CINQUIÈME ESQUISSE
is4* Cependant l’esprit d’insurrection, semblable à un incendie qui doit sa: naissance à une faible étincelle, et qui dévore insensiblement une immense étendue, tant que les flammes trouvent un aliment a leur fureur, se manifestait sur tous les points de la France: tous les liens de l’obéissance étaient rompus; il existait dans la force pu* bîiqüe un principe général de dissolution, lesaag coulait k Avignon et dans le Comtat Vèfcteissin; farinée dite de Vaucluse, composée de Niveleurs, mita mort le général qui avait été appelé k la cbnimander , et n’obéit désormais qu’aux ordres féroces de Jourdan , qui prit Todieux surnom de Coupe-Tëte. Ce monstre justifia la confiance de ses complices; il ne respecta rien, ni les vieillards, ni les femmes , ni les enfans.
12 5* Bientôt lotîtes les provinces méridionales furent abandonnées aux horreurs de la gnern civile : Nîmes, Toulouse et Montauban virent se multiplier les plus odieux des crimes*
126* Cette dernière ville surtout, dont les protestons formaient le sixième de la population * devint le théâtre d’une lutte sanglante.
1 27. Tous les protestans qui étaient en état de porter les armes, servaient alors dans la garde nationale, et la plupart avaient obtenu des places d officier. Les catholiques formèrent un corps de volontaires dans lequel ils refusèrent d’admettre les protestans; la garde nationale, alarméedes principes qu’annonçaient les volontaires, fit entendre sesrédainations; elle rappelales malheurs récens qui avaient livré l’arsenal de Lyon au pillage, et le corps des volontaires fut dissous.
128. Les soi-disant patriotes de Montauban invitèrent, par une circulaire, tous les gardes na- . Uouaux des villes voisines à un pacte fédératif; plusieurs acceptèrent, et, réunis avec les soldats citoyens de Montauban et les soldats du régiment de Languedoc en garnison dans celte ville, ils jurèrent solennellement de rester soumis aux décrets de l’Assemblée , et de les soutenir au péril de leur vîe.
129. La municipalité fit afficher une ordonnance qui supprimait la circulaire des soi-disant patriotes; et des magistrats qui n’étaient quejustes, furent dès-lors déclarés coupables d’incivisme. On nomma pour commandant et pour major de la garde nationale deux catholiques ; et, par le motif que le conseil de guerre et le comité de correspondance étaient composés de calvinistes, on J adjoignit des catholiques en nombre égal.
i jo. Cependant tous les protestans étaient arîii^s: «enls ik tenaient en main la force publique. et une longue expérience faisait craindre a U msmtdpaltté qu'on n'aiguisa t des poignards à an» le sknce pour contrebalancer fa force des pntey[am Elle résolut de former des compagnies aoHTeiJts, ruias les Ni fleurs se plaignirent au Go rps ié£2Sië£iî - qm décida que les choses restan âs^c an nitue eus qu'eiî es eurent- Get arrêté fat u iMfk pw 1 nadir— SHkiaàé^ u i dî pitm d audace et
■ f . 4^né i reerae ■« jt une affreuse oé lüx-Aé.
r >r. L A^emb^ecn^otuaait e venait alors iFm> Trix les porte» d:, Lf>t±s tes monastères» et de déltff ries vœux formes par Sa ptete; déjà, dans toutes Ls prov mees * on exilait de leurs cloîtres les moines et les religieuses. Jambon Saint-André saisit ce moment p>ur sortir de la ligne commune et se montrer avec éclat. Le 10 du mois de mai avait été fixé par la municipalité de Moutauban pour pénétrer dans les cinq monastères qui existaient dans cette ville, et pour procéder a ïinv eu taire du mobilier. Au moment où les » niissaires» raffermis par les déclamations des plus fougueux des Niveleurs. parurent a 1a porte des communauté, ils y rencontrèrent un peuple bnmerise et des femmes fameuses qui s opposèrent
à l'exécution d'un mandat quelles pelaient sacrilège, et qui s'écrièrent qn'i::vs -fnr.v::v plutôt que de souffrir la violation do nvr. 'itères. Les protestans, appelés au seco rs de> . missaires , déclarèrent qu’ils soutiendraient i Vït cution des décrets de l'AssemLL-e, e: >r :...r eu devoir de repousser le peuple par la ; rc • ' > atiroupemens se forment alors : le plus consul . îabîe attaque la maison du commandant genenîl de la garde nationale; cet ofacier siégeai i au comité militaire; il accourt, on l'entoure, n ■ menace de la mort s'il ne ratifie b :on: n a i
compagnies nouvelles, et s i! n ad aer 7, __
tion qu'on veut présenter pour denuic -r b. conservation des consens. Incertain v :: [é ,.Lr: qu’il doit prendre. le commaî-iirit £-; !—• retire chez le maire : tou; î ctxj- . ...
de catholiques est conroggée asx * T ^
les femmes y acoourerî . fc.^ ■ 7* : -,3. ... que les protestans ont taré ssr a ■&,:■}>?& colore d’exterminer sous les citoyens. cette distinction nauonaie d^enî un dfy* tl horreur; on la foule anx pieds: une clcct-- sinistre se fait entendre: les foudres grondent ; le sang ruisselle. <1 toute : en proie à l’épouvante . à la cons ter- - - .
la mort,
i3a. Le commandant général **
il rHôtcl-de-Ville et se jeter entre le peuple et la garde nationale; il est porté par la foule au fond de la cour* il y reçoit trois blessures, et il allait être égorgé, lorsque la force publique l'arrache encore vivant des mains des furieux.
i33. La municipalité s’aperçut trop tard que le peuple allait devenir victime de ses provocations. Par son ordre, les portes de l’arsenal sont ouvertes , chacun saisit un instrument de mort, le cri de la vengeance éclate dans les airs, et les protestais tombent à leur tour sous les coups des catholiques et des soldats du régiment de Languedoc accourus au secours du peuple.
Bientôt les protestait s désarmés nfopposenl plus aucune résistance ; on les déshabille, on leur attache une corde au col, on place un cierge allumé dans leur mains tremblantes, et on le* conduit au nombre de seize devant la porte de l’église métropolitaine pour y taire amende honorable, et crier avec le maire de la ville, qui agitait dans Pair un drapeau blanc, vive le Roi ! à bm la nation !
r34- Après cette cérémonie étrange, les protestais furent jetés dans les prisons; les nouvelles compagnies entrèrent en exercice, et la garde nationale fut remplacée par le régiment de Languedoc.
Ainsi finit celte horrible journée qui rappelle totiles les fureurs des discordes civiles.