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des moyens de pourvoir à sa subsistance : sans le secours de ses semblables * il ne pourrait se conserver.
3o* L’homme, en entrant dans la vie, apporte avec lui une propriété naturelle, c’est la liberté- Mais il faut s’entendre sur la véritable acception de ce mot Liberté. Dans l’état de nature, la liberté de l’homme consiste dans l’indépendance où il est de la volonté de tout autre homme, et dans sa soumission à la loi de la nature. Dans Tétât social, l’homme est également indépendant de la volonté de tout autre homme, mais il est soumis aux lois civiles et politiques qui régissent la cité, et sa liberté consiste dans la faculté unique, mais pleine et entière, de faire tout ce que les lois’ ne défendent pas.
3t, Ainsi, à proprement parler, la liberté naturelle peut n’étre , dans l’état d’isolement, que le patrimoine delà force , tandis que la liberté sociale doit n etre que le sage exercice des facultés naturelles, propres à satisfaire les besoins qui assiègent tour à tour le corps, l’esprit et le cœur de l’homme.
3 2. Bien, assurément, n’est plus difficile à définir que ce mot liberté* C’est là l’opinion de tous les publicistes* Il est cependant juste de reconnaître avec Bossuet que, sous le nom de liberté, les Romains et les Grecs se figuraient un état
où une personne ne fut sujette que de la loi, et où la loi fat plus puissante que les hommes.
33* L'homme, en entrant dans la société, apporte avec lui une propriété naturelle, c’est la vie; pénétré du sentiment de sa conservation, il a le pouvoir de satisfaire ses besoins, et ce pouvoir repose entièrement sur la liberté de sa personne,
34- De là naît la liberté qu’il doit avoir, d'employer ses forces, son temps et ses facultés, de la manière qu’il aura jugée la plus avantageuse pour lui , sans nuire cependant aux droits des autres*
35. Ainsi l'homme qui , renonçant à Tétât d’isolement, vient s’unir au corps social , apporte à limité morale qu’on appelle nation, ou peuple 3 deux propriétés naturelles, la vie et la liberté; on sent de reste que la défense de ces deux propriétés constitue son droit naturel, et qiTen le recevant dans son sein , la société contracte l’engagement de les lui maintenir et de les lui conserver inviolables.
36. Dés lors, tout attentat contre ce droit naturel devient noa-âetilement une injure atroce, faite à l’individu qui en est Tobjet, mais c'est encore une agression faite à la société tout entière, et chaque membre qui la compose est autorisé à la punir par tous les moyens LÉÈÀrx quisont en lui.
37- Eu adoptant comme base fonda mentale qu’il existe des différences naturelles parmi les gommes, qu’il règne dans la distribution des lalens une grande inégalité , oh doit' être porté à conclure qu e cet te variété de t al eus à seule rassemblé les hommes en société , et les a liés Tun à 1 autre par une dépendance mutuelle, premier effet de cette loi commune et suprême qui, par lès rapports les plus intimes, porte les hommes à s'unir, se souffrir et s’airiier,
38* Il est de la dernière évidence qu’il existe entre tous les hommes une grande diversité de facultés ét de talens ; là nature a distingué les individus les uns des autres, par des qualités propres et particulières, et cette différence est quelquefois aussi sensible que celle qui existe entre l'espèce des hommes et celle des animaux* Il faut reconnaître en effet qu’Üs ri ont pas tous la meme force, le même degré d’intelligence, et qu’ils ne se trouvent pas d’ailleurs dans des circonstances d’une même nature.
09. Ils ont tous le pouvoir d’exercer sans trouble leurs facultés physiques et intellectuelles pour acquérir par le travail de nouvelles propriétés; mais les differens degrés d’intelligence et d industrie leur font acquérir des possessions inégales, et c’est là un nouveau dépôt dont l’inviolabilité se trouve encore garantie par le corps social.
40, De l'inégalité des possessions vient l'inégalité des richesses, et For et Fargent devenant le signe représentatif des choses, concourent efficacement à établir l'harmonie sociale,
41. On ne contestera pas que les hommes réunis en corps de nation ne pouvant se passer les uns des autres, sont obligés d’entretenir un commerce de services réciproques, et que, par là meme, ils se trouvent unis par les liens les plus fermes et les plus durables* Lin égalité des richesses même tend à conserver Fégalité de la loi, et la réciprocité d'obligations parmi tous les membres d’une cité* Or, c’est de ces principes invariables que je tire la preuve la plus constante de la dépendance mutuelle du genre humain.