CHAPITRE XIL
Conséquence.
G4- Point d’effets sans causes: ainsi le luit secret de la nature en donnant aux hommes divers talens et diverses facultés, a été de les rendre propres à des fonctions différentes , afin d opérer plus efficacement le bonheur général.
65. Qu’on ne s’y trompe pas, le principal motif qui fixe l'homme dans l’état social, c'est la diversité de talens et de vertus qui! y trouve. * C'est de là que naît la dépendance mutuelle, le plus fort des liens de la société. Certes si chaque individu était doué des mêmes qualités el quTil les possédât au même degré comme les animaux d'une même espèce, l'égalité parfaite qui régnerait entre eux servirait plutôt à isoler les hommes, qu a les réunir. en corps de nation.
66. La connaissance de ces vérités a fait admettre chez tous les peuples les récompenses honorifiques- Ainsi, les distinctions personnelles sont aussi anciennes que les idées religieuses, Oiï les accorda d’abord à la piété et aux vertus, qui avaient un rapport direct avec la religion.
La politique s'eu empara dans la suite presque exclusivement, parce qu’à mesure que la société se formait davantage, quelques hommes se crurent autorisés à considérer la religion comme étant moins importante que la politique, ce qui assurément ne peut pas être.
67. L’idée de la nobilité se trouve, au reste, consacrée par l’histoire. C’est tine institution innée à toutes les sociétés. Chez les Hébreux, selon qu’il est écrit dans le Deutéronome, on considéra comme nobles ceux qui furent établis princes ou tribuns pour gouverner le peuple.
68. Chez les Mèdes, les Babyloniens et les Perses, on reconnut qu’il n’était pas de véritable monarchie sans noblesse.
Chez les Athéniens, Thésée distingua les nobles des artisans, et leur attribua exclusivement l’ exercice de la magistrature et les fonctions religieuses, ce qui fut respecté par Solon.
Lycurgue, à Lacédémone, inspira au peuple une considération toute particulière pour certaines familles descendues de leurs premiers héros.
Les Péruviens et les Mexicains ont étonné leurs vainqueurs, par le respect religieux qu’ils portaient à leur noblesse.
Les Japonais nés nobles ne s’allieraient pas à une famille non noble, dût-il leur eu coûter la vie.
Chez les Malabares, on reconnaît pour nobles les naïres du pays.
Chez les Chinois , les mandarins.
Chez les Tartares, les khans.
Chez les Turcs, les schériffs qui sont de la lignée de Mahomet»
69, La noblesse était comme à Rome, elle le fut chez les Germains; elle le fut au sein de la Gaule, et de nos jours, dans toute l’Europe, elle est le plus ferme appui des trônes, parce qu’elle est intéressée k les défendre : ils tomberaient sans elle; elle tomberait avec eux.