’âme et qu’on lui a appris à cultiver comme une vertu sans prix, et qu’il commence à se comprendre lui-mçme.

Qu’il ne pense pas à lui-même dans un esprit de vanité fondé sur une prétention vaine et ignorante de sa supériorité sur les autres; mais que — après avoir compris la grande vérité de son être et s’être rendu compte de nos unité avec Dieu — il affirme sa propre force et sa propre valeur. Qu’il n’hésite pas à proclamer sa divinité non pas dans un esprit d’orgueil, mais dans la compréhension de la vérité.

Par cette déclaration, si elle est faite avec intelligence, le sens de la justice prendra possession de lui. Il s’apercevra bien vite que ce qu’il réclame pour lui, il doit le réclamer aussi pour son prochain et même pour son ennemi. Cette déclaration de la divinité individuelle de l’homme amènera forcément la pacification ; ce sera le commencement de cette pure harmonie qui

(l)Par ce « je » il faut enteadre le centre spirituel de l’Etre, l’absolu en lui, l’étincelle divine et non pas le moi terrestre, le relatif en riionime, la cendre qui étoutïe le feu et produit l’ègoisme dissolvant.

signifie le ciel sur la terre C'est la seule manière de réaliser ce commandement suprême qui comprend tous les autres : (c Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton àme et de toute ta force et ton prochain comme toimême. »

Ces quelques mots suffisent pour condamner la lettre de la Bible, mais toutes les vérités contenues dans la Bible deviennent accessibles lorsqu'on sait que Dieu est en nous, qu'il est nous, que nous sommes en Dieu et que nous sommes Dieu. « Vous êtes les temples du Dieu vivant » ; le Dieu rendu manifeste qui peut être vu et entendu; la parole parlée. La parole ne fait-elle pas un avec celui qui parle? Mettez donc de côté votre folle humilité et avancezvous avec la dignité consciente des dieux.

Et que signifie le mot Dieu appliqué à l’individu ?

Il signifie un pouvoir immense et illimité pour le bien ; non seulement pour votre bien, mais pour le bien des autres. En prenant une attitude hardie par rapport à la vérité, vous en la prenez pas seulement pour vous, mais pour tous les autres.

Dans la proportion où nous nous centrali-

CENTRALISATION

sons par la reconnaissance de la grande importance du « JE », nous nous plaçons sous la loi d’attraction où tout ce qui nous appartient vient à nous. Qu’est-ce qui nous appartient? Tout ce que nous désirons. .Mais remarquez ceci, nous pensons souvent que nous désirons des choses que nous ne désirons pas réellement.

Ce que nous désirons vraiment, c’est le bonheur .

Lorsqu’on aura enfin compris que le désir est de l’esprit, on verra qu’il a une plus grande importance qu’on ne se l’imaginait; aussi au lieu d’essayer de l’écraser et de l’arracher de notre organisation où il est réellement le souffle de nos vies, nous devons apprendre à le diriger dans un bon sens.

Chez les animaux inférieurs et, de fait, à travers toute la période de croissance inconsciente, ce centre individuel se manifeste par un pur égo'isme ; un égo’isme si profond et si enraciné qu’il ignore tous les droits qui ne sont pas les siens. Mais par la croissance qui s’élève de l’animal au divin, l’égoïsme devient la personnalité. La personnalité est encore de l’égoïsme, mais avec les limites qui lui sont imposées par rintelligence croissante qui préser-

RÉVÉLA'l'IONS d’en HAUT

vera les droits des autres de tout empiètement. L’infusion du sentiment de la justice dans la race qui se développe a modifié le centre individuel de l’égoïsme, de telle sorte qu’il est devenu quelque chose de grand; soit un grand pouvoir de défendre le moi, mais basé sur des idées de justice universelle.

Nous désirons insister sur ce point ; défendre le moi ; et cela parce qu’on a enseigné à la race des quantités de choses insensées au sujet de l’abnégation du moi.

L’abnégation du moi, ou la négation du moi, est l’erreur la plus paralysante et la plus mortelle qui ait jamais été commise.C’est abandonner la prise que l’on a sur la vie, renoncer à tout ce que vous avez gagné par votre croissance antérieure à travers les siècles et retourner en arrière — autant qu’il est possible de le faire — dans le néant. Toute concession faite à la légère aux opinions des autres, participe de la nature de l’abnégation personnelle et doit être promptement arrêtée. Demandez-vous si vous n’avez pas autant de droit qu’un autre à votre moi personnel et lorsque vous aurez répondu affirmativement à cette question comme vous ne pouvez pas manquer de le faire

CENTRALISATION

— alors voyez vous-même, hardiment et virilement.

A première vue, il semble que les hommes tiennent à euxmêmes avec assez de ténacité; mais il n’en est pas ainsi. Le vrai moi semble exister si peu dans le monde, que, lorsqu’on rencontre une forte individualité en homme ou en femme, c’est un événement que l’on ne saurait oublier.

Dans de telles conditions, l’opinion du monde est sans valeur. La majorité des gens n’ont aucune opinion par eux-mêmes, mais ils acceptent celles qui leur sont imposées. De cette façon, nous sommes liés par les croyances d’hommes qui sont morts il y a des siècles et qui ont eu infiniment moins de moyens que nous de connaître la vérité.

^^L’abnégation inconsciente du moi, ou le manque d’affirmation personnelle intelligente, ^est la malédiction de l’humanité à notre époque.

La croyance en l’abnégation personnelle vient de l’éveil de l’intelligence qui, en regardant en arrière, se rend compté des horreurs de l’égoïsme animal et ne regarde pas en avant pour voir comment cet égoïsme est modifié par la justice, et grâce à cette modification peut deve-

•RÉVÉLATIONS D’EN HAUT

nir l’essence même de la véritable humanité.

L’enfant n’est pas aimable naturellement. Il détruit ses jouets ou les tient avidement sans vouloir les céder à son petit ami qui est venu lui rendre visite. Plus tard, il appréciera le bonheur de son petit ami plus que ses jouets ; et alors il les lui donnera joyeusement. Il n’agira pas ainsi par esprit d’abnégation personnelle, mais parce que donner lui causera plus de bonheur que garder. Le moi est toujours au fond de toutes choses, comme cela doit être, parce que le moi est toujours le centre individuel ; et le changement de l’égoïsme en sentiment du moi, qui est encore de l’égoïsme, mais sur un plan plus élevé, viendra par un influx croissant du Principe d’amour dans la race ; influx qui fait que le bonheur des autres devient notre plus cher bonheur. Il va sans dire que tout cela se passe par l’évolution; et il ne peut y avoir aucune interprétation logique de l’humanité sauf par la théorie de l’évolution. | Mais les plus timides littéralistes, partisans de l’autorité biblique, n’ont rien à craindre. La théorie évolutionniste de Darwin est inliniment moins stricte que celle qu’enseigne la Bible.

Nous avons montré comment l’égoïsme de

CENTRALISATION

l’animal s’est changé en sentiment du moi chez l’homme par l’augmentation incessante de l’intlux de l’amour dans la race. Or cet amour vient d’une reconnaissance toujours plus grande de Dieu ou du Bien, et il grandira à mesure que cette reconnaissance augmentera. Toute cette croissance qui se produit par le fait de reconnaître Dieu, tend dans la direction de la fraternité universelle, ce qui signifie un état de douce harmonie entre les hommes ; de paix complète, puissante, aimante, état dans lequel les semences de nouvelles facultés qui sont maintenant assoupies dans le cerveau prendront racine et se développeront au-delà de toute imagination.

De même que notre croissance inconsciente dans le passé était basée sur le moi, notre croissance future aura le même fondement, car il n’y a pas d'autre base de .croissance réelle.

La reconnaissance du moi qui se manifeste par un égoïsme si terrible dans l’animal est de fait une reconnaissance de Dieu. Cette affirmation peut paraître étrange, mais nous prouverons qu’elle est vraie. Dieu et le Bien sont une seule et même chose. La quantité du Bien que l’animal reconnaît est proportionnelle à son in-

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

telJigencè. La quantité du Bien qu’il reconnaît est à lui — est son moi ; et il préserve ce moi et satisfait ce moi au mieux de sa connaissance. Mais cette connaissance croît et s’étend constamment et, graduellement, les choses qui satisfaisaient le plus ce moi, ou cet égoïsme, tombent ; la vision en s’étendant plus loin amène le sentiment de la justice qui est le commencement de cette véritable harmonie, but de toutes les aspirations humaines et qui seule assure la liberté.

Et, remarquez bien ceci, l’harmonie, la justice universelle, ne s’obtient pas par la concession individuelle, ou l’abnégation de soi ; mais par l’affirmation du moi sous l’inlluence de l’idée toujours grandissante que celui qui affirme le moi, affirme Dieu dans l’humanité. Nier le moi, c’est mer Dieu dans l’humanité et ainsi défaire, dans la mesure ou une chose pareille est possible, l’œuvi'e d’organisation que les hommes appellent « la création ».

Par conséquent, défendez le moi, car en agissant ainsi vous défendrez Dieu ou le Bien. Vous défendrez autant de Dieu ou du Bien, que vous pouvez en reconnaître, et en vous tenant ferme dans cette position, vous en reconnaîtrez de

CENTRALISATION

plus en plus jusqu’à ce que Dieu, ou le Bien, déborde en vous en un grand et puissant courant d’amour qui embrassera toutes les âmes vivantes. Et ce sera votre véritable moi qui s’épandra; le même moi qui, dans l’animal, se manifestait en cherchant à obtenir le plus possible pour lui, se manifestera — grâce à votre intelligence croissante — en faisant le plus de bien possible.

Et ainsi les systèmes de compétition en affaire qui, à leur origine relevaient de l’instinct animal et cherchaient à se procurer le plus de bien possible, sont en train de devenir des systèmes d’émulation par lesquels chacun cherchera à dépasser les autres en faisant plus de bien.

La compétition est juste sur le plan qui est le sien ; c’est le développement non entravé de l’individualité, et l’individualité est le joyau sans prix. Lorsque la compétition sera devenue de l’émulation, le ciel sera ici bas et sans qu’aucune âme ait à faire la moindre concession.

La concession, la négation du moi, Tabnégâtion du soi, sont choses fâcheuses. C’est la négation de notre propre individualité; c’est la route directe qui conduit au néant ; c’est l’abandon de ce qui seul fait l’homme, ou le classe

120 UÉVÉLATIONS D’eN HAUT

comme un facteur de valeur dans le monde. Un homme ignorant qui tient fermement à son moi, mais sans être assez développé pour posséder le sentiment de la justice, peut être un membre très désagréable de la communauté. .Mais cette position même dénote de la force et on peut espérer qu’il apprendra. Mais l’homme qui a renoncé à son individualité qu’est-il? Un vagabond, insouciant, sans espoir, une écume qui attend que le vent l’entraine loin de la vue des humains.

Nous avons insisté sur ces points avec intention parce qu’ils sont importants. L’étudiant qui a peur de s’affirmer lui-même ne sera ni en santé, ni fort sous aucun rapport. Les malades que nous ne pourrons jamais guérir sont ceux qui ne veulent pas croire en eux-mêmes.

Lorsqu’un malade nous dit : « Je désire me guérir si c’est la volonté de Dieu, » cela nous met presque en colère. Que pouvons-nous savoir de la volonté de Dieu, sauf que nous trouvons Dieu au-dedans de nous et qu’il est exprimé dans nos volontés ? Il est exprimé dans cette volonté au dedans de nous qui nous indique extérieurement une vie plus large, un bonheur plus parfait.

CENTRALISATION

Que nul ne craigne que la volonté de Dieu soit opposée à sa propre volonté. La volonté de Dieu dans chaque homme est le bonheur, et c'est aussi la volonté de chaque homme. Les fausses méthodes par lesquelles l’homme cherche trop souvent à réaliser son bonheur viennent de son ignorance qui appartient à sa personnalité ; et ces erreurs ne sont pas de Dieu — l’homme véritable, saint et intérieur, — rindividu magnifique qui n’est jamais malade et ne meurt jamais, celui qui, si nous le reconnaissons, rachète toutes les fautes de Thomme personnel qui sont le péché, la maladie et la mort.

En regardant au dedans de vous, vous y apercevez le moi et vous en concluez que c’est une chose très égoïste et que vous voudriez jeter bien loin de vous. Vous priez pour arriver à posséder un moi plus noble. Eh bien, ce moi plus élevé que vous demandez est celui que vous jugez faussement; et tout le mal, chez vous, vient de ce que votre intelligence alourdie ne sait pas reconnaître ce magnifique souffle de Dieu qui est individualisé en vous.

Ce fait explique pourquoi toutes les religions reposent sur le mot « croire » et pourquoi Jésus

122 RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

a dit : « Quand vous priez croyez que vous recevez, et cela vous est donné.» Non pas : cela vous sera donné, mais ; cela vous est donné maintenant , montrant par là que toute vérité est audedans et que la seule chose que l’homme ait à faire c’est d’y croire.

Nous avons dit que toutes les religions reposent sur le mot « croire » ; mais il y en a un autre qui est presque aussi important, le mot « vaincre ». Nous en parlerons plus loin.

La prière est simplement le désir ou l’aspiration. Nous demandons, ou nous prions, avec chaque souffle que nous aspirons. « La prière est le désir sincère de l’àme, qu’il soit exprimé ou non. » Ce sont les tentacules de l’esprit qui s’étendent pour chercher ce dont il a besoin. Et la prière reçoit sa r’éponse du dedans. Dieu — le Principe vie — vous parle du dedans de vous-même. Dieu pénètre incessamment en vous, et vous le reconnaissez d’abord comme l’égoïsme, secondement comme sentiment du moi. et troisièmement — dans le temps qui approche rapidement — nous le reconnaîtrons comme le divin en nous.

Comme nous l’avons dit précédemment, ces leçons sur la philosophie mentale traitent de la

CENTRALISATION

croissance de Thomme, etnon pas des conditions qu’il créera lorsque cette croissance se sera produite. Une fois que rhomme sera façonné selon la connaissance de lui-même, et du Dieu qui est au-dedans de lui, les conditions se créeront autour de lui ; elles deviendront l’expression de Dieu ; elles sont le développement du Ciel sur la terre, et c’est là l’évolution de Dieu dans le monde; Dieu devenant manifeste par le pouvoir qu’a l’homme de le reconnaître au dedans de lui.

Les institutions se construiront d’elles-mêmes lorsque les hommes et les femmes véritables seront créés, et tout cela par une loi naturelle, — la loi d’attraction. Chaque pensée ou chaque croyance de Dieu ou du Bien nous fait pénétrer plus profondément dans la loi de l’attraction ; et, une fois sous cette loi, ce qui est à nous vient à nous ; tout ce qui est en rapport avec notre faculté spéciale, que cela soit loin ou près, viendra à nous.

Du moment que l’homme agit du point cen- .

tral ou de la base du vrai moi, il a droit a tout GE DONT IL A BESOIN. 11 n’a pas besoin de demander ce qu’il veut; cela lui appartient par droit de naissance et tant qu’il ne s’en empa-

i2i RÉvÉr.ATio*NS d'k.n haut

rera pas, sa vie ne sera pas foi te et il n’arrivei'a pas à la véritable dignité de sa nature. Tout le temps de la période de sa croissance inconsciente il prenait, il ne demandait pas. Et il agissait ainsi sans s’occuper de son semblable. Ce qu’il prenait représentait pour lui son idéal de bonheur le plus élevé. Maintenant son idéal s’est agrandi; il s’est tellement agrandi qu'il 1 élève au-dessus de ce qu’on appelle le royaume physique, dans le royaume intellectuel. Ce qu’il demande maintenant comme indispensable à son bonheur c’est la santé, la force, la beauté. Et sous ce rapport il peut demander ce qu’il veut sans crainte de ne pas l’obtenir ; car il occupe maintenant l e lieu élevé où la réponse est égale à la demande. Il tombe de plus en plus sous la loi de l’attraction où ce qui lui appartient vient à lui parce que cela est en rapport avec ses besoins.

Par conséquent, les hommes n’pnt pas be- .

soin de mendier. Une véritable analyse des . choses passées et présentes nous montrera qu’il n’y a jamais eu un mendiant sur la terre avant que l’homme y apparût, et que les mendiants sont inutiles et n’ont jamais du avoir une place dans l’existence.

CENTHALISAÏION

A l’époque de transition où nous sommes, entre l’animal et le divin, l’homme pour obtenir ce dont il a besoin, est forcé d’être agressif, presque guerrier. Car chaque .chose qu’il cherche à premlre dans le monde moral, le monde du bien non organisé, lui est refusé, et son existence même est disputée par des milliers de croyances de la race qui s’élèvent devant lui et le menacent de destruction.

Cette lutte se livrant aujourd’hui presque entièrement dans le domaine de l’intellect, nous devons la commencer non pas en mendiant ce qui est à nous de droit mais en réclamant.

Eloignez toute pensée d’humilité; affirmez ce dont vous avez besoin et réclamez-le comme votre droit. Et considérez bien ce fait : que l’homme, quant à sa personnalité, ou à son existence visible, n’a pas de place qui lui soit assignée ni de sphère naturelle, sauf celle qu’il a prise de haute lutte, dans l’Univers, par sa demande intelligente. En ce qui regarde sa personnalité l’homme est fait par 1 homme et non pas par Dieu.

La personnalité a une si grande importance que nous ne devons pas essayer de la perdre en Dieu; nous devons (.ssayer de mettre Dieu

RÉVÉLATIONS d’en HAUT

en lumière et d établir Son bien éternel dans ses personnalités. Et c’est ici que git la différence entre la science chrétienne et la Philosophie mentale. La Philosophie mentale croit à ce qui est présent, personnel, à ce qui peut se voir et s entendre. ï>lle croit à l’évolution de Dieu dans le personnel et le présent par la reconnaissance intelligente des hommes et des femmes. Et c est par ce moyen que nous bannirons la maladie et la mort et que nous établirons le ciel sur la terre. Car plus l’homme reconnaît en lai du bien (ou de Dieu) plus il est fort et positif. Et c’est ainsi que la maladie et la mort seront vaincues puisqu’elles ne sont que des négations du pouvoii* qu a 1 homme de vaincre. Elles ne sont rien en elles-mêmes et n’ont aucun pouvoir en elles-mêmes, sauf le pouvoir que l’homme leur confère en croyant en elles; et à mesure que les hommes croiront plus en eux-mêmes et reconnaîtront la divinité en eux, ils cesseront de croire au pouvoir imaginaire de la maladie et de la mort et ces fantômes disparaîtront de l’esprit humain.

Défendez donc vos désirs, et réclamez leur accomplissement. Ils sont la promesse inaliénable de Dieu en vous, et si cette promesse n’é-

CENTRALISATION

tait pas accomplie, Dieu ne serait pas la vérité.

Mais d’abord étudiez vos désirs et prouvez la noblesse de leur nature; le désir — qui est la voix de Dieu en vous — ne comporte pas n’importe quelle méthode que votre personnalité peut suggérer comme étant le droit chemin pour le réaliser. Le désir seul est de l’esprit et il demande le bonheur et rien autre. C’est vous qui vous tromperez si vous cherchez à satisfaire le désir par des méthodes qui portent préjudice aux autres, et ce n’est pas la faute de l’esprit. Par conséquent comme nous sommes encore si ignorants, ce que nous pouvons faire de mieux c’est de demander simplement le bonheur comme notre droit. .

Il va sans dire que toute idée de bonheur comprend ces autres idées de santé, de force, de beauté ; et ce sont ces trois choses qui font l’homme réel.

Une fois l’homme construit par l’établissement de la force, de la santé et d’une glorieuse beauté, de manière à rendre sa vie joyeuse, il peut tourner ses pensées extérieurement, afin de construire des conditions nouvelles et meilleures pour lui et pour ses semblables. Car l’homme est le constructeur, et lorsqu’il s’est

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

construit lui-même il commencera à construire extérieurement d’une façon merveilleuse. Oui, de mille manières ; car la sphère de l’homme est ici sur la terre et il construira extéHeurement en partant de la terre jusqu’à ce que l’espace interstellaire manifeste les merveilles de ses inventions et de ses découvertes.

Pour conclure, nous dirons encore une fois :

croyez au moi. Le moi n’est ni pécheur ni terrible ; c’est la base glorieuse de tout ce qui est visible dans l’univers, que ce soit le cristal, l’arbre, l’animal ou l’homme. C’est le moyen que nous donne la force, de sortir de la négation et d’arriver à l’expression plus positive qui confère la maîtrise. Que Kétudiant ne soit donc pas effrayé parce que nous avons sauvé le moi des erreurs qui l’ont enseveli si longtemps.

Nous avons dit dans une précédente leçon que celui qui cherche la vérité est un briseur d’images, et que nul ne doit s’affliger qui voit ses idoles brisées devant lui. Il est temps qu’elles tombent. Il est temps que nous nous détournions du passé et que nous acceptions la leçon donnée à la femme de Lot, de ne pas regarder derrière nous. Car, nous vous le disons, les vieilles maisons de chair dans lesquelles noua

CENTRALISATION

avons été ensevelis vivants pendant si longtemps vont tombei’ et nous devons nous en échapper.

Et maintenant nous désirons que l’étudiant fasse des. investigations sur le « Moi » et lorsque, après avoir étudié plusieurs fois celte leçon, il verra que le moi est Dieu en lui, nous désirons qu’il prenne sa défense et le tienne pour plus sacré que les vieilles croyances qui ont fait de lui un diable et préparent un enfer pour le recevoir plus tard. Affirmez le moi, gloriliez-le ; mais en réalité personne ne peut le glorifier parce que personne n’en a une juste idée. Cependant vous pouvez élargir l’idée que vous vous en faites et vaincre les croyances de la race à son sujet.

Et c’est là la bataille que vous avez à livrer. La lutte est entre la nouvelle vérité que cette philosophie mentale apporte et les anciennes croyances qui crucifient le moi, croyances nées d’une époque d’ignorance, et qui ont tenu si longtemps les gens dans l’obscurité au sujet de leur force et de leur valeur. Vous ne sauriez défendre assez ce qui est juste. Aftirmez votre bonté et votre pouvoir et répétez cette affirmation en face de chaque vieille croyance du monde, à mesure qu’elle vous dévisage. Dites ;

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

«Je suis ici pour moi-même ; pour me construire dans la santé, la force et la beauté en réclamant ce qui est à moi. Rien n’est trop bon pour moi ; je réclame le meilleur et j’espère l’obtenir. »

Et le fait de cette attente sera le sujet important et vital de notre prochaine leçon.

ATTENTE

L’attente est le résultat naturel du désir.

Dans la croissance inconsciente l’attente accompagne toujours le désir. S’il n’en était pas ainsi, le désir — qui relève de l’esprit — ne serait jamais manifesté ou extériorisé, et il n’y aurait pas d’univers visible. Que l’invisible, le Principe-Amour, la force d’attraction que nous appelons Dieu ne puisse pas exister sans une manifestation visible et extérieure, nous ne le discuterons pas ici ; mais nous dirons seulement que ce principe pourrait aussi bien ne pas exister que d’exister sans être reconnu ; et c’est pourquoi on a pu dire que « l’homme est la nécessité de Dieu. »

L’attente revêt le désir et le rend apparent dans le monde visible des effets. Chaque pou-

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

voir que possède aujourd’hui l’individu a eu pour cause d’abord le désir de quelque chose, puis l’attente de cette chose. C’est de cette façon que la structure organique de riionime s’est construite.

Le désir et l’attente qui allaient ensemble sur le plan de la croissance inconsciente se séparèrent lorsque la croissance de l’homme commença à passer du plan animal au plan intellectuel. Ce changement est en train de se faire maintenant, et quoiqu’il avance rapidement, il n’est pas encore accompli. Aussitôt que les pouvoirs de raisonnement commencèrent à dépendre d’eux mêmes pour la solution des nombreux problèmes de la vie, à toutes les questions qu’ils posèrent ils reçurent des réponses qui venaient du pôle négatif de la vérité. Ils firent un examen critique (à ce qu’ils croyaient) du désir et s’écrièrent aussitôt : (( Mais cette chose vient du diable. » Cependant, en dépit de leur opinion, cette chose façonnait secrètement la race jusqu’à ce qu’il fallut bien la reconnaître pour la base de la croissance. Pendant ce temps, dans l'idée courante, on représenta le désir sous le nom de prière ; et on exhorta les gens à prier avec foi pour deman-

ATTENTE

der ce dont ils avaient besoin, et à s’attendre à recevoir ce qu’ils demandaient.

L’erreur dans laquelle on tomba fut de diviser le désir en deux espèces différentes; une sorte de désir fut considéré comme charnel et l’autre comme divin. La variété du désir qu’on déclarait être divin fut nommée aspiration ou prière. Or, le désir est toujours le même et il est toujours divin. Tout désir est un effort de l’esprit vers le bonheur.

Comme il a déjà été dit. durant la période de la croissance inconsciente l’attente accompagnait chaque souffle du désir et chaque désir était réalisé par l’animal. Et c’est de cette façon que les pouvoirs de l’animal grandirent et se développèrent jusqu’à l’humain.

Lorsque l’homme fut arrivé à la maturité et à la possession de sa splendide intelligence, le premier usage qu’il en fit fut de douter. Il reconnut ses désirs, mais il les prit pour le mal et se railla de ceux mêmes qui n’étaient pas mauvais. Il les déclara insensés et illusoires. Il dit qu’ils appartenaient à l’imagination et par conséquent ne signifiaient rien du tout. En sorte que l’homme devint cette anomalie de la création — un sceptique chronique. Refusant d’ac-

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

cepter quoique ce soit de confiance il n’eut que du mépris pour les gens crédules. Et ainsi, pendant des centaines d’années, il s’est traîné dans les mêmes sillons, et il a jeté de la boue sur les âmes qui tentaient de sortir du chemin où il marchait. Les choses vont toujours de même aujourd’hui. Il faut vraiment être un penseur bien hardi et imprudent pour oser écrire ce qui est contenu dans ces leçons. Oui, hardi et imprudent. Il faut être un penseur qui ne se soucie pas de ce que le monde pensera de lui ; qui est résolu à hriser les liens qui retiennent la race dans l’ignorance et à l’affranchir en dépit de toute opposition. Oui, quant à nous, nous nous glorifions de l’opposition que nous rencontrons, et nous sommes prêts à être traités de fous pour l’amour de la vérité. Car il semble que nous soyions entourés d’une atmosphère de triomphe, nous ressentons à l’avance la joie de la victoire. Nous savons que ceux qui s’opposent maintenant à la pensée rédemptrice qui envahit le monde en sentiront bientôt l’effet et seront sauvés par elle. Et l’opposition que nous rencontrons ne nous produit pas plus d’effet que le coup qu’une tendre mère reçoit sur son visage de son petit enfant qui

ATTENTE

souffre et qui est malade dans ses bras. O enfants! c’est là le sentiment que Jésus éprouvait lorsqu’il dit : « Si l’on vous frappe sur une joue, tendez l’autre. » Cette seule phrase prouve qu’il reconnaissait ce grand fait que toutes les erreurs que nous appelons péchés ne viennent que de l’ignorance de ceux qui les commettent. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

Le désir, accompagné de l’attente de sa réalisation, est l’attitude spirituelle et mentale qui apporte à l'individu tout ce dont il a besoin. Avant que cet heureux résultat puisse être acquis i! est nécessaire que l’homme comprenne combien il a été amoindri dans le passé, et comment cette influence déprimante l’a empêché de réaliser ses désirs. Le sentiment de son indignité a broyé son désir et étouffé son attente, si bien qu’il est comme un nain sur la surface de la terre. Il ne comprend pas cette partie de lui-même qui est son imagination ; il pense que c’est une sorte de mauvais esprit au dedans de lui, qui lui ment chaque fois qu’il se penche pour l’écouter.

Personne ne semble comprendre ce qu’est . l’imagination. Mais il nous a été donné de voir

liÉVÉLATIONS d’en HAUT

que J’imagination n’est pas autre chose que les ailes de l’esprit; et que les impossibilités apparentes qu’elle déroule devant nous sont les véritables possibilités de notre nature, qui se manifesteront plus tard avec le développement de nos facultés latentes. L’imagination est l’avant-garde qui surveille l’avenir et elle a pour mission de nous attirer au-delà du chemin limité de notre vie journalière dans lequel nous persistons à rester sans vouloir prendre garde aux signes que nous fait l’Ange brillant qui est en avant de nous.

Oui, nous avons tourné le dos à l’imagination comme si elle était notre plus grand ennemi et nous dépérissons, nous mourons, nos yeux résolument fixés sur le passé. Nous ne voulons pas regarder en avant et ainsi l’attente meurt en nous comme est mort le désir.

La croissance dépend de deux choses : du désir qui appartient à l’esprit et de l’attente qui appartient à l’intelligence. 11 est vrai que l’esprit et l’intelligence ne sont qu’un, mais l’esprit est intérieur et l’intelligence extérieure; par conséquent en disant que le désir appartient à l’esprit et l’attente à l’intelligence nous voulons indiquer que le désir est intérieur et l’attente exté-

ATTESTE

rieure. En d’aulres mots, que le désir est Tàme dont Tattente est le corps. Ou encore que Fattente est le pouvoir qui matérialise le désir, qui le manifeste et le rend visd3le. Par conséquent Fattente est, par rapport au désir, ce que la nature est par rapport à Dieu ; et si Fattente ne revêtait pas le désir, ne le manifestait pas, il pourrait aussi bien ne pas exister.

D après les affirmations qui précèdent on peut définir la position de la race. L’homme a crucifié son désir parce qu’il le croyait égoïste. Néanmoins le désir a poussé en avant sans tenir compte de ces scrupules de l’homme, et il a été reconnu sous le nom d’aspiration ou de prière. Mais, même comme aspiration et comme prière, il ne se trouve pas réalisé à cause de l’absence de Fattente. Ainsi les choses que nous désirons ne sont pas vêtues et rendues manifestes pour nous.

On peut dire que, après avoir obtenu de notre conscience la permission de désirer quelque chose, nous nous empressons de nous diminuer, et nous finissons par conclure que nous ne sommes pas dignes de voir nos désirs satisfaits. Nous disons donc : « ô Seigneur si c’est ta volonté que nous ayions cette chose accorde-

138 HÉVÉLAXIONS D EN HAUT

la nous. » Et ainsi, neuf fois sur dix, nous ne l’obtenons pas.

Il n y a pas eu de mendiant sur la terre avant 1 arrivée de l’homme; et lorsque nous regardons l’histoire passée de l’homme il semble vraiment que Dieu (mot par lequel nous désignons l’esprit universel du bien) ait voulu nous imposer notre propre indépendance en refusant nos demandes. Et en vérité cet esprit universel du bien se soucie fort peu de nous et il nous parle avec indifférence en nous disant : « O homme.S, j’existe pour que vous vous empariez de moi; prenez-moi ou laissez-moi tranquille. Apprenez par mon silence que vous êtes mes porte-paroles, et que moi je suis le réservoir infini d'où vous tirez au fur et à mesure de vos besoins ; et voici, la l'éponse est toujours égale à la demande. »

L’homme est ainsi laissé à ses propres forces Pendant la période delà croissance inconsciente il tire du réservoir infini ce dont il a besoin et il va se développant. Son cerveau, qui n’est pas encore formé, n’a pas une pensée pour son indignité ; il prend simplement ce qu’il désire et l’exprime par les usages. Eh bien, ce réservoir sans limite nous est ouvert aussi librement

ATTENTE

aujourd’hui que dans aucune période de notre croissance antérieure; et, lorsque nous saurons bien cela, nous reprendrons notre croissance au point où la croissance inconsciente nous a laissés. Mais pour arriver à cette position, il faut que nous apprenions graduellement que nous sommes des êtres parfaitement indépendants ; qu’aucun dieu ne nous rend responsables de nos péchés passés et présents sauf de ce péché qui est appelé le pêché contre le Saint-Esprit, c’est à dire contre cet esprit au dedans de nous qui nous fait distinguer le bien du mal, et contre les avertissements duquel nous persistons cependant à aller; que ce que le monde appelle des péchés, ce ne sont que les erreurs commises par notre intelligence au cours de son développement. Une fois exonérés de ces accusations, nous commencerons à nous voir tels que nous sommes.

Et que sommes-nous? Vraiment nous sommes des créatures merveilleuses! Songez seulement comment nous avons trouvé notre chemin ; voyez où nous sommes arrivés après être partis d’un si petit commencement. Pmprésentez-vous quels conquérants nous sommes ; comment nous avons brisé une chaîne, puis une

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

autre, qui nous retenaient dans l’ignorance ; comment lobe après lobe ont surgi dans nos ceiveaux, à mesure qu’ils se développaient, semblables à des boutons de fleurs sur une tige, et comment, à mesure que chacun s’épanouissait il détenait en lui le germe d’un autre qui devait apparaître ; et comment il est évident que le développement de nouveaux bourgeons ou de pouvoirs insoupçonnés au-dedans de nos têtes ne cessera jamais. Ne voyez-vous pas que l’homme est un rouleau qui se développe sans cesse extérieurement? Et c’est parce qu’il ne se développe qu’extérieurement que son habitude de regarder en arrière l’abrutit si complètement.

Si nous ne parlons pas davantage de la maladie dans-ces leçons, c’est parce que la suite de notre raisonnement nous fait perdre de vue ce qui est une absurde erreur. La maladie nous parait être une telle négation de la vérité que cela ne vaut pas la peine d’en parler. Cependant, avant de terminer ces leçons, nous prouverons qu’elle n’existe pas comme réalité, mais seulement comme conséquence, et nous montrerons à l’étudiant qu’il doit l’ignorer, pour lui et pour les autres.

ATTENTE

Quoi (jue ce soit que vous désiriez, prenez-le. Ne voyez pas dans ces paroles les expressions d’un anarchiste, elles ne font pas allusion aux richesses extérieures. Elles ont rapport à ces choses qui construisent l’homnie dans la santé, la force et la beauté ; ces choses que l’on peut prendre sans voler personne.

Mais comment m’emparerai-je de la santé,

de la force et de la beauté?

Affirmez vos désir.« ; « .Te désire la santé, la force et la beauté. » Puis, posez-vous cette question : « Ne sais-je pas que cés choses existent? Ne vois-je pas leurs manifestations merveilleuses à chaque heure dans la splendeur des lys et des roses ? Et comment les lys et les roses se les sont-ils procurées ? »

Nous répondrons que les Heurs obtiennent leur santé et leur beauté par un désir absolument confiant, qui ne doute jamais de son pouvoir de réalisation.

Le désir et l’attente ont tout fait pour les Heurs, et ils feront la même chose pour vous si vous pouvez apprendre à attendre aussi bien que vous désirez.

Le premier obstacle à vaincre est la pensée qu’il y a un obstacle qui vous empêche d’obte-

RÉVÉLATIONS D’eN HAUT

nir ce que vous demandez. Lorsque cette vérité que nous pouvons obtenir ce que nous demandons nous apparut pour la première fois, il nous sembla qu’il y avait des montagnes d’obstacles entre notre désir et sa réalisation. Mais maintenant, nous savons que le seul obstacle est notre croyance dans les obstacles ; et dès que nous comprîmes cela, nous nous sentîmes aussi léger qu’un oiseau. Ne voyez-vous pas comment ce fait nous amène tout droi t à cette grande vérité que tout temps est malntenant, que l’éternité et l’immortalité sont toujours présentes avec nous?

Ainsi, lorsque nous sûmes qu’il n’y a pas d’obstacle à vaincre pour réaliser nos désirs, nous vîmes — en un coup d’œil immense — quelle est la grandeur du pouvoir que nous incarnons en nous. Nous ne sommes plus faibles ; nous ne dépendons plus d’aucun pouvoir dans rUnivers ; nous sommes la source même du pouvoir, le grand et puissant Principe-vie étant lui-mème chargé de pourvoir à nos besoins. Ne voyez-vous pas comment, en un instant, la connaissance de notre véritable position foule la maladie et la mort sous nos pieds? Et vous étonnerez-vous qu’il nous soit difficile de

ATTENTE

parler de ces mythes comme s'ils étaient les réalités que le monde croit voir en eux.

Afin d'être plus clairs, récapitulons. Ce que vous désirez dans le monde moral vous appartient, vous n'avez qu’à le prendre. Et nous faisons rentrer dans le monde moral la santé, la force et la beauté. Faites un exposé de vos demandes. Dites-vous à vous-même : (( Ces choses m’appartiennent par le simple droit que j'ai à l’existence et je veux les avoir. » Ne mendiez pas pour les obtenir, parce que les mendier serait supposer que vous n'y avez pas droit; et jeter fombre d'un doute dans votre pensée au sujet de votre droit annulerait votre demande. Car ce que vous demandez vous appartient, mais vous ne pouvez l'obtenir que si vous faites votre demande au nom de la justice et non de la générosité. Demandez donc au nom de Injustice; dites : « J'ai droit à tout ce que je puis reconnaître ; )) et tenez-vous fermement dans cette position. Au premier moment, il vous semblera peut-être que votre position est aggressive, comme si quelque chose vous disputait votre droit. Mais il n’y a personne qui puisse le disputer.

Et maintenant, est-ce tout? Non, ce n'est

RÉVÉLATIONS d’en HAUT

que la moitié, f.orstjue vous aurez pris votre position et lait votre demande, attendez la réponse sans l’ombre d’un doute. Les jours, les semaines, les mois passeront peut-être et cependant ce que vous désirez vous semblera aussi éloigné qu’au premier moment; mais continuez à tenir ferme au dieu qui est au-dedans de vous — le désir de votre âme — et un jour, bientôt peut-être, il sei'a à vous.

Tout 1 Univers de la force non organisée est négatif par rapport à votre attente ferme et résolue ; et de ces forces non organisées vous tirez ce que réclame votre désir. En réalité, l’attente est si puissante que, lorsque Tàme s’y concentre, elle peut tirer ce qu’elle veut des formes organisées aussi bien que de la force inorganique. Elle fait sentir sa pression à toute chose. Le petit infusoire s’attend à être nourri, et alors même que la nourriture serait aussi loin de lui que l’espace d’un monde, elle viendra.

La raison pour laquelle nous disons que les enfants sont innocents est que le désir et l’attente vont ensemble en eux. Et il est dit dans la Bible que nous devons être semblables à de petits enfants pour entrer dans le royaume des Cieux.

ATTENTE

Nous devons attendre ce que nous désirons.

Un seul doute sera pour votre désir ce qu'est le gel pour les tendres bourgeons du printemps ; et le doute est rennemi auquel vous devez tourner le dos sans remords.

Et maintenant nous vous disons que cette foi, ou cette attente, est une chose qui peut être cultivée ; et elle est même très facile à cultiver. Elle croît dans le sol le plus pauvre et sans qu’on lui accorde une grande attention. Une personne dont la puissance cérébrale est très limitée peut récolter une moisson aussi abondante que les hommes ou les femmes les plus doués. Supposons, par exemple, que vous désirez la Santé, mais que les médecins ont déclaré que, d’après toutes les lois de causalité physique, vous devez mourir. Vous dites que vous ne voulez pas mourir parce que vous ne le désirez pas. Vous ne le désirez pas est une affirmation du moi qu’aucun pouvoirdans l’Univers n’a le droit ou la possibilité de contredire. Peu importe si quelque organe vital est atteint en vous. Vous ne voulez pas mourir; ce fait, joint à la connaissance de votre droit de citoyen de l’Univers, qui s’est créé lui-même, vous met dans une position inattaquable. Cette

position est si forte qu’elle double et triple votre puissance comme aimant et vous sentirez les forces vitales aflluer de nouveau en vous. Mais chacun vous dit : <( Il vaut mieux vous préparer à la mort, car vous ne pouvez pas vivre. » Des paroles de ce genre peuvent affaiblir notre attente de la réalisation de notre désir de vivre. Si cela a lieu, nous mourons. Si, au contraire, cela éveille notre combativité et amène une déclaration encore plus ferme du moi, nous jurerons, par tout ce qui est vrai, que nous voulons vivre; que rien ne peut affaiblir notre prise sur la vie, si ce n’est l’obscurcissement de notre espérance ou de notre attente ; et nous sommes résolus à ce qu’elle ne soit pas obscurcie. Nous avons passé de raftirmation négative : « Je ne veux pas mourir » à cette affirmation positive : « Je veux vivre ».

Si un matin nous nous réveillons après une mauvaise nuit et que nous sentions notre attente s’affaiblir, nous nous dirons de suite mentalement — peut-être bien faiblement — :

« J’espère; ma foi est ferme; je crois vraiment que mon désir est en train de se réaliser. »

C’est un traitement mental bien simple.

ATTENTE

mais il ranim^ les forces et prépare à un traitement plus énergique.

Tout le lori|' du jour et peut-être pendant

beaucoup de jburs nous ne permettrons pas que notre attente se lasse ; par notre volonté nous éloignerons les nuages et nous ne cesserons d’affirmer notre foi et notre espérance. Et petit à petit l’usure des organes s’arrêtera. Si vous ne voulez pas mourir, comment ce qui est négatif pourra-t-il vous vaincre? vous qui êtes ce qu’il y a de plus positif dans la création ; vous et ceux de votre espèce s’enténd. Vous vous rendez compte que vous êtes positifs ; et vous savez qu’aussi longtemps que vous le serez, ce qui est négatif ne pourra pas vous atteindre, foute maladie est la négation de votre maîtrise ; et à moins que vous n’abandonniez votre position et que vous cessiez de croire à votre maîtrise, rien de ce qui est négatif ne pourra vous faire du mal. he négatif ne possède aucune puissance. Tout pouvoir de faire du mal, ou de sauver, est en vous-même. Il est dans le fait de croire ou de ne pas croire que vous êtes le maître. Si vous croyez quevous êtes le maître^ vous l’êtes. Si vous croyez que les négations de votre maîtrise ont un pouvoir

RÉVÉLATIONS D’EN HAUT

supérieur au vôtre, c’est vous qui leur accordez ce pouvoir et qui leur permettez de vous dominer.

A Nous le répétons : ces choses négatives que /nous appelons les maladies et la mort n’ont aucun pouvoir, sauf celui que nous, leurs maîtres, nous leur conférons. Par conséquent considérez-vous en vous plaçant au point de vue de la croyance en votre maîtrise. C’est faire injure à votre intelligence que de supposer un seul instant que vous puissiez vous soumettre à la domination d’une croyance misérable que vous n’êtes nullement forcé d’avoir.

Toute maladie est de l’ignorance ; et le temps vient où la maladie nous paraîtra aussi répréhensible que toute autre forme d’ignorance.

Toute guérison est un enseignement, c’est-à-dire toute guérison qui est permanente. La méthode qui consiste à guérir les malades (ignorants) par le transfert de la pensée n’est que temporaire. La véritable guérison signifie l’acquisition, par le malade, d’une foi qui bannit les vieilles croyances de la race en la maladie et la mort, et le place sur le chemin permanent du progrès.

Il est vrai que la méthode de guérison par

ATTENTE

le transfert de la pensée — ce qui signifie reconnaître, à la place du malade, la vérité qu’il est incapable de saisir — amène souvent le patient à désirer comprendre la vérité par lui-même, et ainsi la Sagesse commence à luire en lui.

Mais s’il n’arrive pas à cela, la guérison n’est que temporaire, puisqu’elle ne corrige pas les croyances erronées du malade dans le pouvoir de la maladie, de la vieillesse et de la mort.

Au premier abord, il pourra sembler à l’étudiant que le désir et l’attente sont presque la même chose ; mais cela n’est pas, puisque la plupart de nos désirs ne sont pas accompagnés de l’attente, ou d’aucune espérance de réalisation et puisque, aussi, la plupart de nos attentes ne sont pas accompagnées de désir. En vérité nous avons l’habitude d’attendre ce que nous craignons plutôt que ce que nous désirons ; et il faut que l’étudiant cesse immédiatement d’agir ainsi s’il veut vaincre ses croyances négatives et établir sa domination dans le monde.

Les étudiants de la science chrétienne et de la méthode de guérison par la foi diront :

« dette guérison dont vous parlez a été faite par la volonté, et la volonté est une chose dangereuse. » Nous répondrons : Oui, la guérison

que nous avons faite a été faite par la puissance de la volonté comme le sont toutes les guérisons ; et nous ajouterons que la volonté — lorsqu’elle a reconnu son pouvoir — est le seul véritable agent de guérison. Elle est plus puissante que toutes les autres méthodes dans la même proportion que le soleil est plus puissant que la lune. On peut dire en vérité que toutes les méthodes de traitement ne sont que de faibles dilutions de la grande méthode centrale qui consiste à guérir par la volonté, et quelque force qu’elles puissent avoir, cette force leur vient de la volonté, quoique le guérisseur ne s’en doute pas. Par le pouvoir de la volonté on peut fortifier les organes affaiblis et cette guérison qui se fait par un processus de croissance n’est pas un miracle. Que vous appeliez cela magnétisme, suggestion, guérison mentale ou par la foi, l’agent en jeu est toujours le même — la Volonté.

Nos sens ne sont encore qu’à l’état rudimentaire; pour qu’ils se développent de plus en plus il faut que nous ayons une connaissance toujours plus grande de nos privilèges comme citoyens du monde; de ce monde que nous devons pouvoir dominer dans toutes ses parties

RÉCAPITULATION

et que nous dominerons. Nous arriverons à cela non pas en nous appuyant sur autrui, ou en dépendant de qui que ce soit, mais par une déclaration de nos propres droits comme étant la forme la plus élevée de la pensée ou de la croyance organisée et par conséquent supérieurs à toute autre pensée ou croyance, qu'elle soit organisée ou non.

RÉCAPITULATION

I.es deux facteurs qui agissent pour construire toute forme organisée sont la reconnaissance du désir comme le grand moteur de la vie inconsciente, et de l'attente qui doit amener la réalisation de ce désir.

Le désir, qui est l'effort de l'esprit vers le bonheur, ne sert à rien tant qu'il n'est pas accompagné de l’attente.

La mesure exacte de l'attente qui accompagne le désir est la mesure de la croissance acquise par toutes les formes organisées, minérales, végétales ou animales.

Dans les diverses formes de la vie organisée, au-dessous de l'homme, le désir est toujours accompagné de l'attente. Le désir et l’attente

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

ne font qu’un chez l’animal ; la conséquence de ceci est que les vies des animaux sont saines et dans l’ordre, et cette condition constituait l’Eden primitif.

La vie inconsciente, c’est-à-dire la vie qui ne sait pas s’expliquer elle-même, ne peut pas durer, car la compréhension individuelle est nécessaire à la maîtrise individuelle, et nul ne peut être maître, au vrai sens de ce mot, qui ne connaît pas la raison de sa maîtrise. Cela revient à dire qu’un homme pourrait aussi bien n’avoir pas de force que de ne pas savoir qu’il en a; et il ne peut savoir qu’il en a qu’en apprenant comment il l’a obtenue, ou en connaissant la loi de son être.

En apprenant à connaître la loi de son être, cette loi qui lui a permis d’acquérir de la force, il apprend aussi comment appliquer de plus en plus cette loi, ensorte qu’il acquiert encore plus de force.

Si, pendant toute la période de sa croissance inconsciente il a acquis sa force en projetant ses désirs sans avoir l’ombre d’un doute au sujet de leur réalisation, il s’ensuit logiquement qu’il peut compléter la croissance inconsciente par la croissance consciente en continuant à

RÉCAPITULATION

projeter ses désirs et en s’attendant à obtenir ce dont il a besoin.

Il sait que pour atteindre ce but il faut qu’il arrive à vaincre le doute. Il faut qu’il se fie à ses désirs comme le dévot se confie en son Dieu. Et de fait les désirs dans l’homme sont Dieu, et l’homme ne saurait trop mettre sa foi en eux. Si après s’être fié un jour à ses désirs on tombe le lendemain dans un accès d'impatience pour reprendre confiance le troisième jour, on n’arrivera à rien. Il faut que la foi dans le désir soit constante. L’homme qui fait des efforts intermittents pour se fier à ce désir ressemble à l’animal qui se débat dans un bourbier et finit par s’enfoncer de plus en plus. C’est l’effort persévérant de l’attente qui accomplit l’œuvre et, petit à petit, revêt les désirs. C’est un processus de croissance qui demande du temps.

Il se peut que, lorsque le monde sera assez avancé dans la connaissance de cette grande vérité il arrivera ce que saint Paul a dit : « Nous serons tous changés en un clin d’œil. » En attendant, nous ne pouvons que désirer et attendre fermement.

Nous devons cultiver l’habitude de l’effort constant par le moyen de négations et d’affir-

RÉVÉLATIONS R’eN HAUT

mations. Par exemple, vous vous réveillez un matin découragé. Ne permettez pas à votre pensée de porter atteinte à vcs désirs, mais commencez à vous traiter vous-même. Dites :

« Je ne suis pas découragé ; une ombre légère flotte sur mes désirs et mon attente, mais elle passera. Oui, elle passera, je sais qu’elle passera. Je sais que je suis aussi heureux, aussi plein d’espoir que jamais. Je sais que la philosophie de ma théorie est vraie et j’y serai fidèle. Je sais que le désir est la base de la croissance et je ne veux pas étouffer mes désirs par le doute au moment où ils sont prêts à mûrir en se matérialisant. Je m’attends absolument à ce qu’ils se réalisent et aucune circonstance ne me fera perdre pied. »

A mesure que vous répéterez cette petite formule — en la variant à votre idée — vous sentirez la force revenir en vous, et bientôt vous vous retrouverez plus ferme que jamais dans votre foi.

Nous sommes trop vacillants ; nous n’avons de persévérance que dans nos inconséquences.

La poursuite constante d’une seule chose, d’une seule idée, finit toujours par amener la victoire Aussi soyez fidèles à vos désirs. Une fois que'

RÉCAPITULATION

VOUS aurez affirmé vos besoins, attendez-vous à ce qu’ils soient satisfaits joyeusement et sans jamais douter. Personne dans l’Univers, sauf vous-même, n’a le pouvoir de vous refuser ce dont vous avez besoin, et vous vous le refusez lorsque vous doutez de vous-même et de vos droits naturels à la force, à la santé, à la beauté, au bonbeur.

Pour éviter tout malentendu, nous répéterons encore ici que ces enseignements ont seulement rapport à l’acquisition de ta santé, de la force, de la beauté et du bonheur et non pas des biens et des richesses matérielles. Notre ffort tend à construire l’homme; lorsqu’il sera construit normalement il sera capable d’organiser normalement les institutions sociales.

Tant que l’homme ne sera pas construit en VOLONTÉ VIVANTE par la transformation du désir aveugle en désir^d’uue compréhension intelligente, il sera semblable à une feuille qui flotte sur une rivière impétueuse, et il n’aura pas le pouvoir de rien construire de bien, parce qu’il ne saura pas comment le faire.

Le premier devoir qui incombe à l’homme, à l'étape de l’évolution du monde où nous sommes, est un devoir par rapport à lui-même.

156 niÔVÉLAÏlONS d’en haut

En s’étudiant lui-même et en découvrant les pouvoirs qu’il possède, il fera plus de bien au monde que par n’importe quel autre moyen.

Toute femme, ou tout homme, qui se voue à la sublime étude du Moi tient dans sa main un sceptre qui lui donnera une influence immense sur le monde. Car nous vous l’affirmons, l’ère de la mort et de la corruption va finir; la terre ne doit plus être un cimetière, mais un merveilleux théâtre où se passent des choses que l’on n’aurait pu rêver jusqu’à ce jour. Il y a beaucoup d’Edisons qui sont prêts à vaincre les ennemis du monde et à en faire des serviteurs pour leur œuvre. 11 y a plus d’un Keely qui découvre dans les éléments de nouveaux moteurs, si fins, si intangibles qu’ils échappent presque entièrement à l’observation de l’homme. Nous croyons à la découverte de Keely alors même que personne ne partagerait notre foi, car nous savons qu’il y a des forces cachées que la compréhension humaine peut à peine soupçonner; et nous savons qu’il y a, dans nos cerveaux, des facultés dormantes qui peuvent se mettre en rapport avec ces forces. Et nous croyons que Keely est bien près d’avoir trouvé le secret qui doit éveiller ces forces.

RÉCAPITULATION

Nous nous félicitons de pouvoir croire lorsque les autres doutent. Le croyant peut être mille fois trompé, mais il est l’homme qui apprend. Son visage rayonne de la lumière qu il atténd, tandis que le visage du sceptique est assombri parce qu’il repousse la lumière.

Aussi nous disons à l’étudiant ; Ne vous fermez pas devant les nouvelles idées qui arrivent maintenant dans le monde. Repoussez tous les obstacles et allez, emportés sur les ailes de ces idées, alors même qu’elles pourraient vous amener en des lieux étranges ou sous des cieux inhospitaliers. Croyez et croyez toujours ; faites tout pour briser votre habitude chronique du doute. La vérité prend soin de l’honnête croyant et finit par le conduire là où vont ses désirs, en un lieu sûr où la récompense l’attend. Mais la vérité ne peut pas s’approcher du sceptique chronique. Il n’y a pas en lui une place solide oîi elle puisse le saisir.

La vieille chanson qui dit : « Mieux vaut avoir aimé et perdu — que de ne pas avoir aimé du tout » s’applique très bien au sceptique. Car toute croyance est une forme de l’amour ; il y a en elle de la vie, tandis que le doute est la négation ou le rejet de la vie. Ainsi

RÉVÉLATIONS d’en HAUT

croyez plutôt que de douter, jusqu’à ce qu’une expérience intelligente détermine le caractère de votre foi.

Et par dessus toute chose, croyez en vousmème — c’est-à-dire croyez au Dieu qui est* en vous — de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit, de toute votre force. C’est là le premier et le plus grand commandement ot voici le second qui lui est semblable ; Croyez en votre prochain, dans les possibilités divines qui sont latentes en lui ; croyez en lui avec autant de force et de ferveur que vous croyez en vous-même.

LA VOLONTÉ HUMAINE

Nous avons cherché l’esprit de l’homme.

Dans une de nos premières leçons nous avons aperçu des traces de ses efforts, car cet esprit est invisible. Nous l’avons mu se manifester dans ce courage qui, à certains moments, dépasse les bornes de la force ordinaire et s’affirme d’une façon sublime. Nous avons vu comment il fait face au danger sous toutes ses formes et prouve qu’il est au-dessus de la peur et de la mort. Nous avons vu aussi que, inconsciemment et sans raisonner, notre intelligence supérieure a compris qu’elle pouvait résister à la mort en mettant de côté les lois de causalité physique.

Dans la leçon suivante nous avons cherché

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

à trouver Torigine de Tesprit et à montrer sa croissance progressive exprimée par le désir. Et cependant le désir qui se porte en avant constamment n’a pas eu de prise sérieuse sur l’existence, mais, — dans une certaine mesure — il paraît être une chose non organisée,ou au moins une chose dont l’organisation est vague et incertaine ; une chose qui a .besoin d’être resserrée sous une forme d’expression plus forte avant de pouvoir prétendre à la domination sur soi-même.

Le désir procède de la croissance inconsciente accompagnée d’une attente si positive que pas l’ombre d’un doute ne peut la voiler; et c’est ainsi que l’animal sedéveloppejusqu’àl’homrne, possédant ses splendides pouvoirs de raisonnement. Arrivé à ce point, si l’homme veut apprendre la loi de sa croissance, comme il a le droit de le faire, il peut partir du point où la croissance inconsciente l’a laissé et aller se développant pendant l’éternité. Et ceci est une nécessité positive. L’homme est un être qui s’est créé lui-même et qui est responsable de lui-même. Il faut qu’il croisse. La mort ne peut pas le libérer de son travail. Et de fait la mort est une des choses qu’il doit vaincre avant qu’il

la volonté HUMAINIC

ne puisse avancer beaucoup. U faut quil domine la mort pour lui-même, ou quoi reconnaisse le principe de cette domination chez les autres au point d’y participer lui-même. Mais tout homme doit vaincre la mort, soit pratiquement, soit par délégation, en s’appropriant par la compréhension les conquêtes pratiques des autres. Cette sorte de victoire est le salut par la croyance.

Le désir qui est l’esprit, en train de chercher le bonheur, ne peut pas trouver ce qu il cherche tant qu’il n’est pas arrivé à un point où il se rend compte de son propre pouvoir.'Aussitôt qu’il voit son pouvoir et que, pour la première fois, il se rend compte de son véritable caractère, il peut prononcer son nom, et ce nom est « La Volonté Humaine ».

La Volonté Humaine ! « Quel pouvoir incommensurable dans ces paroles ! Quelle force communique le seul fait de penser : Je sms une Volonté Humaine. Je ne suis plus dans 1 esclavage de la peur. Je ne suis plus forcé de subir la maladie, la dilTormité, la mort. Je suis ce que je désire être. Je suis une volonté humaine ; je le suis maintenant. Je suis arrivé à ce degré de compréhension où je me vois moi-même

tel que je suis. Je me suis construit à travers les âges sans savoir ce que je faisais, mais je le sais maintenant. J’ai construit une volonté humaine. Je suis le conquérant rlu monde, le conquérant de toutes choses et je suis gela en ce moment même. Je n’ai pas besoin d’attendre un jour, un mois, une année avant d’entrer en possesssion de mon héritage. Je le possède maintenant. Reconnaître ce fait me confère tout pouvoir. Ce que je .veux être, je le suis. Le désir aveugle a grandi jusqu’à la claire vision. »

Dans une de nos premières leçons, nous avons dit qu’avant que l’homme arrive à son couronnement, une réconciliation devait s’accomplir. Or cette réconciliation doit avoir lieu entre l’individu, ou l’homme réel, et l’homme intelligent ou personnel. L’individu, ou l’homme réel, est la volonté, c’est la volonté qui a produit toute l’organisation de l’homme. La volonté étant Dieu dans rhomrne, c’est seulement dans ce sens que l’on peut affirmer que Dieu a créé l’homme. La volonté individuelle — qui est Dieu dans l’homme — a projeté ou a voulu créer le système digestif individuel, les organes du corps et les sens. Cet homme

LA \’OLOiSÏÉ HUMAINE

individuel — qui est la Volonté — a le droit de régner suprême dans l’homme, mais le malheur est que l’Intellect a arraché ce droit à la Volonté et usurpé son autorité. Or l'intellect est une création de la Volonté et devrait lui être subordonné. L’intellect, comme toute autre fonction du corps, est le serviteur de la Volonté et doit lui être entièrement soumis. Nous reconnaissons que ceci est un renversement complet de l’ordre actuel des choses ; mais il taut bien que l’ordre présent soit renversé, autrement l’ordre véritable ne pourrait pas être établi. De même que la position de l’enfant dans le sein de sa mère est la tête en bas, jusqu’à ce qu’il soit né à la lumière et à la liberté, ainsi la position de la race embryonnaire est la tête baissée jusqu’à ce qu’elle soit née à la compréhension dé son pouvoir.

Nous adorons Dieu en aveugles. Un des anciens maîtres voyageant dans un pays étranger y trouva un temple dédié au « Dieu Inconnu ». Il saisit immédiatement cette occasion et dit : « Le Dieu que vous adorez sans le connaître est celui que je vous annonce », et alors il leur prêcha le Dieu de sa religion.

Or le Dieu inconnu est un esprit d’Amour,

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

omnipotent, omniscient, omniprésent, et son nom est volonté. Cette force inconnue est organisée en vous et se mesure à votre compréhension -, elle est faible ou puissante, suivant que vous avez la faculté de la reconnaître. En vous elle est la volonté individuelle, et vous l’avez tenue assujettie à cette créature qu’elle a engendrée, savoir votre intellect jusqu’à ce que vous ayez fini par la perdre de vue. Eh bieii, ce que nous voulons vous demander, c’est de vous lier entièrement, avec tous vos intérêts les plus grands, à cette volonté que vous trouvez au dedans de vous. En agissant ainsi vous vous fierez à Dieu, et il n’y a pas d’autre manière de montrer votre confiance en lui.

Maintenant considérons un instant cette volonté, cette volonté que nous trouvons en nousmêmes. Voyez combien elle est audacieuse. Elle éloigne toutes les limites que l’intellect a si longtemps posées. Elle nous dit d’emblée que ce que nous voulons est à nous. Quelque insensé que le désir puisse paraître, la volonté nous dit : « il sera accompli. » L’intelligence s’attarde derrière en criant : « impossible ; » elle n’a pas d’ailes encore pour aller aussi vite que la volonté ailée. L’intellect a le devoir positif d’ap-

LA VOLONTÉ HUMAINE

dG5

prendre de la volonté et d’exécuter ses désirs, mais jamais, dans aucun cas, de s’imposer comme un obstacle sur le chemin du désir.

Mais la volonté non réprimée par l’intelligence, n’est-elle pas une force dangereuse?

Nous répondrons qu’elle est moins dangereuse que ces froides et inhumaines abstractions de l’intellect qui ne sont pas réchauffées par la volonté vivifiante. Car la volonté dans sa forme supérieure est le pur Amour, comme nous le verrons; et l’Amour, le donneur de vie, doit nécessairement devenir le directeur avant que le ciel apparaisse.

Ce que nous voulons nous devons l’aimer, et ce que nous aimons nous le voulons; par conséquent être une volonté humaine, c’est être un amour humain.

L’intellect dans l’homme s’est moulé au contact du monde extérieur ; -il s’est formé — pour ainsi dire — sur son milieu ; et ce milieu semble être tout à fait raide et inflexible. Aussi l’intellect essaye de prescrire des limites à la volonté, à la force divine au dedans de nous; et il a imposé ces limites pendant des siècles au grand détriment de la race.

L’homme qui a peur de sa volonté a peur de

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

son amour; et il a peur du Dieu (le Bien) qui est au dedans de lui ; car la volonté est le seul bien qu’il y ait en lui. C’est elle qui le fait avancer. Aller du bon côté est un fait d’expérience pour lui; mais le grand point est qu’il aille. Comme la volonté ne peut se tourner que dans la direction du bonheur, il est de la plus grande importance pour lui qu’il prenne le chemin le plus court et commette le moins d’erreurs possible pour y arriver. Et comme tous les péchés sont des erreurs, il est raisonnable de dire qu’un homme les évitera autant que possible. La vieille idée que la nature humaine est dépravée et qu’elle pèche par choix, devient positivement absurde lorsque le caractère du péché a été expliqué. Un péché étant une erreur que l’homme commet en poursuivant leLonheur, il y a folie à supposer qu'il continuera à commettre des erreurs pour son plaisir, lorsque chaque erreur qu’il commet tend à retarder le bonheur qu’il cherche. C’est comme si nous disions qu’un homme ira plutôt de travers que droit, qu’il prendra le chemin où il ne veut pas aller plutôt que celui où il désire aller.

La volonté de l’homme — qui est l’esprit in-

LA VOLONTÉ HUMAINE

visible en lui, a construit l’intellect dans l’état de perfection, ou plutôt d’imperfection où il est aujourd’hui ; mais elle peut lui donner une capacité infiniment plus grande, et elle le fera, pourvu que l’intellect veuille bien étudier la situation et découvrir où il en est. L’intellect se considère aujourd’hui comme l’arbitre. Il croit réellement qu’il est tout en tout et se figure presque qu’il peut agir sans l’esprit qui anime et charme la vie. C’est exactement comme si la nature disait : « Je suis toute puissante ; je puis me passer de Dieu. » C’est comme si la lumière disait : " Je puis me passer delà flamme qui est mon cœur. » La poSxtion prise par l’intellect est comme l’abandon de son principe de vie — l’esprit ou la volonté. La condition où il se trouve est extrêmement périlleuse. Il a monté en graine, il est presque mort dans les vieilles ornières. Il faut maintenant qu’il s’éveille à la vérité; qu’il envisage la situation et reconnaisse la source de sa vie ; et en outre il faut qu’il sache que cette grande source au dedans de lui est inépuisable. 11 faut qu’il cesse de vouloir limiter la volonté aux quelques œuvres déjà accomplies dans ce monde ; il faut que, cessant d’être sceptique, il prête une oreille crédule à toutes les

UÉVÉLATIONS d’eN HAUT

idées qui parlent des possibilités infinies que la volonté, ou l’amour, nous suggère.

Voyez donc cette volonté ! elle tend tous les nerfs pour sauter par dessus les limites que lui pose l’intellect. Elle dit : « Je ne veux pas succomber à la maladie, à la vieillesse, à la mort. » Et ce vieux tou d’intellect lui demande : « Avezvous jamais vu quelqu’un qui ait échappé à la mort ou aux ravages de la vieillesse? » Puis il sourit complaisamment croyant avoir avancé un argument irréfutable. C’est comme si l’animal pré-historique avait dit ; « Comment ! une créature qui aura moins d’un tiers de ma grandeur, avec deux pieds seulement et se tenant debout sur un ; qui entasse des pierres dans des formes symétriques dix mille fois plus grandes que lui ; une telle créature serait dans les possibilités de l’avenir? Qui a jamais vu quelque chose de semblable dans le passé?

C’est ainsi qu’à chaque instant on se sert du passé pour arrêter notre progrès. Les hommes préfèrent être des fous dans le présent plutôt que de laisser supposer qu’ils pourraient être des fous dans l’avenir.

L’intellect — et celui-ci comprend tout le corps — est fait pour servir la volonté dans tout

LA YOLONTÊ HUMAINE

ce qu’elle lui suggère et non pas pour la limiter ou l’entraver. Que l’étudiant ne déprécie cependant pas les fonctions de l’intellect, il est une partie de la volonté ; il est ce qui rend la volonté visible dans le monde des effets, et ce monde des effets est tout pour nous. C’est le théâtre sur lequel nos volontés sont matérialisées et manifestées par une suite constante de nouveaux usages.

Or, nier la personnalité c’est nier in toto toutes les fonctions de l’intellect. Quelle erreur ! La personnalité est la l'évélation visible de l’esprit invisible ou de la volonté, et elle est aussi essentielle que la volonté elle même, en ce qui nous concerne, bien qu’elle ne pourrait pas exister sans la volonté. En d’autres mots, la volonté étant Dieu, ou le bien, la vitalité une, ou le principe de vie, pourrait exister sans être reconnu dans la nature, mais la nature, avec l’homme à sa tête, ne pourrait pas exister sans le principe vital unique. Dieu, ou le Bien. Ce principe vital existe par lui-même. L’homme et tous les objets existent par lui, comme la lumière existe par la chaleur.

Mais tandis que l’homme dépend ainsi de Dieu et ne pourrait pas exister sans Lui, Dieu

RÉVÉLATIONS R’eN HAUT

pourrait aussi bien ne pas exister que d’exister sans être reconnu. Toute la nature est une reconnaissance de Dieu. Comme Dieu doit toujours être reconnu, la nature existera éternellement et elle existéra dans les personnalités toujours grandissantes que nous voyons autour de nous. Les arbres et les animaux croissent et deviendront des personnalités plus puissantes qu’ils ne sont maintenant; mais il y a des personnalités plus basses que les arbres et les animaux qui revêtiront leurs formes.

Le point que nous cherchons à établir ici est que la nature n’est pas un mythe comme quelques-uns le prétendent et que la vie personnelle de l’homme est une réalité certaine ; et en outre que les efforts de la science spirituelle tendent à établir l’homme encore plus fermement dans cette vie de sa personnalité. Cette vérité est d’une importance infinie pour nous et le but de ces leçons, comme de toutes les paroles que nous prononçons, est d’établir cette idée aussi fermement que possible dans l’esprit des hommes.

La véritable relation qui existe entre la vo-' lonté humaine — qui est l’individu réel — et l’homme personnel doit être comprise et établie

LA VOLONTÉ HUJIAINE

avant que la maladie et la mort puissent être vaincues. Aussi dans celte leçon où nous cherchons à montrer le pouvoir de la volonté, nous tenons à affirmer l’importance de l’intellect, bien qu’il puisse sembler que nous le diminuons par rapport à la volonté. La volonté est à l’intelligence ce que lame ou l’esprit est au corps.

L’intellect est le corps, il forme le corps et le reformera en conformité avec la volonté aussi rapidement qu’il apprendra à comprendre ses vrais rapports avec elle.

La volonté est l’àme de l’homme, l’esprit de l’homme ; le pouvoir moteur ; la vapeur dans la machine de son intelligence ou de sa personnalité. Il ne peut pas exister sans la vapeur, quoique la vapeur pourrait exister sans lui.

Mais comme la vapeur serait inutile sans la machine qu’elle fait mouvoir, ainsi Dieu serait inutile sans l’homme. Et c’est la personnalité de l’homme seule qui le met au dehors comme sa manifestation visible et auditive. Par consééquent l’homme personnel est l’être dont nous avons à nous occuper maiidenant. L’homme personnel étant pure intelligence est ce qui reconnaît. Et comme la fonction de la personna-

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

lité est simplement de reconnaître, aussi longtemps qu’il y aura une reconnaissance de Dieu, il y aura une personnalité. L’étudiant doit donc se rendre compte que ces personnalités (corps) ne peuvent pas être « un rien », « un rêve dans un rêve », mais qu’elles sont des faits réels, des faits qui vont se développant et croissant, des faits d’un caractère si substantiel que sans eux l’univers n’existerait pas.

La volonté d’un homme est la somme de la volonté universelle (Dieu) qu’il peut reconnaître. Et ce qu’il peut reconnaître se manifeste dans sa personnalité.

Si nous parlons de l’homme par rapport à son individualité réelle, nous dirons qu’il est une volonté humaine; si nous parlons de lui dans sa personnalité, il est la proportion de cette volonté qu il peut percevoir. La volonté est toujours la même et elle est une force trop grande pour que l’homme puisse la mesurer.

La personnalité est un facteur qui change incessamment, montrant tantôt plus, tantôt moins de la volonté, mais dans la longue course augmentant graduellement en pouvoir manifesté.

La volonté étant une force que nous avons comparée à la vapeur, pousse en avant à chaque

LA VOLONTÉ HUMAINE

instant; elle est expansive, et si l’intellect ne la réprimait pas, elle porterait la race bien \ite en dehors des ornières dans lesquelles elle s’est traînée depuis si longtemps. C’est une chose qui semble . être très sage que la volonté soit mise en échec jusqu'à ce que l’intelligence ait assez mûri pour la comprendre ; sans doute que c’était nécessaire car « tout ce qui est, est bien ». Mais maintenant l’intellect a assez grandi pour comprendre cette puissante force qui 1 inspire, et il commence à Se demander comment il peut co-opérer avec elle au lieu de chercher à l’écraser. Et aussitôt que l’intellect aura appris cela, il sera un avec la volonté majestueuse et indestructible, et Dieu et l’homme seront un ; l'union sera effectuée et le ciel descendra sur la terre.

L’évolution de la volonté de Dieu (la volonté universelle de rameur) à travers nos personnalités amènera le ciel dans le monde. Il n’y a qu’une seule volonté ; et peu importe que les intelligences ou les personnalités la représentant faussement, elle est cependant la Volonté de Dieu ou du Bien ; et, lorsqu’elle sera mieux comprise, elle transformera la terre en ciel et les hommes en anges qui l’habiteront.

Sans la personnalité, qui est la compréhen-

RÉVÉLATIONS u’eN HAUT

sion de Dieu, il n’y aurait par d’usager, : rien à faire. Représentez-vous un instant un être doué de conscience personnelle qui n’auz'ait rien à faire, aucun usage à manifester ; aucune faculté de son cerveau à développer. Un ciel de cette espèce est encore plus insensé que celui de la théologie où les saints portent des couronnes et jouent de la harpe dans un éternel sabhat.

Il Le ciel se trouve dans le développement des l|facultés individuelles ; il est dans le fait de re- /connaître la Volonté Universelle et de manifester i cette volonté dans des personnalités en l’éta- /blissant par des usages. Etre toujours occupé à améliorer notre milieu et à élargir le cercle de notre activité, sachant qu’il n’y a pas plus .de limites à nos facultés qu’il n’y en a à la volonté universelle, c’est cela qui est le ciel.

Nous désirons attirer l’attention sur cette expression « Volonté Universelle ». Nous voudrions que l’étudiant arrivât à comprendre sa profonde signification. On nous a appris à avoir peur de notre volonté et cependant notre volonté est une partie de la volonté universelle (Dieu) ; et la Volonté Universelle exclut positivement l’idée de l’égoïsme dans le sens que

l’on donne généraleinenî à ce mot. La Volonté Universelle ne signifie pas la recherche pour soi à l’exclusion des autres, mais la recherche universelle, un équilibre de bonheur pour tous ; une reconnaissance de la fraternité humaine et de la paternité de Dieu. Bien que, en nous,|la volonté universelle s’individualise et nous crée en entités séparées, cependant dans sa large application elle nous unit par les liens de la stricte justice. Nous voyons donc qu’il n’y a point de mal dans la volonté en elle-même, et qu’elle n’est que le pouvoir qui pousse incessamment l’intelligence à la recherche du bien.

(( Mais », demandera l’étudiant, (( est-ce que je ne puis pas vouloir le mal? » Non, vous ne pouvez pas, vous ne pouvez vouloir que le bonheur pour vous-même. 11 se peut que les méthodes que vous employez pour exécuter vos volontés soient fausses et produisent l’injustice pour les autres, mais cela vient de votre ignorance, l’ignorance de votre personnalité qui ne comprend pas, et non pas d’une mauvaise volonté. La volonté ne peut pas être mauvaise.

La volonté est Dieu. C’est le Dieu en vous qui vous pousse à faire de nouveaux efforts pour ob-

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

tenir un pouvoir toujours croissant de faire du bien et d’être heureux.

L’obéissance à la volonté, qui est la voix de Dieu dans riiomme, suppose un effort constant. La conquête est la vie. Il n’y a pas d'autre vie que la conquête. Tout, sauf la conquête continuelle, est irrésolution et faiblesse. L’irrésolution et la faiblesse s’expriment dans toutes les formes variées de la maladie et dans la vieilliesse qui finit par la mort.

La conquête constante, nécessaire pour celui qui veut survivre et dépasser toutes les faiblesses inhérentes à l’humanité actuelle, semble effrayante pour une personne qui vit dans l’indolence, car la conquête constante suppose un effort constant, et les habitudes d’indolence sont parmi les premières choses qu’il faut vaincre. Celui qui cède aux habitudes d'indolence en pensée et en action s’enfonce de plus en plus profondément dans un état de léthargie qui conduit à la mort. Il faut que nous travaillions à posséder une volonté indomptable qui soit prête à sauter par dessus toutes les barrières et à entreprendre n’importe quoi. Nous pouvons nous exercer à cela dans les petites occasions de la vie journalière.

LA VOLONTÉ HUMAINE

La chose est difficile et le mouvement indolent que vous avez fait pour y arriver a échoué. Vous êtes à une époque où il faut s’attendre aux chutes. Mais chaque chute peut marquer pour vous un progrès si vous comprenez la leçon.

«Echouer une fois, » dites-vous, « c’est échouer pour toujours. » Faites un effort et montez un degré, bien que ce soit peu de chose, vous vous sentirez plus fort après. Les années vous disent qu’il faut mourir; mais la volonté élève la voix et vous crie: « Vous avez compté sans votre hôte ; je suis la. »

Un jour, dans un théâtre, une jeune fille accomplissait des tours très remarquables. A la fin elle en tenta un d’une grande difficulté et échoua. Un instant d’irrésolution parut sur son visage. Mais elle n’en tint pas compte. Elle échoua de nouveau. Le public attendait; elle prenait du temps qui appartenait aux autres acteurs. Peu lui importait ; sa volonté était excitée et rayonnait sur son visage avec une étrange expression de lionne chez un être si jeune et si joli. Elle essaya et échoua cinq fois. On pouvait voir la volonté invincible s’affirmer de plus en plus énergiquement. Sa bouche délicate se crispait et une lumière étrange etpres-

RÉVÉLATIONS D’EN HAUT

que surnaturelle sortait de ses yeux. Chaque muscle de son jeune corps tremblait de détermination, puis elle sauta, semblable â un animal souple, léger mais puissant, et elle réussit. Le public retenait son souffle. Toutes ces volontés individuelles étaient comprises dans l’expression de sa volonté à elle et elle remporta la victoire. Oh ! quels hourrahs éclatèrent ! Car ne voyez-vous pas qu’elle avait remporté la victoire pour eux tous. Elle l’a remportée pour vous aussi maintenant que vous savez la chose. Elle savait le danger qu’il y avait à ne pas vaincre et elle fit pénétrer ce sentiment chez tous et donna ainsi une splendide leçon.

Les petites conquêtes sont grandes au moment où elles se produisent et aucune victoire n’est indifférente pour construire un caractère.

Le jour est chaud, et à la table du dîner vous craignez d’avoir trop mangé. Au moment où cette crainte se produit, faites appel à votre volonté. Dites : « Je n’ai pas pris plus de nourriture que je n’en avais besoin ; ma volonté agira sur la digestion, vaincra la nourriture et en obtiendra les meilleurs résultats. »

Peut-être vous sentez-vous trop faible pour

LA A'OLONTÉ HUMAINE

le travail de la journée. Dites ; « ma volonté est capable de s’en tirer. » Alors mettez-vous à l’œuvre en vous souvenant que la volonté en vous est le pouvoir infaillible de Dieu, la vapeur de chaque mouvement grand ou petit et vous verrez comme la force viendra vite.

Peut-être hésitez-vous en face d’une entreprise. Mais nous vous disons que le succès dépend de vous et de rien autre. Regardez à votre volonté pour avoir la force morale. Fiez-vous à votre volonté comme le saint se fie à son oracle ; ne la laissez pas se voiler d’un seul doute et elle vous élèvera au-dessus de toutes les difficultés et vous donnera la victoire.

C’est en cultivant la volonté que l’homme devient invincible. Vous avez pris troid et vous souffrez d’un mal de gorge. Réfléchissez, examinez les raisons de cette croyance. Demandez-vous si ce mal fait partie de votre volonté. Un instant de réflexion vous montrera que non. Dites alors ; « Ma volonté est ma véritable individualité ; je m’appuie sur elle. Je n’ai aucun mal et je ne serai pas vaincu par une fausse croyance à ce sujet. Je ne veux pas croire à ce qui est faux, je croirai la vérité qui est le salut. » Tenez-vous ferme à ce raisonnement, une demi-

RÉVÉLATIONS D’kN HAUT

heure (cinq minutes peuvent suffire), et votre mal aura disparu.

Dans cette position il n’y a pas effort de la volonté, mais un effort de Tintellect qui force votre intelligence à s’attacher au fait que votre volonté manifeste par elle. Toute conquête s’accomplit de cette façon-là. Elle s’accomplit en forçant l’intelligence à regarder en face cette vérité que la volonté n’est pas malade et ne peut pas l’être. Et la volonté ne peut pas être davantage estropiée, sourde ou aveugle.

Chaque maladie n’est que la négation intellectuelle de la force et de la perfection de la volonté. Mais la volonté est toujours parfaite. Qu’est-ce qui pourrait faire du mal à votre volonté? Elle est grande, forte et belle bien audelà du pouvoir que vous avez de le reconnaître. Mais chacun peut au moins reconnaître que la volonté n’est ni malade, ni aveugle, ni estropiée.

Les meilleures paroles que nous puissions prononcer sont : « je veux, je veux, je veux. » Elles vous secoueront et vous éveilleront jusqu’à ce que vous vous sentiez une nouvelle personne.

C’est une gymnastique mentale qui fera de vous un acrobate mental. Ces paroles mettront votre

LA VOLONTÉ HUMAINE

cerveau dans une condition telle que la manière d’accomplir votre volonté vous apparaîtra bientôt.

L’intellect, — et celui-ci comprend tout le corps — est l’exécuteur de la volonté. Comme nous l’avons déjà dit, il est aussi essentiel à l’être parfait que la volonté. L’homme est double; il est voleté et intelligence, ou amour et sagesse, et ces deux sont un. La conaissance de ce fait est le mariage dont il est si souvent parlé dans la Bible. C’est cette union qui produira le fruit de la justice (droiture) ou de la sainteté (unité). C’est-à-dire qu’elle nous rendra droit et un,

La volonté est l’homme.

La volonté seule a des droits.

Rien en dehors de la volonté n’a de droits quelconques.

Le but intégral de la vie devrait être de vivre la volonté et de la rendre personnelle dans nos corps.

Ces personnalités, ou intelligences, qui nous appartiennent ne sont que les exécuteurs de nos volontés. Leur devoir est d’étudier les volontés qui sont au dedans d’elles et de découvrir ce que ces volontés leur ordonnent de faire.

RÉVÉLATIONS d’eN HAUT

Remarquez bien ceci :

Partout où, dans cette leçon, le mot volonté est employé on pourrait lui substituer le mot AMOUR sans changer le sens qui est entendu.

La volonté de l’homme est l’amour de l’homme. Et si nous nous reportons au mot « Désir, » le désir est l’amour dans sa manifestation extérieure. C’est l’amour avant qu’il se soit compris lui-même, et cherchant à se comprendre et à s’exprimer. Le désir crie incessamment:

plus, toujours plus. Plus de quoi? La créature croit que cela veut dire plus de nourriture.

Mais en réalité ce cri signifie plus de reconnaissance, ou une reconnaissance plus exacte de la vie divine qui le pénètre. Et il reçoit toujours plus de cette vie, en sorte qu’il peut produire une matérialisation toujours meilleure de lui-même, ou une personnalité toujours plus parfaite.

A la fin le désir arrive à ce point de compréhension de lui-même où il possède une idée assez complète de son pouvoir, alors il devient la volonté. Mais, aussi longtemps que l’idée de force seule entre dans la compréhension de la volonté, elle ne s’élève pas au-dessus du royaume des instincts brutaux. Pour l’élever au-des-

LA VOLONTÉ UUMAIM-:

SUS de ce royaume, nous devons arriver à comprendre qu’il y a une force plus élevée que la force brutale, une force que la volonté dans son sens divin représente. Cette force supérieure c’est l’amour.

Durant la période de la croissance incons^ ciente, le désir était toujours accompagné de l’attente ou de la foi. C’était une foi aveugle, il est vrai, mais une foi absolue. Or, cette foi se fondait sur la reconnaissance (1 ) inconsciente, par la créature, du plus grand fait qui ressort de ces leçons. Elle se fondait sur le fait qu’il n’y a pas d’autre temps que le présent.

Le MAINTENANT étemel comprend tout ; et la créature dans l’expression de son désir possédait au-dedans d’elle la promesse positive de l’accomplissement immédiat de ce désir. En véiité, on peut dire que parce qu’il n’y a pas d’avenir, mais seulement un présent éternel, le désir de la créature et l’accomplissement de ce désir étaient des fleurs et des fruits sur la même tige. Demander une chose c’était tout simplement la rendre manifeste dans la personnalité de la créature. Avec la connaissance

(1) Toujours dans le sens d’action de reconnaître.

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inconsciente de ce fait, comment les êtres auraient-ils pu manquer de foi? C'est seulement pendant la période où l'homme a mûri jusqu'à la conscience de ce fait que la foi s'est trouvée séparée du désir. Mais ceci commence à passer et nous sommes au dernier tournant de la route qui doit nous amener à un point où nous aurons une vision complète de la situation.

I ir « Lorsque vous priez, croyez que vous rece- ; vrez et cela vous sera donné. » Cette parole de j la Bible contient toute la vérité par rapport à la croissance consciente et inconsciente. Quoi que ce soit que vous désiriez, soyez sùr que cette chose existe, sans quoi vous ne la désireriez pas. Et parce qu'elle existe elle nous appartient en raison du fait que vous la désirez. Et cette chose est à vous maintenant, car toutes choses commencent et finissent en Dieu qui est toujours présent. Ainsi, ayez la foi, même la certitude absolue que vous avez déjà ce que vous demandez et cela se matérialisera de suite pour votre perception consciente.

Votre désir est en corrélation avec ce que vous désirez, et l'un ne peut pas exister sans l'autre. Nous serons dans une position absolument forte lorsque le désir sera devenu la vo-

LA VOLONTÉ HUMAINE

lonté, grâce à la connaissance de beaucoup de choses. La première de ces choses qu’il faut savoir, c’est que nous nous sommes construits nous-mêmes par notre intelligence grandissante et que nous sommes maintenant maîtres de notre milieu ou des volontés vivantes par rapport à lui. Et en outre nous devons savoir que tout ce que nous désirons existe maintenant et est à nous par le fait que nous le demandons. La connaissance de ces choses, nous placera dans une position imprenable. Nous sommes sortis de la situation négative où nous dépendions de tant de choses et qui faisait de nous des pensionnaires d’un Dieu inconnu et des mendiants sur la terre ; et maintenant nous sommes arrivés dans cette place forte del intelligence personnelle d’où nous pouvons apercevoir l’indépendance et la majesté que nous avons acquises grâce à nos conquêtes personnelles pendant une longue période. Nous sommes forts maintenant nous sommes des volontés HUMAINES et nous nous glorifions de la liberté de notre état.

Car, bien que, en ce qui a rapport à nos MOIï^ intérieurs et véritables, nous sommes de Dieu et dépendons de Dieu, cependant nos vies

RÉVÉLATIONS b’eN HAUT

extérieures sont dans le personnel, notre œuvre est dans le personnel. L’univers des usages a rapport au personnel ; et ces personnalités que nous somnaes en train de construire dureront toujours, dans le but de matérialiser Dieu, c’est-à-dire de faire passer des harmonies éternelles dans une organisation. Notre devoir comme citoyens de l’univers est de rendre visibles les puissances invisibles qui existent déjà, et qui ont toujours existé. L’homme visible n’est que la reconnaissance du Dieu invisible, et il ne sera jamais autre chose. L’intelligence est la reconnaissance de l'Amour. L’homme avec toute la nature et tout ce qai est visible est intelligence.

Dans cette leçon nous avons essayé d’établir le fait que l’homme, quant à sa personnalité, se crée lui-même. Que, s’il lire tout son pouvoir du grand Invisible, il peut obtenir ce pouvoir aussi rapidement qu’il le désire. La méthode pour attirer ce pouvoir à lui, c’est la connaissance. Comme il est tout intelligence — en ce qui concerne sa personnalité, — il a le privilège de croître en intelligence incessamment. Il n’y a pas de créature, ni de puissance, visible ou invisible, qui puisse lui dire : « Non. »

LA YOLONTK HUMAINE

Le pouvoir de savoir lui appartient absolument, et savoir, c’est être. Il peut savoir ce qu’il veut par l’effort. Ceci le place dans une position d’indépendance complète. Il peut se tenir debout, en face de la création et dire : « Je suis le monarque de tout ce que je vois; mon droit sur toutcela ne peut pas être contesté. » Dan s le clair royaume de l’intelligence où se trouve toujours le champ de notre activité humaine, quel droit ou quel pouvoir aurait qui que ce soit de me dominer ? Je suis moi-même par la vertu de la claire vue. »

Que ceux qui le veulent enseignent à la pauvre humanité comment mourir ; nous, nous voulons lui enseigner comment vivre. Le règne des religions négatives est presque passé. Nous les appelons négatives parce que leur idée même annihile le pouvoir de l’homme d’être son propre sauveur. Le règne de la religion positive est arrivé, la religion qui enseigne le salut personnel. Les livres que nos pères ont conservés si soigneusement ne sont pas une nourriture suffisante pour nous maintenant.

Nous sommes devenus difficiles et nous demandons la meilleure nourriture possible parce que nous savons qu’il n’y a rien de trop bon

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pour nous. Princes, nés dans le palais, nous réclamons ce qui nous appartient. Nous sommes ce que nous sommes en vertu de ce que nous prenons et pas de ce que nous mendions.

Ainsi nous ne voulons plus mendier. Volontés humaines, vivantes, avec toutes les possibilités qui existent en nous qu’avons-nous besoin d’autre chose? Si ce n’est pas nous qui sommes les habitants libres d’un pays où coule le lait et le miel, alors, je vous prie, qui sont ces habitants ?

Nous nous glorifions dans notre liberté; la liberté de connaître tout ce qui peut être connu; et nous savons que, grâce à cette connaissance, nous croîtrons contînuellement. Ainsi soyez dans la liberté puisque vous êtes une volonté humaine, ne laissez pas une seule pensée mettre une limite à l’opération de votre volonté. Souvenez-vous que la volonté est toujours l’arbitre, et donnez à la pensée la place qui lui appartient comme son exécutrice.

Souvenez-vous aussi que les ennemis qui arrêtent l’opération de la volonté ne sont qu’ imaginaires. Vous êtes votre propre volonté et vous n'avez rien à opposer à vous même. A l’instant où vous vous sentez faiblir en face de quelque

LA VOLONTÉ HUMAINE

chose que vous désirez faire^ recourez à votre volonté. Oh ! volonté divine, où es-tu? manifeste ta présence suprême maintenant au temps de ma détresse.

C’est là la priere qu’il faut faire. C’est la prière qui reçut toujours une réponse. Et cette prière est semblable à ces médicaments dont les effets sont appelés cumulatifs, en sorte que le tait de les avoir administrés obvie à la nécessité de les donner encore. C’est une des prières qui reçoit sa réponse à son heure.

Nous n’avons plus qu’une chose à dire dans cette leçon au sujet de la volonté. Le désir semble toujours attendre ce qu’il cherche ; mais la volonté a appris à connaître son propre pouvoir. Elle affirme ce dont elle a besoin puis elle se repose dans la béatitude paisible de la possession. (( Ces choses sont déjà à moi », dit-elle. « Je les possède maintenant ». Et voici, ce qu’elle a demandé se manifeste lorsque l’heure de l’usage arrive^.

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